Despentes sur la place – Interviou

Livre sur la Place, Nancy, 7,8,9 septembre 2018

Juste après l’annonce de la première sélection pour le prix Goncourt, Virginie Despentes, membre de l’Académie Goncourt, jurée, fumait une cigarette sur la grande place Stanislas, occupée alors seulement pas les jurées, quelques touristes et des cadres moyens qui traversaient en se dépêchant à moyennes enjambées. 

Elle fumait seule. Elle était parfois interrompue dans sa solitude par quelques personnes qui venaient lui glisser quelques mots. Genre une recette inconnue de crêpes, le nom d’un lézard amérindien traduit en latin etc.  

Je me suis dit qu’il était de mon devoir de la déranger, d’aller savoir ce qui se passait sous sa blonde chevelure.  

J’ai lu Despentes, je lis Despentes. Elle m’impressionne. Elle est en noir : blazer noir, tee-shirt noir à motif rock, pantalon noir et baskets noirs. Elle m’impressionne parce que je la considère comme l’une des plus importantes de nos contemporaines en littérature. Elle a capté quelque chose de la violence de notre temps, de sa beauté crade. 

L’écriture de Virginie Despentes semble à mes yeux se poser cette question : Est-ce que c’est beau parce que c’est sale ou est-ce que c’est sale parce que c’est beau ? 

Son 1er roman, Baise moi, paru en 1994 a connu en quelques années un succès qui en fait un classique de la « contre culture ». Virée étrange et terrible, faite de meurtre et de sexe par des femmes amazones, le roman marque. Depuis, son style est reconnaissable, biberonné d’auteurs américains, Bukowski notamment. 

Depuis, il y a eu notamment King Kong Théorie en 2006, Apocalypse Bébé en 2010 et le grand succès public avec Vernon Subutex en 3 temps pour le moment, qui va être adapté en série. 

Virginie Despentes pèse sur la scène littéraire. Je l’aborde, je lui propose de marcher pour faire l’interview. On déambule, on s’arrête pas mal, on repart. On parle de Nancy, sa ville d’origine. J’oublie d’allumer le micro. On parle de Bukowski, on parle de l’époque, on parle de littérature, on parle de notre génération. Elle est heureuse quand je lui dit qu’on se reconnaît dans son style, elle fait un grand sourire, elle dit qu’elle a de la chance. 

Elle m’impressionne. Beaucoup de gens qui veulent paraître moderne passé 25 ans sont ridicules, elle elle m’impressionne. Elle me parle de Cardi B et m’en apprend beaucoup sur elle, elle me parle de Booba, puis de Thiéfaine, simplement. Elle me parle de la place Stan et de Nancy avant, le soleil lui va bien, sur la place en déambulant. 


Arthur – Interviou

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