La dangereuse hypersexualisation des jeunes en ligne – Dossier

Photo : ©praetorianphoto/gettyimages

Version française


Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur leurs écrans. Le 21ème siècle est technologique, il y a du bon, du moins bon, une phrase et vous n’avez rien lu de nouveau. Bon.

La technologie est partout, et est là elle tout le temps. Il devient difficile de ne pas utiliser son smartphone, sa tablette ou ordinateur, que ce soit au niveau professionnel ou personnel. Cette nouvelle aire de technologie touchait principalement les adultes et adolescents. Mais de plus en plus, elle s’implante chez les pré adolescents et enfants, accros au numérique et aux réseaux sociaux.

Cette utilisation des réseaux comme Instagram, Twitter, SnapChat ou Tiktok se caractérise par un culte de sa propre apparence, à base de selfies et d’une sexualisation des corps. Prenant l’exemple des adultes et dans le but de rentrer dans un moule de perfection, les adolescents puis les jeunes pré adolescents ont commencé à les imiter, publiant des photos et vidéos de plus en plus sexys sur les réseaux sociaux. Cela pose alors des problèmes d’hypersexualisation des jeunes.

«L’hypersexualisation consiste à donner un caractère sexuel à un comportement ou à un produit qui n’en a pas en soi. C’est un phénomène de société selon lequel de jeunes adolescentes et adolescents adoptent des attitudes et des comportements sexuels jugés trop précoces. Elle se caractérise par un usage excessif de stratégies axées sur le corps dans le but de séduire et apparaît comme un modèle de sexualité réducteur, diffusé par les industries à travers les médias, qui s’inspire des stéréotypes véhiculés par la pornographie : homme dominateur, femme-objet séductrice et soumise.». (Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs, 2011)

Cette hypersexualisation entraîne l’arrivée de pédopornographie numérique et de réseaux en ligne de pédophiles. La pédopornographie consiste à représenter des activités sexuelles impliquant un ou plusieurs enfants. Par définition, les actes sexuels enregistrés et produits dans le contexte de la pédopornographie sont des abus sexuels sur mineurs. De son côté, la pédophilie est un trouble psychique caractérisé par l’attirance sexuelle persistante d’un adulte envers les enfants prépubères.

La présence de personnes mal intentionnées sur internet n’est pas nouvelle, mais avec une utilisation des réseaux sociaux de plus en plus tôt, un rapport différent à l’image s’instaure et ne fait qu’accroître les menaces de pédophilies.

L’usage hyper-abusif des réseaux sociaux chez les plus jeunes est une thématique vaste. Il faudra la resituer dans un contexte général avant d’en envisager les conséquences. Des conséquences lourdes : une hypersexualisation avant l’heure qui ne cesse de développer de nouveaux réseaux de pédophilie en ligne relayant de la pornographie infantile.

Contexte Général

Avec l’arrivée des réseaux sociaux dans les années 2000, le partage de textes et de photographies s’est multiplié. Facebook, un des fondateurs de cette nouvelle ère, permettait aux utilisateurs de publier des photos de profils, afin qu’on les reconnaissent. Au fil du temps, elle sont devenues une manière de se mettre en avant. Cette mise en avant s’est accentuée avec les feeds Instagram, et les selfies sur Snapchat.

A cause de ce partage en masse, les utilisateurs sont d’une part exposés au regard des autres, d’une autre sont confrontés à des modèles de beauté qui ne leur ressemblent pas. Chaque réseau social propose maintenant des filtres permettant de rendre un visage plus harmonieux, entrant dans les codes de la perfection. 95 millions de photos et vidéos sont postées par jour sur Instagram, et sont en majorité des selfies et des photos sexys, en maillots de bain ou laissant apparaître le ventre ou le dos. Le but étant d’être le plus attirant possible, pour plaire à ses followers. Les stars et influenceurs sont ceux qui postent majoritairement des photos nues ou sexys. Mais cela pose un problème auprès des plus jeunes, qui suivent ces célébrités et les considèrent comme leur modèle. En temps que fans, ils se mettent à vouloir leur ressembler et à reproduire leur comportement. Les réseaux sociaux, dont principalement Instagram et l’application de vidéos musicales TikTok sont alors remplis d’images de jeunes adolescents ou enfants, entre 9 et 14 ans, dans des tenues trop sexys pour leur âge, les apparentant à une personne adulte.

