Paname – JUILLET (1998)

JUILLET (1998), le titre d’une chanson de Fauve et le début de ma vie. Cette vie qui oscille entre beaucoup trop de choses à gérer pour un si petit coeur, mais ça va. JUILLET (1998), c’est une histoire pour l’instant sans fin, mais qui en aura une. C’est un mélange de vérité, et de beaucoup de rêves. C’est la sincérité et l’invention. C’est des sourires et quelques pensées tristes, qui naissent au fur et à mesure que je cligne des yeux. On verra ce qui se passera, on verra ce qui arrivera. Mais de toute façon, « C’est pas grave ce soir rien peut me toucher. Je flotte au dessus du sol les planètes sont alignées. »


Il fait chaud là où je suis. Tout est terne ou presque. Lumière artificielle, le sol est sale, le sourire des gens a disparu. Le métro vient de s’arrêter Gare Saint Lazare, je dois me dépêcher. Il paraît que les vrais parisiens courent dans les couloirs et montent les marches deux par deux. Alors ça fait un mois que je suis parisienne. Chouette, je vais pouvoir faire des pique-niques avec du tzatziki et mettre des mocassins. D’ailleurs j’ai acheté des mocassins et j’ai eu mal aux pieds.

J’ai hâte de rentrer, de m’affaler sur le canapé qui nous sert de canapé et de lit et de tout. J’ai deux colocs : une blonde du nom de Lise, et une blonde du nom de Natacha, pas facile de les différencier de cette manière. On va regarder Les Anges de la télé-réalité, pour se vider la tête de toutes les choses intelligentes qu’on a apprise, et la re-remplir de trucs bêtes.

Je suis encore dans le métro. Je crois que je vais finir par perdre mon sourire aussi. Et un peu d’altruisme par la même occasion. Dans le métro, les gens jouent à des jeux. Je progresse en roi du silence, et je suis une championne en chaises musicales. Il faut être furtif, scruter la moindre place qui se libère et sauter dessus dès que la musique s’arrête. Sinon ? Sinon vous vous retrouvez dans la ligne 13, collés à deux gentils garçons qui se frottent contre vos fesses parce que c’est agréable.

J’aime bien Paris sans trop aimer. On peut y acheter du pain en sortant du travail, et le ramener à la maison le soir. C’est partout comme ça, mais j’ai acheté du pain et je trouvais ça intéressant. Il y a au moins quarante-cinq centimes du pain qui sont déjà dans mon ventre. Pain pas mauvais. Si je croise quelqu’un qui a faim je lui en donnerai. Ça me rend un peu triste de ne plus voir les gens qui ont faim. Ils sont des ombres dans des coins de murs ou dans des escaliers. Des ombres tellement pâles qu’on a peur de trébucher dessus. Je me demande tous les jours comment on pourrait faire. Je me demande si je ne suis pas comme tout le monde à dire « ça me fait mal, regarde personne ne les aide », mais à ne pas prendre le temps de les voir toujours, et de les aider vraiment. Quand on y pense, il y a quand même beaucoup de problèmes dans ce monde. Trop de combats pour de si petites mains de petit peuple, et peu de combats pour des géants bourrés de thunes et de whisky bien cher comme dans les pubs.

J’ai pas de monnaie. La banque à côté de chez moi n’a plus que des billets de 50€. Pratique pour les gens qui n’ont pas 50€ sur leur compte dis donc. Je descends au terminus, à Mairie des Lilas, et ça sent les lilas partout. C’est le printemps. Bientôt l’été avec du soleil dans les yeux et du sable entre les orteils. Je passe devant un bar, où il y a des vieux qui lâchent des « mmmh » quand tu passes, tous les jours. Je vais rentrer et on verra ce que je ferai. On verra s’il reste du kiri, et du chocolat noir. Hâte.


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Pauline Gauer – JUILLET (1998)

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