L’incendie – Carnet de Route

 

Quand j’étais petite, j’aimais partir à l’aventure, construire des cabanes, me perdre dans la forêt, manger des fraises des bois et sauter dans les flaques pour éclabousser mes sœurs. Aujourd’hui, j’essaie de faire tout ça, mais en voyant les choses en grand, alors dès que je peux, je prends une tente sous un bras, et un sac à dos sous l’autre. Et dans celui-ci, j’y glisse deux ou trois appareils photos et quelques carnets de route. Ici, je vous raconterai certaines histoires de mes périples, issues de mes carnets d’enfance. Vous vous doutez, quand on est jeune, il nous arrive de tout exagérer et imaginer que tout est plus grandiose, surtout quand on vient de Provence, alors vous me pardonnerez si je retranscris rêveusement mes pensées. J’avais déjà tendance à romancer tous mes mots, mais sans romance, le monde est moins beau.


1er août 2006 – Martinique

J’avais promis de raconter cette histoire un jour. Vous savez c’est le genre d’anecdote tellement belle qu’on la raconte les soirs où les gens rient et s’aiment et boivent. Il faut aussi que je vous avoue que j’ai sûrement modifier mes souvenirs au fil du temps, car j’ai le sentiment d’une scène incroyable. Je suis sûre que mes parents vous diraient que ce n’était pas si impressionnant, mais ils n’oseraient pas briser l’image que j’ai de cette journée.

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C’était un jour d’été, nous étions en Martinique. Mon cousin vit là-bas, et nous avait invité pour les vacances. Nous avions décidé d’aller sur une plage de sable noir, due aux coulées de lave du volcan qui se trouve sur l’île. J’ai le souvenir d’une plage immense, vide, et de beaucoup de vagues. Nous étions petites, c’est dur de se souvenir.

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Thomas, mon cousin nous avait demandé si nous voulions goûter les noix de coco fraîches. On avait cherché des noix tombées récemment car il me semble que nous n’arrivions pas à en faire tomber. Mon père et mon cousin en avaient coupée une et nous avons bu du lait de coco, c’était délicieux.

Pendant que tout le monde se reposait, je ramassait des coquillages sur la plage, et j’étais fascinée par les pinces de crabes que je trouvais. Ok vous pouvez trouver ça bizarre mais ça m’intriguait trop. J’en ramassait aussi, les plus belles que je trouvais : j’en avais eu une noire, elle était rare. Retenez bien ce passage pour la suite s’il vous plaît.

Tout allait bien, quand l’un d’entre nous, je ne sais plus bien qui, se retourne vers la forêt que nous avions traversée pour accéder à la plage, et se rend compte qu’elle est en train de prendre feu. On se lève, on se demande bien comment on va faire pour rentrer. Mes parents ne semblaient pas inquiets, mais nous, les 3 sœurs on avait l’impression que c’était la fin du monde.

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D’un coup, et je vous jure que c’est vrai, on voit un hélicoptère sortir de nulle part, se mettre au dessus de nous. Un homme avec un haut-parleur nous hurle « VOUS VOULEZ QU’ON VOUS ÉVACUE ? ». On comprenait pas trop. Mes parents disent que non ça ira, nous on était hyper déçue. Mais apparemment ça coûte cher après.

Donc on décide de partir de l’île à pieds, pour rejoindre la voiture. En entrant dans la forêt, tout était en feu. On commence à courir. Mes parents diront que j’ai sans doute exagéré mais bon. Mes parents portaient mes sœurs, moi je courais avec mes petites jambes. On traversait les flammes, les arbres tombaient. On pense que ça venait d’une cigarette jetée encore allumée. C’était impressionnant. Il y avait de la fumée de partout.

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Après être arrivés au parking, on s’arrête à côté d’une voiture qui n’était pas la nôtre, pour se reposer un peu et boire de l’eau. En prenant la bouteille, je pose sur le capot ce que j’avais dans les mains : mes coquillages et mes pinces de crabes. Puis on repart, et une fois repartis, JE ME RENDS COMPTE QUE J’AVAIS OUBLIÉ MES PINCES DE CRABES. Je pleure, ma vie était finie. Depuis ce jour, ma vie n’a plus vraiment de sens, je me force à sourire chaque jour mais je n’oublie pas.

Si un jour vous retrouvez ces pinces de crabes, s’il vous plaît, où que vous soyez, où que je sois, envoyez les moi. Je vous en serais éternellement reconnaissante. Bonne soirée à vous et n’oubliez pas les choses que vous aimez.

Pauline Gauer – Carnet de Route

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