L’Histoire de Première Pluie

Nous 

Nous sommes amis, avant la première pluie nous étions amis et nous le resterons après la fin de la saison des pluies, si jamais un jour le ciel cesse de couler. 

Chapitre 1 : La forêt

La légende que l’on raconte n’est pas une légende. Une forêt et des cœurs purs, un jour de septembre, c’est vrai. 

La mousse de la forêt cachait quelques champignons, ils poussaient parce que la pluie était tombée pour la première fois depuis longtemps les jours précédents. Arthur portait un tee-shirt avec “the end” écrit dessus. Mais ce jour là on a compris que c’était le début d’une grande aventure. L’aventure dont on rêvait tous secrètement, celle qui nous unirait définitivement. Nous et beaucoup d’autres. Autour de nous gravitaient des gens talentueux, et ils ne faisaient que se croiser. Les mots de ce jour-là ne savaient pas encore où ils iraient. Pauline, Diego et Arthur discutaient, en cherchant des champignons. Une grande discussion, sur la vie. Nos rêves gonflaient comme des nuages avant l’averse. Nous avions envie de le faire. Envie de tenter, quitte à ne pas y arriver, envie de défier nos jolies années, envie de provoquer le destin. Seul, on se sentait faibles, mais on a compris que le collectif nous rendait meilleurs. Une promenade qui a changé nos vies. Josh et Romain n’étaient pas là ce jour-là, mais nous savions qu’ils allaient monter sur le bateau avec nous. 

Chapitre 2 : Nancy

Diego, Pauline et Josh étaient dans la même classe depuis un an. Arthur, Diego et Romain étaient dans le même lycée. L’appartement de la Rue de la Commanderie à Nancy a servi de carrefour de rencontre, de mixeurs de souvenirs, de générateurs d’histoires. Léo, qui a fait le logo notamment, était aussi dans la classe de Diego Pauline et Josh, et toujours à la Commanderie. Valentin, qui écrit pour nous sur le sport et sur la musique, qui conduisait des trains cette année-là nous rejoignait aussi souvent que possible. Marianne était là, avec son œil aiguisé. Des chaises étaient rajoutées, et on se réunissait dans la chambre de Diego pour ne pas réveiller la voisine. Des nuits à imaginer ce qu’on allait faire, ce qu’on allait dire. Des yeux amis qui scellaient nos jours prochains. Au début, on pensait que c’était un énième projet vague qui ne verrait pas le jour. Qu’est ce qui fait qu’un projet est finalement le bon ? Celui qui fonctionne ? Des bonnes étoiles et des personnages inspirants, sans doute, la Commanderie réunissait de quoi nous inspirer et nous propulser. 

Arthur étudiait à Dijon cette année-là. Pour venir, il prenait le train après les cours, à 18h44 et il arrivait à 22h10 à Nancy. Le lendemain matin, il prenait le train à 6h42 à Nancy et arrivait à Dijon à 9h10 pour commencer les cours à 9h30. Les nuits étaient pleines. Chacun apportait sa pierre à l’édifice qui se bâtissait sous nos yeux.  

Chapitre 3 : Première Pluie

Pendant longtemps, nous n’avions pas de nom. c’est compliqué de trouver un nom, quand une aventure comme celle-ci prend forme. On pense à tous les jours où on va devoir lui faire honneur. Au début, on voulait quelque chose de formel, un mot, un seul, qui claque. Mais on a découvert que beaucoup de noms de domaines sont utilisés, même les plus improbables. Il fallait quelque chose d’unique, qui nous définisse. Il y a eu du n’importe quoi. Il y a eu Sunday Limon, des trucs comme ça. À force de chercher, la poésie s’est imposée à nous. Première Pluie, nom composé et moelleux comme nos rêves. 

Aujourd’hui encore on est toujours heureux de voir la réaction douce de nos invités au moment de dire notre nom. Comme c’est poétique, un peu vague, et qu’au début on se savait pas ce que ça voulait dire, on pose une question en fin d’interview “Qu’est ce que ça vous évoque la Première Pluie ? 

C’est toujours différent et toujours beau, toujours inspirant, ça nous gonfle comme des nuages. 

