Vingt-ans – JUILLET (1998)

JUILLET (1998), le titre d’une chanson de Fauve et le début de ma vie. Cette vie qui oscille entre beaucoup trop de choses à gérer pour un si petit coeur, mais ça va. JUILLET (1998), c’est une histoire pour l’instant sans fin, mais qui en aura une. C’est un mélange de vérité, et de beaucoup de rêves. C’est la sincérité et l’invention. C’est des sourires et quelques pensées tristes, qui naissent au fur et à mesure que je cligne des yeux. On verra ce qui se passera, on verra ce qui arrivera. Mais de toute façon, « C’est pas grave ce soir rien peut me toucher. Je flotte au dessus du sol les planètes sont alignées. »


20 ans c’est beaucoup. C’est comme une coupe du monde, mais en plus touchant. Et en moins glorieux aussi parfois.

Juillet 1998. Un dimanche, le 19. Et depuis, j’étais persuadée que l’année de mes 19 ans serait la plus belle. J’ai cravaché. J’en ai bouffé des insultes dans la gueule qui te font sentir plus bas que terre, des chutes sur le goudron, des essais qui virent en échecs. J’en ai appris des choses, sur tout ce qui nous entoure. Ça n’a pas été simple, comme tout le monde. Et j’ai quelques cicatrices, comme tout le monde.

L’année de mes 19 ans aura bien été la plus belle. Je serai sortie du gouffre, j’aurai trouvé assez d’air pour respirer enfin. J’aurai voyagé beaucoup. J’aurai aimé, rencontré des soleils, et débuté cette belle histoire collective qu’est Première Pluie. Et quoique l’on me dise, si je m’y implique tant, c’est parce qu’en plus d’être un projet, c’est un thérapie.

Cette année, j’aurai surtout appris à refaire confiance.

C’est mon anniversaire. Et aujourd’hui tu ne m’enverras rien. Comme tous les jours depuis. Quelques fois dans mes rêves, j’arrive à te pardonner. Mais il me suffit encore d’un message pour pouvoir aller bien aujourd’hui. Un seul, qui soulagerait tous mes maux, qui apaiserait mes crises de panique, qui m’empêcherait d’avoir encore peur en permanence. Je remplis ce fossé, que tu m’as creusé, avec des tonnes de trucs chouettes et d’autres dont je ne suis pas fière mais qui me permettent de prendre du recul.

Janvier 2017, dernier appel et tout s’écroule encore une fois. Je m’oublie dans mon bateau, pour que l’orage passe. Tu es ce couteau dans le ventre que je n’arrive pas à retirer. La lame est fine, mais ça fait si mal. J’ai appris à faire de chaque sourire une dose de morphine assez conséquente pour ne plus avoir à y penser.

Je n’ai pas envie d’avoir 20 ans, c’est à la fois la jeunesse et le début de tout le reste. Je ne sais pas si la petite fille que j’étais serait fière de moi, mais moi je suis fière d’elle. Fière qu’elle ait cru en ses rêves, qu’elle se soit accrochée et qu’elle n’ait jamais renoncé. Fière qu’elle se soit intéressée au monde, à la rotation des planètes, aux livres de Timothée de Fombelle et aux noms latins des papillons. Fière qu’elle ait su être heureuse avec des choses simples, et qu’elle le soit encore.

Dis, finalement je ne te pardonne rien mais je te remercie. À cause de toi, j’ai appris à trouver de la force dans tout ce qu’il y a de positif, à être courageuse tant que je peux, à sourire tous les jours et à profiter de chaque moment comme si c’était le plus beau de toute ma vie.

À cause de toi, j’ai 20 ans et je suis libre, indépendante, forte. Tu ne me reconnaîtrais sûrement plus. Je suis sûre que même toi ne m’aurait pas vu dans le semblant de vie que l’on se promettait.

Maintenant je peux le dire, quelques mètres carrés d’appartements dans la ville rose avec toi n’auraient pas valu le quart de tout ce que j’ai accompli aujourd’hui. Tu m’as brisée, pour que je me reconstruise bien mieux toute seule. J’essaie de voir les choses de cette manière.

Heureusement qu’il reste le chant des cigales et le goût des abricots. Heureusement qu’il reste les amis qui te réconfortent par leur simple présence. D’ailleurs, je suis encore plus fière de la petite fille qui est née un mois après moi, cette petite fille qui avait aussi la force de tout vaincre. Jamais je n’oublierai nos aventures et nos cartes postales. Une amitié si forte qu’elle mériterait un “e” de plus à la fin. Je t’encouragerais dans tout ce que tu entreprendras, parce que tu as ce courage que peu de gens ont. Heureusement que tout cela existe encore, et que ça continuera.

Après la pluie, le beau temps. Et après les 19, les 20 ans. J’ai sûrement un peu hâte quand même.


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Pauline Gauer – JUILLET (1998)

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