L’histoire de l’eau chaude qui s’en va – Chronique de l’an 2000

Tout d’abord bonsoir. Vous avez des aprioris et c’est tout à fait normal. Vous n’allez pas avoir envie de lire ce que je vais écrire, mais vous allez le lire et vous allez avoir envie de le relire. Un jour j’irais vivre en Alaska, je tiendrais le premier ranch de chevals de neige et je prendrais mon hydravion une fois par mois pour me rendre au Costa Rica manger une ou trois crêpes. En attendant j’ai une vie tout à fait normale et inintéressante que je rends intéressante en la vivant. Je ne vais pas faire que la raconter, je vais surtout l’adapter, pour que vous vouliez que mes 27 ans soient repoussés tous les ans. Ciao en italien, hasta mañana en espagnol, chaque semaine en français.


Je vais vous raconter une histoire, il faut que je vous raconte cette histoire, car cette histoire aurait pu être le début de ma carrière d’acteur.

Remontons droit à la source. 3 protagonistes vivent dans un lieu appelé « L’appart », les 2 locataires et un mec qui zone pour que « L’appart » reste en vie dans les périodes fastes comme dans les périodes creuses. Mais, ce dimanche marque un tournant dans leur vie paisible de fin de vacances. Il n’y a plus d’eau chaude. Problématique.


Il est bientôt 18h et ils ont connaissance du problème depuis plus de 4 heures mais pour l’instant cela ne les gêne pas plus que ça, ils pensent toujours intimement que cela va revenir sans que leur énergie soit dépensée dans le processus. Mais la situation devient embêtante lorsque le zoneur se rend à la douche et qu’il découvre que oui, il faut aussi de l’eau chaude pour se laver parce que sinon, on a beaucoup froid.


C’est alors que les 3 protagonistes commencent à prendre sérieusement en compte le problème. Ils se rendent donc tous dans la cuisine, pièce essentielle de cette histoire, où l’appareil censé donner de la chaleur à leurs cœurs est dans un mauvais jour. C’est alors qu’un des locataires, celui à lunettes (retenez ce détail, ça peut servir pour la suite de l’histoire), a une idée géniale pour mettre fin au problème de l’eau chaude. Il propose de s’enfermer dans la cuisine (pièce assez étroite mais forte pour faire à manger) jusqu’à ce que le problème soit résolu. Les 2 autres acceptent et sont même enthousiasmés par la situation. Les 3 loubars prennent toutes sortes de provisions pour pouvoir tenir un bon bout de temps dans cette cuisine. Que ce soit à manger, un jeu d’échecs, de la déco, chacun ramène son arsenal et hop, le parrain est patafixé sur la porte, aucune sortie n’est autorisée. Un périple sans fin commence pour nos 3 amis.


Le sujet est vite abordé, il faut trouver une solution, et dieu merci, internet existe et grâce à ce dernier nous connaissons l’avis de tout le monde sur tout, même sur les problèmes de chaudière. Celle de « L’appart » est un Chaffoteaux, et en ce jour, il affiche sur son petit écran le mot « Error 107 ». Et à ce propos, internet en dit que c’est un problème de circulation d’eau et qu’il faut appeler un réparateur mais ça nos protagonistes ne veulent pas en entendre parler. Ils sont obstinés par le fait de trouver la solution seuls, entre hommes matures mais pas vaccinés contre tout.


Mais la réponse ne va pas se trouver avec 3 personnes affamées alors le locataire à lunettes se met à faire des bons trucs à manger. Pendant ce temps le zoneur accroche la nouvelle déco de la cuisine et l’autre fait aussi des bons trucs à manger et finalement le zoneur fait de même car manger c’est vraiment super pour trouver des solutions.


Nos 3 protagonistes dégustent leurs bons petits plats et ils commencent à se dire que cette situation vaut quand même le coup d’être vécue et qu’on n’avait pas eu une idée pareille depuis les 4 albums par an de l’Ovni. Alors que le rire est en train de se propager dans la pièce étroite qu’est la cuisine, ils pensent également que cet enfermement devrait être le sujet d’une sitcom américaine, ou d’un film d’Hitchcock, au choix. Voyant l’appareil photo du locataire sans lunettes, l’idée n’a pas le temps d’effleurer leurs esprits qu’un film est déjà en préparation et que tous les réseaux sociaux se mettent à en parler comme le renouveau du cinéma moderne. Les plans se mettent en place, et chacun y va de sa sauce pour alimenter ce qui sera surement le projet qu’on retiendra dans 100 ans.


Première séquence de film. 19h10.


Le locataire à lunettes s’approche du Chaffoteaux. Il s’approche discrètement avec ses lunettes (c’est ici qu’il fallait avoir retenu ce que je vous avais dit de retenir) et il aperçoit un bouton R et un bouton C. Il décide d’appuyer sur le bouton R. Rien ne se passe.


Le zoneur approche à son tour le Chaffoteaux. Il décide de tenter le coup de génie en appuyant que le bouton C et le bouton R en même temps. Rien ne se passe.


Silence dans la salle.


Bim. Bam. Boum.


Le message « Error 107 » disparait pour laisser place à un beau message d’amour qui est celui de la chaleur qui revient.


Les cris de joie gagnent la salle. Les protagonistes s’exclament. Le cameraman se permet même de se prendre en selfie.


Fin du premier et dernier plan.


Voici comment se finit cette histoire. Un coup de génie de la part d’un mec qui n’avait jusque-là encore rien prouvé au monde. Aujourd’hui ça y est, il a enfin accompli quelque chose, quelque chose qui est plus qu’un perfect lorsqu’on épluche sa mandarine, quelque chose qui est plus qu’un bon dosage de grenadine, il a réparé une chaudière seul et contre tous. Il expliquera au public qu’il avait aperçu un C et un R dans son chocolat chaud 1 minute avant ça et qu’il ne lui a pas fallu 5 minutes pour résoudre l’équation. Il avait réussi à embellir les faits comme l’a fait Newton, son nom restera dans l’histoire à jamais.


Mais derrière cette façade se cache surtout un gâchis, un gâchis immense, l’enfermement n’avait même pas duré 1 heure et le long métrage du siècle partait en fumée car 1 seul plan où il n’y a que la fin de l’histoire ça ne suffit pas pour un long métrage. Le rire est lui aussi redescendu une fois la chaleur revenue. Le génie a une nouvelle fois prouvé tous ses défauts. Oui l’eau chaude est de retour, mais cela aura coûté une soirée mémorable, remplie de rire et situations burlesques, et un film, surement le premier vrai projet où nos 3 protagonistes allaient pouvoir être acclamés.

Josh – Chronique de l’an 2000

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