« Le succès international dont jouissent les stars de la musique a suscité chez les adolescentes un profond désir de ressembler à leurs idoles. […] L’indifférenciation entre une personnalité publique de vingt ou trente ans rémunérée pour afficher ses atouts et une adolescente de quinze ans qui prépare son avenir semble être inhérente à la majorité des gens » (Brûlé, M.-M. (2015, 3 novembre). Influence sur les réseaux sociaux [Billet de blogue].

Cette exposition si tôt sur les réseaux, visible à une échelle mondiale, laisse apparaître un réseau de personnes mal intentionnées, qui suivent le compte de ces jeunes utilisateurs sans même que leurs parents ne se doutent. Il devient si simple de se cacher ou de se faire passer pour une autre personne sous un pseudonyme, sans que personne ne se doute de cette supercherie malsaine.

“Le monde en ligne autorise un mélange complexe d’anonymat individuel, d’autopromotion et de jeux de rôle en fonction des souhaits et désirs de l’utilisateur. Les enfants et les jeunes peuvent définir leurs propres identités en ligne, les modifier et en posséder plusieurs à tout moment. Il en découle une nouvelle dimension de l’interaction sociale, ainsi qu’une nouvelle forme d’espace social, en particulier par le biais des réseaux sociaux qui fournissent de nouvelles possibilités de faire des rencontres et de s’amuser. Si les adultes perçoivent la différence entre les mondes en ligne et hors ligne, chez de nombreux enfants et jeunes qui construisent des réseaux sociaux en se faisant des amis dans ces deux mondes, la distinction est ténue.” (UNICEF)

Ces enfants, devenus influenceurs à leur tour grâce à la manière dont ils posent, dansent, et à leur style vestimentaire, sont principalement des filles. Elles commencent tôt, certaines mêmes à l’âge de 3 ans comme Everleigh Soutas, lorsque sa mère a commencé à l’afficher sur les réseaux sociaux. Elle est danseuse, youtubeuse et star de TikTok. Elle possède aujourd’hui plus de 4 millions d’abonnés et est médiatisée depuis son plus jeune âge. Des photos d’elle en maillot de bain, short ou dans des positions mettant en avant ses “formes” sont postées sur ses réseaux.

Ce n’est pas la seule dans son cas. Mis en avant par TikTok et suivis sur Instagram, des dizaines de jeunes filles sont dans le même cas. On pourrait citer par exemple Ava Foley (6 ans), Txunamy (10 ans), et Piper Rockelle (12 ans), toutes suivies par des millions de personnes. Cette hypersexualisation de jeunes personnes pose des problèmes dans la société.

Le danger de l’hypersexualisation des jeunes

Si l’on considère la manière d’agir de ces jeunes filles comme de l’hypersexualisation, cela veut dire que ce n’est pas normal. Au travers de danses, de vidéos ou de photographies, elles mettent en scène leur corps d’enfant, quelques fois maquillées et vêtues avec des vêtements courts, dans des positions d’adultes. Tout est fait pour mettre en valeur ce qui attire les hommes chez une femme, celles à qui elles veulent ressembler.

“La majorité des utilisateurs n’a pas encore atteint l’âge de 16 ans. Certains sont même âgés de 10 et 11 ans malgré les interdictions. Ils représentent donc une tranche d’âge en pleine « crise identitaire et influençable  ». Et sur Tiktok, ils baignent dans une une ambiance de superficialité à outrance et culte du corps : « Tout est fait pour être beau et faire envier les autres », dénonce le youtubeur en montrant, pour preuve, les nombreux commentaires relatifs au physique des utilisateurs. Autre revers : l’hypersexualisation. Certaines utilisatrices, dans leur course aux likes, se filment en sous-vêtements, dénudées et ultra-maquillées.” (Paris Match Belgique)

En effet, il est trop tôt pour cette mise en avant déjà vivement critiquée chez les jeunes adultes. Elle accentue le message de la violence et de l’exploitation des femmes. Ces images rappellent que dans notre société, la femme est encore bien trop souvent considérée comme juste un corps, un objet, une récompenses. Elles ne mettent en lumière que l’aspect physique, le corps et pas l’intelligence de la femme. 

