Rue de la Roquette – JUILLET (1998)

JUILLET (1998), le titre d’une chanson de Fauve et le début de ma vie. Cette vie qui oscille entre beaucoup trop de choses à gérer pour un si petit coeur, mais ça va. JUILLET (1998), c’est une histoire pour l’instant sans fin, mais qui en aura une. C’est un mélange de vérité, et de beaucoup de rêves. C’est la sincérité et l’invention. C’est des sourires et quelques pensées tristes, qui naissent au fur et à mesure que je cligne des yeux. On verra ce qui se passera, on verra ce qui arrivera. Mais de toute façon, « C’est pas grave ce soir rien peut me toucher. Je flotte au dessus du sol les planètes sont alignées. »


Je suis rentrée et il restait du chocolat. J’en ai mangé au goûter de 19h, autant vous dire qu’il n’y a pas trop de règles concernant le chocolat. Après je vais encore râler de mes grosses cuisses et de mes grosses joues et de tout, mais bon. J’ai un peu la flemme mais ce soir on sort. C’est fou à quel point le superflu devient important quelques fois. Ça se maquille. Ça sort en talons. Mais au final c’est juste pour se sentir bien. En une dizaine de minutes, on est passée de cadavres allongées les unes sur les autres, aux meufs qui marchent au ralenti dans les films. “Eh mesdemoiselles, excusez-moi, on est perdu, on cherche la Rue des Jolies Filles”. Ça fait plutôt rire quand c’est comme ça, c’est mieux que ceux qui te suivent en voiture pendant cinq minutes en te sifflant et en disant “Viens là chérie, t’es bonne tu le sais”. Non je savais pas, ravie d’apprendre ça frérot. Pf.

On a marché, puis pris un métro, puis marché. Dans tout ce trajet, on a chanté et dansé. Beaucoup beaucoup. On a croisé des groupes de gens qui chantaient avec nous. Sens au cœur de la nuit, L’onde d’espoir, Ardeur de la vie, Sentier de gloire. Toute la rame chantait, tous les quais chantaient. On a encouragé des gens qui faisaient le plus de tours possibles entre la rame et le quai. Qu’est ce que c’était beau. Paris c’est chouette pour ça. Ça laisse des petites larmes en dessous du trait d’eye-liner. Les garçons du 54 rue de la Commanderie n’aimeraient pas me voir maquillée comme ça je crois, ni comme ça tout court.

On descend à Bastille. Rue de la Roquette. Là où Pauline fait la fête, et où la mamie de Pauline faisait la fête quand elle avait l’âge de Pauline. Entre le métro et cette rue, il y a des familles syriennes qui dorment les uns contre les autres sur des petits matelas. C’est terrifiant, tout est organisé, au tel point que lorsque l’on y jette un coup d’oeil maladroit, on y voit une chambre en pleine rue, sous les étoiles que la pollution cache. Et toi, tu fais la fête. Dans des bars où le coca coûte 8 euros pour te forcer à prendre de l’alcool plutôt que des softs. Beau monde. Belle soirée. Dans cette rue, il y a un distributeur de pizzas. Comme pour les billets, sauf que c’est des pizzas. Ça m’intrigue, je testerai un jour.

On rentrera pas tard, ou du moins pas trop. Demain, journée de stage entre deux heures de transports. 2h justement, ça semblait bien pour rentrer. Le bar a fermé, on est resté un peu parce qu’on connaît les gens maintenant. Puis, Paris a défilé devant nos yeux, par les fenêtres d’un taxi qu’on a payé au black.

Samedi soir, c’était beau. J’avais bu, et je suis rentrée à 7h du matin. On avait des cernes sous les yeux, le soleil se levait. Paris était calme, Paris dormait. La vie avait des tons rosés, la Seine brillait. On courait dans les rues en gueulant, et on rattrapait les voitures. Digne d’une publicité pour du parfum de luxe. La voiture a roulé longtemps, sur l’autoroute qui longeait de grands champs de colzas recouverts de brouillards. Je somnolais contre la vitre. On s’improvisait chanteurs. J’aurai aimé que le temps s’arrête. Une prochaine fois peut être.


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Pauline Gauer – JUILLET (1998)

 

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