Festival de Clermont, des courts-métrages qui en disent long – Culture Collective

« Prenez un accordeur de piano serial killer, Gagarine dans les HLM de banlieue parisienne, une fausse alerte à l’Ebola, un criquet dans la nuque, et un repas dominical sur fond de Flavien Berger. Passez le tout au mixeur, ajoutez une bonne paire de baskets, un stylo Bic et deux glaçons pour hydrater. Servez-vous sur le champ, car tout le monde court à Clermont pendant le festival du court-métrage ! » Lucie, une habituée du Court et étudiante en design graphique.

Le Festival du Court-Métrage de Clermont est né au cœur des volcans d’Auvergne, en 1982, à l’initiative de l’association « Sauve qui peut le court-métrage ». Huit jours de projection de courts-métrages à travers la ville, pour l’événement international le plus important au monde, dédié à ce format.

Cette année, les spectateurs se sont pressés du 1er au 9 février pour découvrir les nouvelles pépites sélectionnées parmi plus de 9 000 films proposés.

De Cocteau au Rio, en passant par la Jetée

Le Court, c’est non seulement la semaine la plus attendue du milieu, qui attire chaque année des milliers de spectateurs, 165 000 en 2018, mais également une plongée dans des univers parfois opaques à travers toute la ville.

Organisé en différentes sélections, le festival offre à ses adeptes la possibilité de façonner leur propre expérience grâce à des séances de quatre à sept courts-métrages, disséminées dans les salles de spectacles ou de cinéma de la ville, dans des amphithéâtres de la faculté de lettres ou de l’école de commerce… De quoi poser un regard nouveau sur certains lieux quotidiennement côtoyés ou simplement les découvrir.

« Alors ce qui me plaît c’est la diversité des courts, tu en as toute la journée, tu découvres des trucs, tu peux essayer de nouvelles choses et ainsi aiguiser son regard critique. Ça permet de se faire un avis, de comprendre ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas et pourquoi. Tous les ans c’est un plaisir pour moi, je rencontre des gens, je me fais un réseau et c’est important dans ce milieu. » Azéline, une spectatrice habituée du festival et étudiante au Conservatoire Emmanuel-Chabrier.

Chaque année, ce sont des centaines de films courts qui sont en compétition. 163 cette année seulement pour les trois sélections principales : internationale, nationale et labo. La sélection internationale étant proposée en version originale sous-titrée, l’immersion est totale. Les réalisateurs offrent des lunettes sur des réalités que les frontières rendent invisibles, avec une sensibilité particulière et souvent bouleversante.

« Il m’est difficile de résumer en quelques mots ce que peut provoquer ce festival qui transforme ma ville en métropole bouillonnante de création et de vie pendant une bien trop courte semaine. Un rendez-vous annuel qui est devenu petit à petit un rituel où, malgré la foule et le froid, je me presse de courir de salle en salle, à la recherche de bouleversement émotionnel sur grand écran. Un florilège de courts de grands noms et jeunes talents pour un festival qui sait se renouveler chaque année, toujours aussi surprenant et abordable ; tant par le prix de ses séances que par sa programmation éclectique. » Lucie.

La particularité du court-métrage est bien évidemment son format. De cinq à vingt-cinq minutes, parfois moins, rarement plus, le spectateur est happé dans un univers riche dans lequel chaque détail compte. Chaque visionnage est d’une intensité extrême qui n’induit pas toujours la compréhension. Voilà une partie du jeu. Certaines séances plus expérimentales et déjantées comme les Labo, perturbent, bousculent, choquent mais, toujours, invitent à un voyage unique que le long-métrage est incapable d’offrir.

« Un court métrage marquant c’était y a plusieurs années un court sur un pédophile qui racontait ce qu’il ressentait devant des enfants. Tu ne le voyais pas, tu avais juste sa voix. » Azéline.

Le Marché du Film Court, les ateliers, les conférences et les expositions

Le festival attire professionnels et amateurs à travers le monde et la France entière. C’est l’occasion de rencontres, de discussion, de conférences professionnelles dédiées au format mais également de former des jeunes par des ateliers avec, entre autres, une école de cinéma suisse.

« L’année dernière nous étions avec une réalisatrice qui nous donnait un extrait de texte d’un film de Woody Allen, nous devions l’apprendre du jour au lendemain et ensuite travailler par groupe avec les Suisses pour tourner la scène. En fin de semaine nous faisions les textes des Suisses avec leur réalisation. C’était une semaine de partage, de discussion. On rigolait bien mais on travaillait beaucoup. » Azéline.

Une expérience à vivre en famille, en musique ou sur un fauteuil gonflable à la piscine

Le festival est ouvert à tous, avec des séances adaptées aux enfants et proposées aux écoles jusqu’en Terminale. Tout est fait pour intéresser les jeunes à la culture et au format court notamment par la mise en place du concours de la jeune critique qui invite les jeunes à donner leur ressenti sur un court-métrage qu’ils ont vu.

Tout le monde peut facilement y trouver son compte grâce à des séances Canal+, les Décibels pour une immersion musicale, des rétrospectives ou bien une soirée ciné-piscine au stade nautique de Coubertin.

Le rideau est tombé pour cette année mais le festival revient en 2020 pour sa quarante-deuxième édition !

Consultez le site du festival

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Marie Collinet – Culture Collective

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