« L’hypersexualisation est un phénomène préoccupant « qui contribue aux agressions sexuelles et à la violence faite aux femmes. En effet, un nombre grandissant de magazines, vidéos, calendriers, jouets, vedettes de la chanson, sites Internet pornographiques et publicités de toutes sortes accentuent quotidiennement le message que le corps des filles et des femmes peut être utilisé, exploité, vendu, agressé. » (Poirier. L; Garon.J, 2009, RCALACS) »

De plus, ces images accentuent la perte de confiance en elles chez les jeunes filles, à des âges où elles se construisent. Elles se mettent à avoir des complexes en prenant pour modèles des corps retouchés, faux, souvent modifiés par de la chirurgie, et dans des poses mettant en avant les formes. Ces filles et jeunes femmes finissent par croire que le seul corps parfait est celui des réseaux sociaux et des célébrités : un corps mince, allongé, avec des formes proportionnées, sans trace du temps qui passe. Si elles ne ressemblent pas à ce corps, elles ne rentrent pas dans un modèle de beauté.

« Les jeunes filles ainsi que les adolescentes subissent quotidiennement les pressions des médias et de leur entourage. Le message qui leur est transmis est clair : elles doivent être belles, sexy et disponibles sexuellement. Plusieurs sont ainsi amenées à croire que leur seul pouvoir réside dans leur apparence, et elles feront des efforts quotidiens pour accéder à ce modèle de femme physiquement parfaite et sexy. En misant sur le paraître, les jeunes filles deviennent dépendantes de l’appréciation des autres et, par le fait même, fort vulnérables avec des conséquences néfastes sur leur santé mentale. » (Poirier. L; Garon. J, 2009, RCALACS).

Un des problèmes majeurs de cette envie de perfection est que sur les réseaux, les femmes sont en général extrêmement minces. De nombreux cas d’anorexie ou de grande maigreur ont été découverts chez les jeunes filles commençant à peine leur puberté.

« Cette survalorisation de l’apparence et de la séduction comme mode de rapport à l’autre comporte aussi des risques pour la santé physique des jeunes filles dont les troubles alimentaires, l’utilisation récurrente de régimes amaigrissants dès le plus jeune âge, la consommation de drogue et d’alcool, le tabagisme, le recours aux chirurgies esthétiques, les relations sexuelles. Selon des études, même si les filles sont meilleures dans plusieurs domaines, leur estime de soi serait plus faible que celle des garçons. » (Poirier. L; Garon. J, 2009, RCALACS).

Dans cette quête de perfection pour une meilleure estime de soi, ces jeunes filles ont tendance à oublier ou ne se rendent pas compte que ces photos sont visibles partout, et qu’elles ont un public qui quelquefois est mal intentionné.

L’accroissement de la pédophilie en ligne

Si l’on se rend sur des réseaux sociaux tel que Instagram ou TikTok, on peut y lire de nombreux commentaires à caractères sexuels de la part d’adultes envers des enfants. Il n’existe pas vraiment de suivi de la part des réseaux sociaux en eux-mêmes. Seuls les parents peuvent tenter de contrôler la visibilité des publications de leurs enfants. Cependant, sur Internet, il est possible de masquer son identité sous des pseudonymes afin de se faire passer pour des mineurs. Alors, les pédophiles entament une stratégie de séduction appelée Child grooming. It  is “befriending and establishing an emotional connection with a child, and sometimes the family, to lower the child’s inhibitions with the objective of sexual abuse. Child grooming is also regularly used to lure minors into various illicit businesses such as child trafficking, child prostitution, or the production of child pornography.”

