RéJEAN – Interviou

Ce mois-ci, on a eu la chance de pouvoir échanger avec RéJEAN, jeune chanteur folk-rock, que l’on a vraiment trouvé vrai et touchant.


Raphaël, on sait que tu es un musicien talentueux, avec une style vraiment chouette. C’est un peu cliché mais comment tu as commencé tout ça ?

Et bien ça dépend de ce que tu appelles « tout ça »! Déjà j’ai commencé la vie il y a 17 ans, à Fréjus. J’ai grandi dans le Var, et je viens de le quitter il y a un mois pour Toulouse. J’ai commencé la musique assez jeune, vers mes 5 ans, avec les percussions, puis le piano quelques années plus tard, et enfin plusieurs instruments à cordes, dont -et surtout- la guitare. J’ai toujours adoré la musique, adoré dans les 2 sens, c’est à dire que j’ai toujours quasiment vénéré la musique, comme si c’était un concept qui aspirait vraiment à une profondeur très particulière. Et le chant est venu ensuite tout naturellement, sur la guitare. J’ai commencé à faire la manche à Cannes, après, ou pendant le lycée. Je séchais pas mal les cours pour aller jouer dans la rue, la découverte de cette sensation c’était un kiff génial. Et composer m’est apparu comme une fatale nécessité, comme si tout ce que j’avais accumulé dans mon expérience de la vie devait être exprimé par des chansons. Et sans le moindre effort de ma part, l’idée que je devais les partager aux autres, en faire mon activité principale, s’est formée et exécutée. Bon, je suis pas arrivé très loin non plus, je peux même pas enregistrer avec une formation complète, et mettre en place toutes mes idées musicales, mais j’y travaille.

C’est déjà tellement touchant de voir ce que tu fais à ton âge. Ta voix me fait penser à Bob Dylan dans sa jeunesse. A qui est-ce que tu aimerai ressembler ?

Yes, Bob Dylan, ça fait plaisir ! C’est vrai que c’est pas la première fois qu’on me compare à lui, et c’est à chaque fois un grand honneur, parce que c’est vrai aussi que c’est un de ceux-là qui, à partir de rien, tout seuls, prennent courageusement la route, et vivent pour de vrai. L’esprit Folk quoi. Et musicalement, c’est un génie. Mais je ne pense pas que je veux lui ressembler. Il y a un moment, oui, je voulais ressembler à Bob Dylan, et avoir la vie de Ben Harper, jouer comme Neil Young, faire comme Mac Demarco. Ces mecs ont tous une vie de malade, ils ont un vrai putain de talent, ils font des scènes de ouf, bref. Mais je pense que c’est une erreur de tomber dans ce genre folie, qui te fait te dire que toi tu vaux pas assez, ce que tu fais, ce que t’as à dire. Tu vois, penser que tu vaux rien et que t’as pas de légitimité à avoir cette ambition. Mais si tu trouve ta « voix », si tu t’écoute vraiment bien et que tu chante avec pure franchise, ça vaut tout. Sauf que c’est ça, le travail. C’est le travail de toute ta vie.

Le folk-blues-rock, ça s’est imposé à toi comme une évidence ?

Le folk-blues-rock c’est comme ça que je me défini en résumé, mais ça veut rien dire. Ce sont des genres qui m’ont inspirés, et que j’écoute énormément, comme le Jazz, le latino, le classique, le rap, l’électro. Je fais pas trop de distinctions dans ce que j’écoute, et j’essaye de pas trop en faire non plus, dans ce que j’écris. Mais bon, oui, ce que je fais se rapproche forcément des genres et des artistes qui m’ont vraiment marqués, donc folk-blues-rock, mais je me diversifie de plus en plus, je prend des teintes moins binaires, plus originales.

D’ailleurs, ça se ressent dans ta musique, et dans ta manière d’écrire. De quoi tu parles dans tes chansons ?

Dans mes chansons, je raconte des histoires, souvent. Avec un personnage, auquel je m’identifie souvent aussi, qui vit des choses. Plus ou moins ce que je vis ou que j’ai vécu, souvent. Je parle pas mal de trucs pas hyper heureux. A Band Of Psychos, ça parle d’un gars qui à des dettes, et qui reçoit la visite de cette bande de malades qui réclament leur fric. Ephemeral, c’est le constat que j’ai fait, que les choses durent pas vraiment. Et souvent je parle d’amour, d’un amour qui finit pas très bien. Qui finit pas en fait. Mais je parle de trucs plus joyeux des fois! Ode To Your Butt, par exemple, c’est une chanson que j’ai pas encore mis en ligne, mais bientôt.

On a hâte. Parmi celles que tu as déjà sorties, c’est quelle chanson qui te représente le plus ?

La chanson qui me représente le plus, je pense que tu la connais, c’est comme ça que la plupart des gens ont découverts ma musique, c’est Set On The Sun. C’est marrant parce que c’est pas du tout ma préférée, mais je crois que c’est la première « vraie » chanson que j’ai écrite. C’est des accords assez simples, une mélodie bien folk, et un trois temps, que j’ai oublié pendant pas mal de temps. Et quand j’ai commencé à le rejouer, il avait mûri, et je pense qu’il a une certaine maturité. Et apparemment ça parle aux gens.  Mais moi si je devais préférer un morceau parmi les autres, je pense que ça serait Print.

Ta chaîne YouTube et ton compte Instagram s’appellent encore Raphaël Leutcher et pas RéJEAN, pourquoi ? D’ailleurs ça vient d’où RéJEAN ?