Chapitre 4 : 1er janvier 2018

Une nuit, nous avons tourné des vidéos pour annoncer le projet et la date de début. 1er janvier 2018. Il faisait froid, il était 2h du matin et on se trouvait un peu ridicules. La date se rapprochait, et nous avions réussi à créer de l’attente. Diego et Pauline ont travaillé sur le site. On commençait tous à noter des idées. Il y a eu un peu plus de réunions, d’appels vidéo interminables. Décembre 2017 s’est passé, comme un mois normal, avec des fêtes de famille, de la joie. Quelque chose montait quand même en nous. Ce quelque chose qui avait fait que nous avions emmené ce projet jusqu’à la création. On ne voyait pas le jour venir. On a trépigné, l’excitation gagnait nos minutes. Dans la nuit de la Saint Sylvestre, comme on dit, s’est-on rendu compte que tout venait de changer ? Que nous venions de naître ? 

602 jours sont passés depuis le lancement et c’est toujours la Première Pluie. 

Chapitre 5 : Des histoires

Le 1er janvier 2018, Première Pluie, média collectif jeune, était en ligne. 

Mais pour dire quoi ? Qu’est ce que c’est en fait Première Pluie ? 

Un support, un grand cahier virtuel, parfois haut-parleur de lettres en majuscules et parfois journal intime livré en impudeur. Première Pluie, c’est là où sont nos histoires, et les vôtres. Les histoires de ceux que nous interrogeons aussi. Vos histoires de voyages racontées en cartes postales. Vos tribunes, pour dire le monde. Nos mots, pour raconter la pluie. 

Mais ça, on le sait aujourd’hui, mais au début, nous existions. On a convoqué nos tripes pour publier nos premiers textes. Le reste a été très naturel. Tout s’est fait, comme si c’était nécessaire, Première Pluie, c’est nos nécessités, c’est qui nous sommes. Si nous avions un enfant il nous ressemblerait moins que Première Pluie. 

Chapitre 6 : Exister 

Les premiers mois, beaucoup de joie. Celle de vos mots, si jolis, si puissants, sur les nôtres. Des idées, beaucoup d’idées, qui viennent, comme ça. Celle de vous demander d’écrire des cartes postales, sur vos séjours dans de plus ou moins lointaines contrées, histoire qu’on se raconte le monde, comme autour d’un feu de camp. Nos intervious, histoire d’imaginer une nouvelle forme d’échange. Des chroniques, des nouvelles, des éditos, des revues de presse, des carnet de routes, des photos et un tas de choses, inventées, rapportées, intégrées en cours de route. 

Avec le temps, la sensation libre et sucrée d’exister. Être fiers, tous, de montrer Première Pluie, en parler partout, quitte à saouler les saoulés, dire à tue têtes nos libertés, notre chance, celle de vous avoir, curieux, prêts à nous suivre, depuis le début ou depuis 15 minutes. La curiosité, est un mot précieux, un état que l’on cherche sans cesse à renouveler, chez nous et chez vous. En vous offrant le pas de côté, le pas gourmand, celui d’un article long, complet, détaillé, quitte à en faire beaucoup. On capitalise sur votre soif d’en savoir plus. Sans votre curiosité sans cesse renouvelée, pour le ciel, nos textes, la situation politique d’un pays, un voyage, ou la parole d’un artiste, on sèche, comme la pluie estivale, sur le bitume chaud. 

Jusqu’à Juin, Nancy restait la base certaine. Des allers-retours, des retours aux coins de la ville le matin. Des vidéos tournées en improvisant pour vous faire rire pendant l’été. Première Prise. Et l’idée audacieuse de décliner notre nom. En une émission de radio que l’on testait, Première Fréquence. L’envie de se propager, déjà. 

Survivre à un été ? Caniculaire ou lunaire on pariait sur les buts de la France ou le soleil d’Avignon ? 

Florentine et Romane sont venues nous parler. C’est l’un des plus grands moments de Première Pluie. Le jour où elles nous ont parlé d’un soir. Un soir défait. Première Pluie c’est les histoires dures, lourdes, qu’on porte avec vous. Cette tribune a été très lue, diffusée, le message est passé auprès de beaucoup de gens. La fierté d’avoir servi de relai dans la course au bien, au mieux. 

La langueur de l’été. Le temps de s’interroger, Pauline pose ses valises pour un an à La Haye, aux Pays-Bas, et Diego les siennes à Gent, en Belgique. On plaisante en disant qu’on s’internationalise. Comme toujours on fera front. 

Si on disait, là, ici, si on figeait sur le papier, que les moments durs n’existent pas, on ferait un truc qu’on ne fait pas ici : vous mentir. Oui, il y a des moments durs, des grands moments de doutes, des moments qui tétanisent, qui durent un peu, puis passent, remplacés par la saison des fleurs en hiver. La puissance du collectif reprend le dessus, celle de l’amitié. 