“Selon l’agence anglaise National society for the prevention of cruelty to children (NSPCC), 70% des méthodologies de grooming révélées impliquent l’utilisation d’un réseau social. Avec plus de 32% des cas à son actif, Instagram devance Facebook (23%) et Snapchat (14%). L’enquête rapporte qu’entre 2017 et 2018, l’utilisation d’Instagram à des fins de grooming a connu une hausse de 200%. Les données recueillies sur plus de 5.100 cas de communication sexuelle entre adultes et enfants montrent également que les jeunes filles de 12 à 15 ans sont les cibles privilégiées des groomers. Des révélations glaçantes au vu du grand succès que rencontre l’application auprès des ados et des enfants.” (Slate.fr)

Ces enfants stars sont médiatisées car c’est devenu pour eux un métier. Si l’on prend l’exemple de Brianna Buchanan, jeune américaine de 13 ans qui a arrêté l’école pour travailler à plein temps sur le réseau social TikTok, nous nous rendons compte qu’elle est quelques fois dénudée, dansant de manière provocante pour son âge, le ventre à l’air et maquillée. Elle avoue elle-même dans un reportage qu’il lui arrive de recevoir des messages ou des photos sexuels de la part d’hommes âgés sur Instagram et Snapchat.

“La personne chargée de l’enquête de l’ONU sur l’exploitation sexuelle des enfants, Najat Maalla M’jid, montrait qu’il y avait une importante augmentation des pages web recensées. En 2014, elle déclare que « la pornographie impliquant des enfants est de plus en plus disponible sur internet. Les victimes d’exploitation sexuelle en ligne sont de plus en plus jeunes et les images sont de plus en plus horrifiantes ». Pour lutter contre la cyberpédophilie, elle ajoute qu’il faut un « renforcement de la coopération internationale et l’adoption d’un cadre légal commun, ainsi que la participation active du secteur privé.”” (Radio Canada)

Bien que Facebook et Instagram annoncent retirer au quotidien 99,2% du contenu lié à la nudité ou à l’exploitation infantile, il reste difficile de démanteler les réseaux de pédophiles présents dans les followers de ces petites filles et petits garçons pensant simplement divertir des enfants de leurs âges.

Pour conclure

Dans les médias télévisuels ou internet, les images sexualisées sont de plus en plus présentes et banalisées. On en retrouve dans les films, les publicités, les clips musicaux ou les vidéos en ligne. Avec ce modèle de perfection sexuelle, il devient normal pour tout le monde de se mettre en avant sur les réseaux sociaux en se vendant comme un objet sexuel. Il a été démontré que les publications montrant des corps dénudés ou sexys étaient l’objet d’une plus grande implication du public, par des likes, commentaires ou partages. Comme nous venons de voir, les deux conséquences de cette vague de publications à tendance provocantes et sensuelles sont l’hypersexualisation des jeunes et le développement de la pornographie infantile, déjà présent avant l’arrivée des réseaux sociaux.

Dans une publication concernant la sécurité des enfants en ligne, UNICEF déclare que les données recueillies suggèrent que les enfants qui courent le plus de risques d’être manipulés et abusés sont les pré-adolescentes. Ils estiment qu’à cet âge, les enfants sont souvent des utilisateurs actifs d’Internet qui leur permet “le développement de l’image de soi ainsi que de l’identité sociale, sexuelle et émotionnelle”.

Il est difficile de déterminer le nombre d’individus manipulant des enfants en ligne car selon UNICEF toujours, cette activité ne constitue pas une infraction pénale dans de nombreux pays, constituant une problème considérable en matière de connaissances de la question, mais aussi de protection de l’enfant.

Pour lutter contre cette cyber pédophilie, des dispositifs comme Interpol ont été mis en place. Ils constituent des bases de données regroupant des images d’enfants victimes de pédophilie dans le monde, afin de les identifier et les retrouver plus rapidement. Cependant, ces méthodes restent aujourd’hui insuffisantes pour stopper toutes les manipulations en lignes, masquées derrière de faux noms et de faux profils.

