Les jours heureux, Chapitre 1 – JUILLET (1998)

JUILLET (1998), le titre d’une chanson de Fauve et le début de ma vie. Cette vie qui oscille entre beaucoup trop de choses à gérer pour un si petit cœur, mais ça va. JUILLET (1998), c’est une histoire pour l’instant sans fin, mais qui en aura une. C’est un mélange de vérité, et de beaucoup de rêves. C’est la sincérité et l’invention. C’est des sourires et quelques pensées tristes, qui naissent au fur et à mesure que je cligne des yeux. On verra ce qui se passera, on verra ce qui arrivera. Mais de toute façon, « C’est pas grave ce soir rien peut me toucher. Je flotte au dessus du sol les planètes sont alignées. »


Nancy,

Ma valise qui roule sur les graviers. Ça fait du bruit de bon matin, je vais réveiller les gens. A ma droite, la gare. A ma gauche, le début des amours dans un bar, à l’étage. Cette ville dont je connais tous les recoins, un refuge pour les coups de blues. Je vais voir les copains. J’ai hâte. Il pleut, comme tous les jours, ça a un certain charme d’avoir les pieds trempés. Le bruit des gouttes dans une flaque, l’odeur d’orage, tout est plus spécial ici. Un souvenir pour chaque rue, des larmes qui discutent avec les rires.

Ils sont là, presque tous. Il manque mon photographe, mais j’ai l’impression qu’il est quand même avec nous. Un petit appart rempli de photos, de textes collés sur les murs. QG de Première Pluie. Quand je suis avec eux, mon cœur bat plus fort, je me sens vivre. Et pour des bonnes raisons. Envie de bouffer le monde pour dire aux gens qui ne m’ont pas cru : “tu vois, on l’a fait. Et sans l’aide de personne parce qu’on en a pas besoin.”

“On fait un goûter ?” – phrase préférée de tous les temps, qui sonne comme un souvenir d’enfance. Ça a le goût des après-midi dinettes dans un cabane dans le jardin. Ça sent les pains au lait avec du chocolat et les compotes à boire. Il n’y a qu’avec eux que je me sens comme ça, à la fois enfant et à la fois beaucoup trop adulte, dans le bon sens du terme. On crame toute notre énergie et notre temps pour ce média, et puis on fait des brunchs, qui finissent en concert de Diam’s et en sourires plus grands que ce monde.

Je nous vois toujours dans dix ans, à faire des goûters pour nos enfants, et à parler du temps où vous aviez des accidents de voiture à répétition, où l’on roulait en décapotable vers le soleil, où l’on ne dormait pas, ou plus. J’ai le sentiment qu’il n’y a rien de plus fort dans cette vie. J’ai trouvé des frères avec lesquels on construit des châteaux forts, qui disent que je conduis mal, et qui se battent avec moi, même si je suis la fille de la bande.

Les fenêtres sont ouvertes. Nancy la nuit, ça a une autre saveur. Ça sent l’hiver dehors, on attend l’été. Je marche encore, je change de maison. Marianne m’a préparé à manger. Elle cuisine bien. Riz, lait de coco, curry, Simpsons. Le combo gagnant. On se raconte les histoires du temps d’avant, les soirées à danser le rock au McCarthy et boire des verres au Mouton Electrique. Elisa, Lise, Mélody, Laura, vous me manquez. J’ai pas voulu sortir, par manque de temps mais surtout par peur de me retrouver dans un second chez-moi où je ne connaîtrais plus personne. Ça fait peur le temps qui passe et les souvenirs qui meurent.

Je traverse la Place Stanislas de bon matin. Le soleil se reflète sur les parois des bâtiments et réchauffe mon cœur. La valise à la main, je repars encore. J’ai fini par m’endormir au ronronnement du bus, Paris j’arrive.


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Pauline Gauer – Juillet (1998)

 

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