Mon compte Instagram n’avait pas vraiment de rapport avec ma musique avant, ma chaîne YouTube non plus, puis c’est devenu une plateforme de diffusion comme une autre. Et j’ai pas pensé à changer le nom. Mais par contre j’ai une chaîne Youtube au nom de RéJEAN, maintenant. Réjean ça vient d’une idée, dans un petit cercle d’amis très proches, à l’époque, qui était : pour être plus libre, il faut se défaire de sa « fausse identité », de se qu’on donne à voir au gens, à l’administration, et qui n’à rien à voir avec ce qu’on est réellement. Un prénom, par exemple, on s’y attache, on s’y méprend, et parfois on s’y définit comme si cela suffisait pour comprendre une personne. Ducoup on a tous changer notre vrai nom pour un nom plus ridicule. A cette époque j’avais fais pareil pour les fringues, les cheveux, et un peu toute l’apparence en général, et moi c’était Réjean René-Réju – c’est un « nom de famille composé » – , je sais plus pourquoi.

Oh, super original. Et puis ça me fait vraiment penser à la jeunesse, quand on est libres et avec des rêves plein la tête. D’ailleurs, c’est quoi tes rêves ? Seulement de la musique ou aussi un peu de cinéma, comme on peut le voir sur tes premières vidéos YouTube ?

Mes rêves j’essaye de pas trop en avoir, je pense que c’est dangereux de trop rêver. En tout cas faut surtout pas s’en contenter. Mais ça m’arrive, comme tout le monde, de me voir sur scène, pleins de fans, d’enregistrer avec des zicos de ouf, de pouvoir vendre ma musique et en vivre, que les gens comprennent mes chansons quoi. Me comprennent, ce que j’ai à dire. Et oui, ce que j’ai à dire est passé un peu par le cinéma, mais j’ai vite compris que c’est un monde un peu chelou à l’intérieur, et que c’est pas qu’une histoire de créativité artistique. Mais c’est marrant que tu aies vu mes vidéos sur YouTube, j’en ai un peu honte à vrai dire. Disons que ça reflète pas ce que j’ai pu réaliser de plus complet.

Tu sais, pas besoin d’en avoir honte. Il faut tester des trucs dans la vie. Maintenant tu deviens assez – comment dire – « sérieux » ? J’ai vu que tu faisais des petits concerts.

J’ai pas mal joué dans le Var, dans des bars, restaurants, marchés. J’ai même joué pour une Biocoop une fois, « lol » t’imagines le truc? Donc pas des ambiances de malade, et je jouais surtout des covers. J’ai eu la chance de pouvoir présenter un petit concert uniquement de mes compos, à l’occasion d’une soirée en faveur des migrants. C’était vachement sympa, et je sais que c’est ça que je veux faire.

C’est ce qu’on veut entendre. Tu prépares des projets ?

Justement concernant mes projets ! Comme je vis à Toulouse maintenant, il faut tout recommencer, se refaire des contacts, trouver des bars, des tremplins. Je veux former un groupe, trouver des fonds, enregistrer et clipper. C’est ça, mes projets. Je veux pouvoir donner plus de formes, de rondeur, et de profondeur à mes chansons, les développer à fond, et en sortir un vrai album. J’ai déjà toutes les chansons, y’en a quelques unes que j’ai enregistré rudimentairement et qui sont en ligne sur ma chaîne RéJEAN sur YouTube. Mais j’ai besoin d’autres musiciens, d’un truc plus dynamique. Et Toulouse c’est une ville géniale pour ça, il y a plein de zicos, une ambiance musicale trop cool, donc je vais très vite arriver avec des maquettes plus complètes, et ça sera vraiment cool, j’ai hâte.

Nouveau départ alors, ça ne peut que bien se passer de toute façon. Sinon, la Première Pluie, ça t’évoque quoi ?

La Première Pluie, bah c’est ton journal ! Non je suppose que tu parles du concept plus général de première pluie, suivant une période sèche. Et bien moi ça me fait penser à l’odeur un peu bizarre qui émane du sol qui a plus l’habitude d’être mouillé, une ambiance un peu chaude, apaisante. Et cette sensation d’être mouillé alors qu’il fait encore chaud, on est mouillé, mais c’est pas grave, c’est agréable, on reste dehors, on s’amuse. Comme si on redécouvrait la pluie, et qu’en la retrouvant, on l’aimait vraiment. C’est peut être la seule manière de vraiment apprécier les choses, et les gens. Redécouvrir à chaque fois, comme un enfant qui s’émerveille devant tout ce qu’il voit pour la première fois.

Et sinon, oui, Première Pluie c’est un journal indépendant, jeune, artistique, et grave gratuit, donc c’est trop cool ! Et avec des journalistes qui s’intéressent au choses originales, un peu underground, aux artistes pas connus, et qui nous les font découvrir, et ça c’est génial, tous les journaux devraient faire pareil. Mais Première Pluie resterait le meilleur journal quand même.

Haha, beaucoup trop d’honneur en cette fin d’interview. Merci beaucoup de nous avoir parlé de toi, c’était vraiment chouette. On a hâte d’écouter ce que tu prépares, et surtout de te voir jouer un peu partout un jour.

Merci pour cet intérêt, ces questions, ces réflexions, et force à vous, Première Pluie ! et force à toi aussi Pauline Gauer, journaliste pour Première Pluie, je suis très touché que tu ai compris ma musique.

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Pauline Gauer – INTERVIOU

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