La liberté de la presse aux Pays-Bas – Dossier

En Erasmus aux Pays-Bas pendant 10 mois, je voulais profiter de l’occasion pour aborder le sujet de la liberté de la presse et de l’information dans ce pays. Selon Reporters Sans Frontières, il est classé troisième sur 180, deux rangs de plus qu’en 2017.

Derrière la Norvège et la Suède, Les Pays-Bas tentent d’être à la hauteur avec des médias libres et qui défendent cette liberté et leur indépendance. Par ailleurs, les journalistes sont protégés très fortement au niveau légal, que ce soit à l’intérieur du pays comme à l’étranger. En cas de difficulté, il est rare qu’un journaliste n’ait pas été soutenu par le ministère des Affaires étrangères.

Pourtant, certaines polémiques ont porté atteinte à cette liberté de la presse, et ce dû principalement à l’environnement social et politique de l’Europe. La montée des extrêmes et du terrorisme, l’immigration et le réchauffement climatique, débats très polarisés remettent sur le tapis la question de l’identité nationale. Alors, les journalistes sont menacés et attaqués, considérés comme “non-légitimes” par certains partis politiques.

Le 26 juin 2018 à Amsterdam, le siège du journal national De Telegraaf a été la cible d’un attentat. Une fourgonnette a foncée dans la façade du journal, mais heureusement sans faire de victime. Cependant, c’était bien la liberté de la presse qui était attaquée. Cinq jours avant, les bureaux de deux autres journaux néerlandais, Nieuwe Revu et Panorama, avaient aussi fait l’objet d’attaques à coups de grenades anti-char. Existent-ils des raisons à ces agressions ? La plus probable serait une réponse aux reportages trop fréquents de ces journaux concernant les crimes organisés. En effet, plusieurs journalistes avaient déjà obtenu une protection policière leur assurant une sécurité. Charlie Hebdo, es-tu là ?

En 2017, Les Pays-Bas étaient le cinquième pays au classement de la liberté de la presse, et pourtant selon un rapport publié par la Fédération néerlandaise des journalistes “Een dreigend klimaat” (Un climat menaçant), plusieurs reporters ont été victimes de menaces physiques, de harcèlement sur les réseaux sociaux et de pression juridique. C’est pourquoi une loi a été adoptée par le Parlement en février 2018 garantissant la protection des sources des journalistes qui devaient témoignés lors d’affaires criminelles.

Pour autant, Reporter Sans Frontières a dénoncé le 9 juillet 2018, soit cinq mois après l’adoption de la loi précédente, de nombreuses attaques au secret des sources journalistiques. Même le procureur d’Amsterdam a avoué avoir espionné une conversation entre un journaliste et sa source, acte évidemment considéré comme illégal.

Face à la détérioration du climat européen et la montée des extrêmes, la troisième place des Pays-Bas au classement est peut-être remise en jeu pour l’année 2019. Mais pas de quoi s’inquiéter en admirant la merveilleuse trente-troisième place de la France, dite “Pays des Droits de l’Homme”.


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Pauline Gauer – Dossiers

 

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