Boule de poil – Carnet de Route

Quand j’étais petite, j’aimais partir à l’aventure, construire des cabanes, me perdre dans la forêt, manger des fraises des bois et sauter dans les flaques pour éclabousser mes sœurs. Aujourd’hui, j’essaie de faire tout ça, mais en voyant les choses en grand, alors dès que je peux, je prends une tente sous un bras, et un sac à dos sous l’autre. Et dans celui-ci, j’y glisse deux ou trois appareils photos et quelques carnets de route. Ici, je vous raconterai certaines histoires de mes périples, issues de mes carnets d’enfance. Vous vous doutez, quand on est jeune, il nous arrive de tout exagérer et imaginer que tout est plus grandiose, surtout quand on vient de Provence, alors vous me pardonnerez si je retranscris rêveusement mes pensées. J’avais déjà tendance à romancer tous mes mots, mais sans romance, le monde est moins beau.


Été 2007- Les Alpes

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2007, l’année où est sorti l’un des films qui m’a le plus bouleversée : « Le renard et l’enfant », de Luc Jacquet. Qu’est-ce que j’ai pu être jalouse de cette petite fille aux chignons roux. Elle était belle, elle jouait dans un film, et quand à 9 ans on rêve d’être actrice, je vous assure qu’on est jalouse. Je faisais déjà du théâtre depuis un petit moment, j’avais passé quelques castings et ça me brisait le cœur de voir un film comme ça. J’étais fascinée par les animaux, je voulais être entomologiste (c’est un spécialiste des insectes) ou travailler à WWF. J’aimais les renards plus que tout, et ce film me faisait pleurer tout le temps. Bref c’était une mise en contexte psychologique de l’époque. Maintenant, je vais vous raconter une histoire triste. Je suis désolée, on est lundi mais c’est comme ça.

J’avais neuf ans donc. Tous les étés, on partait dans les Alpes ou à la montagne, et on partait en randonnée. On avait nos petites chaussures et nos pantacourts du swag – oui, j’ai dit swag. Papa nous racontait des histoires qui faisaient peur pour nous motiver à marcher. On glissait dans les cailloux, on ramassait des fleurs, mais pas quand c’était interdit. Maman avait toujours dans son sac des pâtes de fruits, c’était pas bon, surtout celles à l’abricot, mais j’aimais bien, ça rappelait les vacances.

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Nous avions fait une boucle dans les hauteurs, et nous redescendions vers la voiture. Pour cela, nous passions par des chemins au milieu des champs, et par des fermes, des villages. Non loin d’une ferme, je marchais devant, comme d’habitude, quand j’ai aperçu quelque chose sur le bord du chemin. C’était un renard, très jeune, qui était en train d’agoniser. Je cours vers lui et m’effondre en larmes. Il respirait mal et avait une sorte de bave qui sortait de sa bouche. Mon cœur s’était arrêté. Maman nous a expliqué qu’il avait dû manger une poule d’une ferme, où le fermier devait mettre du poison dans leurs graines. J’ai supplié mes parents d’appeler un vétérinaire. Ce petit animal, tellement triste, que j’avais envie de prendre dans mes bras plus que tout. Mon film préféré tournait en boucle dans ma tête, je ne voulais pas qu’il meurt. Il était presque mort, mes parents m’ont dit que ça ne servait à rien, surtout que c’était compliqué de venir en voiture à cet endroit. J’ai pleuré toute la soirée.

Aujourd’hui je pense encore à toi petit renard. Je te dédie cette chronique et les autres aussi. Petite boule de poil.

Pauline Gauer – Carnet de Route

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