Au revoir Nancy – JUILLET (1998)

JUILLET (1998), le titre d’une chanson de Fauve et le début de ma vie. Cette vie qui oscille entre beaucoup trop de choses à gérer pour un si petit coeur, mais ça va. JUILLET (1998), c’est une histoire pour l’instant sans fin, mais qui en aura une. C’est un mélange de vérité, et de beaucoup de rêves. C’est la sincérité et l’invention. C’est des sourires et quelques pensées tristes, qui naissent au fur et à mesure que je cligne des yeux. On verra ce qui se passera, on verra ce qui arrivera. Mais de toute façon, « C’est pas grave ce soir rien peut me toucher. Je flotte au dessus du sol les planètes sont alignées. »


Plus de Paris. Plus de Nancy. Plus de rien d’un coup. Tout est passé si vite.

Plus de Place Stanislas. Plus de bulles dans les verres des Docks. Plus de gouttes de pluie sur la neige fondue. Plus de roulades. Plus de 54 rue de la Commanderie. Plus de chansons le soir. Plus de fenêtre du quatrième étage. Plus de fraude sur la ligne 1. Plus de patinoire et de Saint Nicolas. Plus de pv à 70km/h. Plus de blagues.

J’ai plein d’étoiles dans le cou, qui forment des constellations. Elles sont tes guides pour les nuits blanches, où les rires réveillent les voisins et les chats que l’on aperçois par la fenêtre. Joli sourire contre les noirs désirs.

Nuit agitée. Réveil douloureux. J’ai fini le chocolat qu’il restait. Je t’ai laissé un mot, j’ai mis tes clés dans la boîte aux lettres, et j’ai retenu mon souffle jusqu’à la ville. Baiser d’adieu sur le quai de la gare. Je te reverrai. Le gris de tes yeux sera bleu. Et la fin, différente.

Je suis dans le train. Perdue entre deux villes qui m’ont vu grandir. Et cette correspondance dans une gare qui me terrorise. Je me demande si je vais m’en remettre un jour, de la claque dans la gueule que j’ai pris en venant ici. Je me demande si j’oublierai cette odeur de café le matin, et cette odeur de fumée le soir. Je me demande si je me souviendrai du soleil qui se couchait sur la colline en face de ma fenêtre. Je me demande si tu aurais aimé qu’on le regarde ensemble.

Nancy, tu es tatouée sur ma peau. Je pense à toi chaque matin et chaque soir.

Moins de pluie maintenant, ou peut être beaucoup plus. Je ne pleure pas. J’essaie d’amortir la chute. Sinon, ce sera la première, de pluie. Tu sais celle qui tombe quand tu dors sous une tente en voyage. Celle que tu regarde couler sur les vitres d’une voiture, avec Psycho Pt. 2 en fond. Celle qui ruisselle sur tes joues quand tu m’embrasses. Celle qui arrive et qui t’explose à la gueule. D’émerveillement. Celle qui te fait te lever plus tôt, qui te fait croire en tes rêves et qui les réalise. Celle qui ressert les liens et qui en crée de nouveaux. Celle qui apprend, qui perfectionne, qui apaise. Celle pour laquelle tu vis. Celle de demain parce que c’est mieux. Celle qui ne cessera plus jamais de tomber.

Nancy, on se reverra.


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Pauline Gauer – JUILLET (1998)

3 comments

  1. J’ai quitté Nancy pour Paris il y a quelques mois. C’était ma ville, mon premier amour, mon coup de cœur, mon refuge. Et chaque jour, depuis, j’écoute Fauve. J’ai dit au revoir à beaucoup de choses en partant et sûrement dû en briser quelques autres. Ton texte m’a portée comme si je revivais mon départ et je l’ai relu en écoutant ma voix comme pour le réaliser pleinement, ou le graver, je ne sais pas. Merci pour tes mots.

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