Chapitre 7 : Durer

Exister, c’est dur, et durer c’est pire. Ou mieux ? Est-ce que c’est de la nonchalance de trouver que l’aventure est jolie et de cueillir les fleurs du chemin sans trop se poser de questions ? C’est comme ça qu’on procède. On s’émerveille d’avoir la chance que des gens nous fassent confiance. Des expériences qui deviennent les plus jolies des habitudes. Des chances qu’on se pousse à saisir. Au début, c’est effrayant, d’aller vers les autres, ce n’est tous dans nos adn’s. Première Pluie, c’est nos rencontres avec le monde. 

Durer, c’était inventer le temps long de la discussion initiale dans la forêt. On reste fidèles à des principes de base, pas de chef, pas de mots durs entre nous. Il y a des mots qui coupent, mais la pluie, douce, soigne. 

Durer, c’était voir les mois se succéder, naturellement. Durer c’était trouver un équilibre dans les découvertes. Durer c’était serrer les dents et rire à gorges déployées. 

Une émission de radio. On va voir Florian Chignardet, il nous fait les sonorités utilisées, en un après-midi. Un an à lancer des jingles n’importe quand dans les locaux de Fajet, à Nancy. Des chroniques qui se montent dessus, des interviews presque réalisées en stanlib, mais quand même plus souvent à Paris. L’occasion unique et inestimable, de courir des rues nouvelles. Romain, Josh et Arthur prennent les micros nancéiens. Valentin rejoint pour parler du sport qui halète et du rap qui découpe, sur les ondes et sur le site. Tristan Ribault rejoint aussi nos rangs pour écrire sur des albums parus fraîchement. Rémi parlera de mode, dans un hors-série toujours aussi passionnant sur Virgil Abloh On dit qu’on veut de nouvelles plumes, Eve et Mélina arrivent. Eve écrit depuis le Canada, à la chamade. Mélina sera précise et précieuse, avec ses photos de la semaine, toutes les semaines depuis. Durer, c’était s’entourer. On a eu beaucoup de chance à ce niveau. 

Durer c’était se parler entre nous. Durer c’était se marrer, se raconter des histoires entre nous, puis à vous. 

Chapitre 8 : Pluie sans nuages

Les vents chassent toujours les nuages, les choses passent, les jours filent, les rues se vides et se remplissent, les arbres s’habillent, les voitures défilent, les immeubles se maudissent, les albums de souvenirs s’empilent, les pages bruissent, les crayons crissent. Les fleurs abordent le monde, perçant le gris des trottoirs. Les trains remplacent le chauffage par la clim. Tout s’enchaîne. Première Pluie existe et dure. Première Pluie s’invente encore, Première Pluie continue de raconter. 

Première Pluie imagine et crée, Première Pluie pleut et s’entoure encore, Première Pluie y croit plus que jamais. C’est maintenant, c’est avec vous. 

On en profite pour remercier la ville de Nancy, et particulièrement Claude Dupuis-Remond, la confiance depuis le début, Le Livre sur la Place. Merci à Fajet Radio, immense merci à Yves, impossible à oublier. Merci à La Vapeur à Dijon, à l’Autre Canal, à Nancy. Merci à l’agence Cécile Legros à Paris pour la confiance depuis le début, particulièrement à Victoria Levisse. Merci le Printemps de Bourges.  Merci le Champs Elysée Film Festival. Merci à Panache ! et particulièrement à Sandra Nicolas. VYV Les Solidarités à Dijon. Merci au Chien à Plumes à Langres/Villegusien. Merci à l’association BAAM. Merci à tous les artistes. Merci aux maisons d’édition. Merci aux évènements. 

Merci à Valentin Regazzoni, Tristan Ribault, Mélina Rard, Eve Breney, Rémi Bertrand, Siméon Zébina, Gautier Dedôme, Laure Gaurois, Camille Pigois, Eve Breney, Florentine Colliat, Romane Andriot, Mathilde Fey, Séréna Lozat, Marie Collinet, Anaïs Tazibt, Mixaam..

Merci à Léo Verhaeghe, Emma Tuellion, Marianne Thiry, Florian Chignardet, Nicolas Petit.

Merci pour toutes les cartes postales, merci pour les coins du monde, merci pour les traversées d’ailleurs.

Collectif.

Merci à vous, amies lectrices, amis lecteurs, pour votre curiosité, merci de lire, de voir, de dire, de croire, de penser, et surtout d’aimer. 

Première Pluie

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