Ici, nous appelons les parents, et les administrateurs des différents réseaux sociaux, à une prise de conscience de l’immense responsabilité qui est la leur, et pas celle d’enfants, starifiés ou pas, par un système dont tout le monde peine à entrevoir la noirceur fondamentale. Un téléphone portable est un outil à manipuler avec précaution, non pas parce qu’il est fragile, mais parce que celui ou celle qui le manipule est fragile face aux dérives qu’il engendre. Soyez vigilants. 


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© Capture d’écran du compte Instagram de Brianna Buchanan @briannabuchanan_

English version


Who are these snakes that whistle on their screens. The 21st century is technological, there is good, and least good. Just a sentence, and you have not read anything new. All right.

Technology is everywhere, and is there all the time. It is becoming difficult not to use your smartphone, tablet or computer, whether at work or at home. This new area of technology was mainly aimed at adults and adolescents. But more and more, it is becoming established among preteens and children, addicted to digital and social networks.

This use of networks such as Instagram, Twitter, Snapchat or Tiktok is characterized by a cult of our own appearance, based on selfies and a sexualization of the bodies. Taking the example of adults and in order to fit into a mold of perfection, teenagers and then young pre-teens began to imitate them, publishing more and more sexy photos and videos on social networks. This then raises problems of hypersexualization of young people.

“Hypersexualization is the process of giving a sexual character to a behaviour or product that does not have any in itself. It is a societal phenomenon in which young adolescents adopt sexual attitudes and behaviours that are considered too early. It is characterized by an excessive use of body-based strategies to seduce and appears as a model of reductive sexuality, spread by industries through the media, inspired by stereotypes conveyed by pornography: dominant man, seductive and submissive woman-object.” (Consumer Organisations Research and Information Centre, 2011)

Moreover, this hypersexualization leads to the arrival of digital child pornography and online networks of pedophiles. Child pornography is the representation of sexual activities involving one or more children. By definition, sexual acts recorded and produced in the context of child pornography are sexual abuse of minors. Pedophilia, on the other hand, is a psychological disorder characterized by an adult’s persistent sexual attraction to prepubescent children.

The presence of malicious people on the Internet is not new, but with the use of social networks earlier and earlier, a different relationship to the image is developing and only increases the threats of pedophilia.

The hyper-abusive use of social networks among the youngest is a vast topic. It will have to be placed in a general context before considering its consequences. And they are serious: an early hypersexualization that is constantly developing new online paedophile networks relaying child pornography.

General context

With the arrival of social networks in the 2000s, the sharing of texts and photographs increased. Facebook, one of the founders of this new era, allowed users to publish profile photos so that they could be recognized. Over time, they have become a way of promoting themselves. This emphasis has been accentuated with Instagram feeds, and selfies on Snapchat.

Because of this mass sharing, users are on the one hand exposed to the eyes of others, on the other hand they are confronted with models of beauty that do not look the same as them. Each social network now offers filters to make your face more harmonious, entering the codes of perfection. 95 million photos and videos are posted daily on Instagram, and are mostly selfies and sexy photos, in swimsuits or revealing the stomach or the back, both in male and female pictures. The goal is to be as attractive as possible, to please their followers. Stars and influencers are those who post mostly nude or sexy photos. But this is a problem for younger people, who are following these celebrities and are considering them as their role models. As fans, they start wanting to look like them and reproduce their behaviour. Social networks, mainly Instagram and TikTok, the application of music videos, are then filled with images of young teenagers or children, between 9 and 14 years old, in outfits that are too sexy for their age, making them look like an adult.

“The international success enjoyed by music stars has sparked a deep desire among teenage girls to resemble their idols. [. . .] The undifferentiation between a public figure in his or her twenties or thirties who is paid to show his or her strengths and a 15-year-old teenager who is preparing for his or her future seems to be inherent to the majority of people.” (Brûlé, M. -M. (2015, November 3). Influence on social networks [Blog post].

