Ligne 2 – JUILLET (1998)

JUILLET (1998), le titre d’une chanson de Fauve et le début de ma vie. Cette vie qui oscille entre beaucoup trop de choses à gérer pour un si petit coeur, mais ça va. JUILLET (1998), c’est une histoire pour l’instant sans fin, mais qui en aura une. C’est un mélange de vérité, et de beaucoup de rêves. C’est la sincérité et l’invention. C’est des sourires et quelques pensées tristes, qui naissent au fur et à mesure que je cligne des yeux. On verra ce qui se passera, on verra ce qui arrivera. Mais de toute façon, « C’est pas grave ce soir rien peut me toucher. Je flotte au dessus du sol les planètes sont alignées. »


Je n’ai pas peur d’y croire. J’ai posé des rimes dans un carnet. Ce jour-là, il ne pleuvait pas. Mais à cause de toi, il pleut quand même un peu chaque jour. Tu sais, les nuits sont froides, puis tièdes, puis froides. Je prendrai soin de moi puisque tu le souhaites. Le genre de demande un peu égoïste qui veut plus dire « ne fais pas n’importe quoi sans moi » que « fais attention à ce qu’il peut t’arriver ».

Ces textes sont le support de mes histoires que tu n’entendras jamais puisque tu n’en as pas envie. Un jour, quand tu seras champion de boxe et qu’on se croisera au détour d’une rue ou d’un plateau ou de je ne sais quoi, peut être que tu te diras que tu aurai dû les lire. Tant pis.

Hier, ou plutôt ce matin, on est rentrée tôt. Mais tôt, plutôt le matin. Plutôt dix heures du matin. J’ai passé la nuit à danser du rock avec Lise, et à chanter la bohème, parce qu’Aznavour je l’aime et que Paris, je l’aime. On était entrée dans le bar quand il faisait jour, on est sorti dans le jour du lendemain. Pas de bruit dans les rues, les gens dormaient. Vous ne vous imaginez jamais les gens dormir ? Dans des appartements, la nuit, où tout semble vide, où l’on se croit seul. Alors que tout le monde dort, empilés les uns sur les autres, dans des immeubles empilés les uns sur les autres. Inertes. L’ambiance devient tout autre, presque glauque. Peu importe, puisque je viens d’entrer dans le métro.

Il me regarde. Je me demande à quoi il pense. Il a l’air fatigué. Ça m’intrigue alors je le regarde aussi. « Pardon » – j’étais au milieu de la rame, et un homme derrière moi voulait passer mais mon sac à main lui bloquait le chemin.

Maintenant j’arrive à tenir debout sans me tenir aux poignées. Il paraît qu’elles sont pleines de microbes, enfin bref. « Please mind the gap between the train and the platform », puis en allemand « artung artfhrcws rofqtghabf ». Je sais pas. J’ai chaud. Le garçon vient de s’assoir, mais il me regarde toujours. Ce n’est pas un regard lourd. C’est un regard sincère, dans lequel tu as envie de plonger et d’y nager quelques minutes. Piscine de Côte d’Azur.

Les gens sont sur leur téléphone, mais pas lui. Il doit se demander ce que j’écris sur mon carnet.

Je parle de toi, monsieur de la ligne 2. Je voudrais bien t’écrire des poèmes, et te les envoyer par la poste. Ou qu’ils te reviennent par n’importe quel moyen. Dans ces poèmes, je te dirai que j’aime bien la pluie, parce que ça me rappelle nos après-midi sous la tente avec mes soeurs. Je te dirai qu’il faut penser aux cabanes que tu construisais dans la forêt, et à toutes tes insomnies de la veille de noël.

Il a l’air un peu perdu. Dans le métro de son coeur je veux dire. Peut être qu’il a passé une mauvaise journée. Le métro rentre de nouveau sous la terre. Je descends bientôt. Peut être qu’on descend au même endroit, peut être qu’on habite à côté.

Il est descendu à Belleville. YES. Comme moi. C’est fou tout ça. Ça ne m’a pas avancé à grand chose mais c’est les petits défis de la vie, qu’on se fixe nous-même. Et ça fait plutôt plaisir. Presque autant qu’une pizza Rue de Lappe.


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Pauline Gauer – JUILLET (1998)

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