3 filles qui ne craignent rien – Carnet de Route

Quand j’étais petite, j’aimais partir à l’aventure, construire des cabanes, me perdre dans la forêt, manger des fraises des bois et sauter dans les flaques pour éclabousser mes sœurs. Aujourd’hui, j’essaie de faire tout ça, mais en voyant les choses en grand, alors dès que je peux, je prends une tente sous un bras, et un sac à dos sous l’autre. Et dans celui-ci, j’y glisse deux ou trois appareils photos et quelques carnets de route. Ici, je vous raconterai certaines histoires de mes périples, issues de mes carnets d’enfance. Vous vous doutez, quand on est jeune, il nous arrive de tout exagérer et imaginer que tout est plus grandiose, surtout quand on vient de Provence, alors vous me pardonnerez si je retranscris rêveusement mes pensées. J’avais déjà tendance à romancer tous mes mots, mais sans romance, le monde est moins beau.


Août 2008 – Vercors

On avait l’habitude de partir en vacances chaque été. Deux semaines à la montagne parce que la montagne c’est mieux. La mer ça va deux minutes, mais à la mer il n’y a pas de marmottes, et ça c’est non négligeable. On partait tous les cinq, avec deux tentes et une petite table de camping.

Ce jour-là, comme tous les jours, on était parti en randonnée. Je marchais devant, avec mon petit short, mes égratignures sur les genoux, et une branche en guise de bâton de marche. C’est l’été, la saison des noisettes encore fraîches. C’est aussi celle des fruits des bois qu’on cueillait en hauteur, parce que si des animaux étaient passés par là avant, on pouvait être très malade : c’est maman qui l’a dit. Alors, on cueillait souvent des mûres, mais moi je n’aime pas trop les mûres, je préfère les fraises des bois.

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C’était une journée d’août, Juliette venait d’avoir des jumelles pour son anniversaire, et moi un couteau suisse de la mort qui tue. Je me rappelle, il faisait tout : couteau, ciseaux, lime à ongle, tournevis, grosse pince, décapsuleur, pince à épiler, aiguille, scie. Le genre d’objet de torture que n’utilisaient pas vraiment les petites filles de mon âge. Un truc comme ça, mais orange et plus beau :

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On avait mangé le pique-nique dans un champ. Les herbes nous piquaient les jambes, on avait des coups de soleil. Il y avait une forêt pas loin, alors on était partie à l’aventure, toutes les trois. Je me souviens qu’on avait traversé un champ d’orties. Une fois dedans, on n’avait pas voulu faire demi-tour alors on courait vers l’autre bout. On était rentrée dans cette forêt, les ronces nous griffaient les mollets. Je les coupais avec ma pince coupante, aventurière à la Indiana Jones, mais en plus courageuse. On avait traversé un ruisseau, les chaussures et les chaussettes trempées.

J’avais mon appareil dans la main, un petit appareil photo Harry Potter, qui prenait des photos en 200Ko je pense. C’était pas le top. Je faisais un reportage sur notre aventure. Je filmais un peu tout.

 

sans-titre
me jugez pas merci

 

« Nous sommes des aventurières, 3 filles qui ne craignent rien, rien, rien. » On chantait ça à tue-tête, avec un air douteux et un accent du sud qui ferait mal aux oreilles aux nancéens.

Je crois qu’à un moment j’ai vu une biche. Enfin j’avais sûrement vu juste un truc bouger, et je m’étais inventée des tonnes d’histoires.

Après la découverte de cette forêt, de ses insectes que j’affectionnais tant, de ses champignons pas comestibles on le savait, de ses dytiques sur les eaux fraîches du ruisseau. Ce sont des insectes qui flottent et nagent très vite sur des eaux assez calmes, c’est dur à attraper moi je vous le dis. Après cette forêt donc, on avait rebroussé chemin pour le dessert. On avait couru vite dans le champ d’orties. Juliette avait 5 ans, et elle suivait ses sœurs comme une battante, dans ces orties qui faisaient sa taille.

On avait mangé ces myrtilles, et ces mûres sauvages que je n’aime pas trop parce que la mûre chaude ça a un goût étrange, vous le saurez au moins. Puis on avait joué au loup dans les champs, et on était rentré, un bâton de rando à la main, et toujours plus d’égratignures sur les genoux.

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Pauline Gauer – Carnet de Route

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