A tous les hommes – Édito

“Non.” Vous ne comprenez pas ce mot ? Pourtant c’est l’un des plus employés dans la langue française. Et dans toutes les langues d’ailleurs. Donc si c’est trop compliqué pour vous, je peux vous l’expliquer : “Non”, c’est quand quelqu’un n’est pas d’accord ou n’a pas envie de faire ce que vous lui demandez.

Alors quand on vous dit non, c’est non. Putain, ce n’est pas compliqué.

Non, on n’a pas envie que vous posiez vos mains sur nous. Ni que vous leviez vos mains sur nous. On n’a pas envie de vous embrasser ou de vous suivre. On n’a pas envie que vous nous regardiez de la manière dont vous le faites. On n’a pas envie d’être forcée.

On a envie de se lever le matin sans cette boule dans la gorge, ou ce bleu sur la gueule. On a envie de penser à tout, sauf à votre corps sur le nôtre la nuit dernière. On a envie de se voir dans le miroir sans larme et sans cerne. On a envie de dire que la soirée de le veille était mémorable, mais parce que la musique était bien et qu’on a beaucoup dansé.

Tout reste.

Ça coule dans nos veines. Ça s’entend dans nos voix. Ça se ressent dans nos vies.

On nous demande parfois pourquoi on n’a rien fait, pourquoi on n’a pas hurlé. C’est impossible. Tu ne peux plus bouger. Tu ne peux plus parler.  Tu te dis que tu vas mourir. Ce n’est pas notre faute. C’est à vous de changer, de vous dire qu’il y a peut-être un souci quelque part. Que si on vous demande d’arrêter, c’est qu’on n’en a pas envie. Vous n’avez pas besoin de ça. C’est juste psychologique. Vous ne pouvez pas vous servir de nous pour assouvir vos désirs. Attendez que quelqu’un soit d’accord de vous suivre. Ou trouvez d’autres solutions. Parce que nous, on n’a rien demandé. On a pas besoin de vous pour savoir ce qu’on veut.

“Je te soulève violemment”, “Toi tu mérites d’être bien baisée”, “Viens que je m’occupe de toi, c’est un ordre”. Quelle honte. J’espère que vous vous reconnaitrez. J’espère que vous réalisez à quel point vous ne valez pas mieux que les phrases que vous écrivez. Bande de sous-merdes, j’aurai honte à votre place. J’aurai honte d’être votre père, ou votre mère.

Pensez-y d’ailleurs, à votre mère, et à votre sœur. Elles font partie du “nous” que j’évoque depuis le début. Ce “nous” qui lutte dans l’ombre, qui se débat dans le noir. Ce “nous” pour lequel parfois tout s’arrête, d’un coup. Ce “nous” qui n’arrive plus à respirer.

On a envie d’être forte vous savez, mais quelques fois vous l’êtes plus que nous. Alors ayez un soupçon d’intelligence s’il vous plaît.

Je ne vous remercie pas.


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Pauline Gauer – Édito

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