Jim et les livres, numéro 7

Par moment j’ai envie de vous dire des trucs, alors ça sera parfois léger et parfois plus sérieux. Ça sera comme si je vous envoyais un mot dans notre grande classe de ce2 qu’est la vie. On essaiera de ne pas se faire avoir par la maitresse d’accord ? Bacioni

Jim ne sait plus trop comment il a commencé à aimer les livres. Ni quand. Ni où. Ni avec qui. C’était avec sa mère, dit-il, peut-être son père. Tout ça est flou. Mais ce n’était pas dans une salle de classe, ce n’était pas sur un terrain de football. C’était peut-être dans une bibliothèque de quartier ou une librairie de centre ville. C’était peut-être dans le canapé familial d’une maison de campagne 

Reste que Jim a beaucoup lu dans son existence de Jim. Pour apprendre comment dire je t’aime et je te quitte. Pour apprendre comment ne pas glisser dans cette descente-de parking non-éclairée et non-déneigée qu’on appelle la vie. Pour apprendre à construire un feu. Il a commencé très jeune, avec des livres qu’on dit des livres de grands mais qui savent parler la langue des enfants puisqu’ils parlent la langue de la vie. 

La lecture d’un bon livre rend invincible. C’est un putain de gilet pare-balles contre les flèches trempées dans le poison des mauvais jours. ça protège contre : tout ce qui est grave, tout ce qui est trop réel, tout ce qui est coupant, les ruptures amoureuses, une défaite en finale de la coupe du monde. 

Jim est donc vacciné contre pas mal de choses grâce à ses lectures, elles lui donnent un coup d’avance, qu’il utilise pour tirer la langue à des armées de gens fades. 

Ainsi, les aventures de Jim sont parfois dictées par ses lectures. Il est devenu chercheur d’or pour imiter Jack London, a suivi la route et le feu sacré parce que Jack Kerouac, est monté dans le Transibérien à cause de Blaise Cendrars, est devenu alcoolique pour singer Charles Bukowski, n’a mangé que des oranges puisque John Fante a existé, n’a pas tiré sur l’oiseau moqueur pour Harper Lee et fait scandale pour Arthur Rimbaud et d’autres trucs pour 1000 autres. C’est le corpus littéraire de la vie colorée de Jim. 

Jim s’est fait la malle pour tout ça. Il a lu et il vit et voilà. ça lui a flanqué des fourmis dans les jambes, ça lui a insufflé que la vie est toujours ailleurs. Toujours dans l’instant qui vient et en même temps dans celui qui est passé et dans celui qui se déroule. Les auteurs géniaux et morts lui soufflent dans l’oreille des coups tordus. 

Jim quand il se lève le matin décide qu’il est un personnage de roman. Jim veut tout faire fort. Jim cherche à être tonitruant, comme un personnage, un personnage qui ne veut pas qu’on l’oublie, un personnage d’un livre éperdu. 

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Arthur – Chronique sous la pluie 

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