This early exposure on the networks, visible on a global scale, reveals a network of malicious people, who follow the account of these young users without even their parents noticing. It becomes so easy to hide or pretend to be someone else under a pseudonym, without anyone suspecting this unhealthy deception.

“The online world allows a complex mix of individual anonymity, self-promotion and role-playing according to the user’s wishes and desires. Children and young people can define their own identities online, change them and have several of them at any time. This creates a new dimension of social interaction, as well as a new form of social space, especially through social networks that provide new opportunities to meet people and have fun. If adults perceive the difference between the online and offline worlds, in many children and youth who build social networks by making friends in both worlds, the distinction is tenuous.” (UNICEF)

These children, who in turn have become influential through the way they pose, dance, and dress, are mainly girls. They start early, some even at the age of 3 as Everleigh Soutas, when her mother started posting pictures and videos of her on social networks. She is a dancer, youtubeuse and Tik Tok star. She now has more than 4 million subscribers and has been covered by the media since her earliest days. Photos of her in swimsuits, shorts or in positions highlighting her “shapes » are posted on her networks.

She is not the only one in her case. Promoted by TikTok and followed up on Instagram, dozens of young girls are in the same case. Examples include Ava Foley (6 years old), Txunamy (10 years old), and Piper Rockelle (12 years old), all followed by millions of people. This hypersexualization of young people poses problems in the society.

The danger of the hyper sexualization of youth

If we consider the way these young girls act as hypersexualization, it means that it is not normal. Through dances, videos or photographs, they present their children’s bodies, sometimes with makeup and dressed with short clothes, in adult positions. Everything is done to highlight what attracts men to a woman, those they want to look like.

“The majority of users have not yet reached the age of 16. Some are even 10 and 11 years old despite the prohibitions. They therefore represent an age group in the midst of an “identity and influenceable crisis ». And on Tiktok, they are immersed in an atmosphere of excessive superficiality and body worship: “Everything is done to be beautiful and envy others » denounces a youtuber, showing, as proof, the many comments about the users’ physique. Another setback: hypersexualization. Some users, in their race for likes, film themselves in their underwear, naked and ultra-masked.” (Paris Match Belgique)

Indeed, it is too early for this emphasis, which is already strongly criticized by young adults. It reinforces the message of violence and exploitation of women. These images remind us that in our society, women are still far too often considered as just a body, an object, a reward. They only highlight the physical aspect, the body and not the intelligence of the woman. The attitude of these young girls goes against feminist actions that fight for the respect and consideration of women.

“Hypersexualization is a worrisome phenomenon that contributes to sexual assault and violence against women. Indeed, a growing number of magazines, videos, calendars, toys, song stars, pornographic websites and advertisements of all kinds reinforce on a daily basis the message that the bodies of girls and women can be used, exploited, sold and attacked.” (Poirier. L; Garon. J, 2009, RCALACS)

In addition, these images accentuate the loss of self-confidence among young girls at ages when they are being built. They start to have complexes by taking as models retouched and fake bodies, often modified by surgery, and in poses emphasizing shapes. These girls and young women end up believing that the only perfect body is the one of social networks and celebrities: a slim elongated body with proportionate shapes, without any trace of the passing of time. If they don’t look like this body, the young girls don’t fit into a beauty model.

“Girls and teenage girls are under daily pressure from the media and their entourage. The message they receive is clear: they must be beautiful, sexy and sexually available. Many are led to believe that their only power lies in their appearance, and they will make daily efforts to access this physically perfect and sexy female model. By focusing on appearance, young girls become dependent on the appreciation of others and, as a result, highly vulnerable with negative consequences for their mental health.” (Poirier. L; Garon. J, 2009, RCALACS).

One of the major problems with this desire of perfection is that on networks, in our society, women are generally extremely thin. Many cases of anorexia or severe thinness have been discovered in young girls who are just beginning their puberty.

“This over-valuing of appearance and seduction as a way of relating to others also entails risks to the physical health of young girls, including eating disorders, the recurrent use of weight loss diets from an early age, drug and alcohol consumption, smoking, the use of plastic surgery and sexual relations. Studies have shown that even if girls are better in several areas, their self-esteem is lower than that of boys.” (Poirier. L; Garon. J, 2009, RCALACS).

In this quest for perfection for a better self-esteem, these young girls tend to forget or do not realize that these photos are visible everywhere, and that they have an audience that is sometimes malicious.

The increase of child online pornography

If you go to social networks such as Instagram or TikTok, you can read many sexual comments from adults about children. There is no real monitoring by social networks themselves. Only parents can try to control the visibility of their children’s publications. However, on the Internet, it is possible to hide one’s identity under pseudonyms in order to pretend to be minors. So, pedophiles start a seduction strategy called Child grooming. It is “befriending and establishing an emotional connection with a child, and sometimes the family, to lower the child’s inhibitions with the objective of sexual abuse. Child grooming is also regularly used to lure minors into various illicit businesses such as child trafficking, child prostitution, or the production of child pornography.”

“According to the British National Society for the Prevention of Cruelty to Children (NSPCC), 70% of the grooming methodologies revealed involve the use of a social network. With more than 32% of cases to its credit, Instagram is ahead of Facebook (23%) and Snapchat (14%). The survey reports that between 2017 and 2018, the use of Instagram for grooming purposes increased by 200%. Data collected on more than 5,100 cases of sexual communication between adults and children also show that girls aged 12 to 15 years are the favorite targets of groomers. These were chilling revelations in view of the great success of the application with teenagers and children.” (Slate.fr)

These child stars are mediatized because it has become a profession for them. If we take the example of Brianna Buchanan, a 13-year-old American girl who dropped out of school to work full-time on the TikTok social network, we realize that she is sometimes almost naked, dancing provocatively for her age and wearing makeup. She herself admits in a report that she sometimes receives sexual messages or photos from old men on Instagram and Snapchat.

“The person in charge of the UN investigation into the sexual exploitation of children, Najat Maalla M’jid, showed that there was a significant increase in the number of web pages identified. In 2014, she said that “child pornography is increasingly available on the Internet. The victims of online sexual exploitation are getting younger and younger and the images are getting more and more horrifying.” To combat cyber pedophilia, she adds that there is a need of a “strengthening international cooperation and the adoption of a common legal framework, as well as the active participation of the private sector.”” (Radio Canada)

Facebook and Instagram announced that they are removing 99.2% of content related to nudity or child exploitation on a daily basis, it is still difficult to dismantle the pedophile networks in the followers of these little girls and boys who simply think they are entertaining children their own age.

In conclusion

In the television or media like internet, sexualized images are increasingly present and trivialized. They can be found in movies, commercials, music videos or online videos. With this model of sexual perfection, it becomes normal for people to promote themselves on social networks by selling themselves as sexual objects. It has been shown that publications showing naked or sexy bodies are subject to greater public involvement, through likes, comments or sharing. As we have just seen, the two consequences of this wave of provocative and sensual publications are the hypersexualization of young people and the development of child pornography, already present before the arrival of social networks.

In a publication on online child safety, UNICEF says that the data collected suggest that the children most at risk of being manipulated and abused are pre-adolescents. They believe that at this age, children are often active users of the Internet, which allows them to “develop their self-image and their social, sexual and emotional identity ».

It is difficult to determine the number of individuals manipulating children online because, according to UNICEF again, this activity is not a criminal offence in many countries, constituting a considerable problem in terms of knowledge of the issue, but also in terms of child protection.

To combat this cyber pedophilia, mechanisms such as Interpol have been put in place. They constitute databases of images of child victims of paedophilia around the world, in order to identify and find them more quickly. However, these methods are still insufficient today to stop all line manipulations, hidden behind fake names and profiles. A more effective way should be found to detect who is behind these accounts more quickly, and follow up on the followers of these young girls who are posted pictures and videos of themselves on the web.


Pauline Gauer

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