Les jours heureux, Chapitre 3 – JUILLET (1998)

JUILLET (1998), le titre d’une chanson de Fauve et le début de ma vie. Cette vie qui oscille entre beaucoup trop de choses à gérer pour un si petit cœur, mais ça va. JUILLET (1998), c’est une histoire pour l’instant sans fin, mais qui en aura une. C’est un mélange de vérité, et de beaucoup de rêves. C’est la sincérité et l’invention. C’est des sourires et quelques pensées tristes, qui naissent au fur et à mesure que je cligne des yeux. On verra ce qui se passera, on verra ce qui arrivera. Mais de toute façon, « C’est pas grave ce soir rien peut me toucher. Je flotte au dessus du sol les planètes sont alignées. »


Le sud,

J’ai déjà trop écrit sur cet endroit où l’on brûle dans l’herbe, avec Biscuit qui dort à côté. Biscuit c’est mon chat, et il est pas très intelligent mais c’est pas ça qui compte. Il se met au niveau de mes soeurs disons.

J’en ai passé du temps là-bas. C’était bien à une époque, depuis mon arrivée à trois ans, jusqu’à l’entrée au collège. Et là, ça devient de nouveau bien. Avec le temps et les kilomètres, on fait le tri sur les gens qui nous apportent quelque chose dans cette vie, et les autres. Il reste quelques personnes à qui on écrit des cartes postales chaque année, et qui les gardent dans une boîte depuis 10 ans.

Je ne sais pas de quoi parler. C’est le début de Juillet 1998. D’un amour qui a fané au fil du temps et qui s’est pris les pieds dans des barbelés. C’est les aller-retours tous les week-ends et les balades en forêt. Des nuits blanches au téléphone ou à danser en silence. Mais bizarrement, ça ne me manque pas tant. Peut-être parce que je sais que quoi qu’il arrive je reviens à cet endroit, au point de départ sur la carte de mes jours.

Il y a des phases de ma vie que je pensais importantes, mais avec tout ce que je vis depuis, je crois que j’ai oublié. Pas forcément des choses tristes, mais plutôt comme des aires d’autoroute un peu nulles, sans jeux pour enfants, et sans restaurant.

Là-bas, j’ai mes carnets. Ils sont empilés sur un mètre environ, dans un coin. Ce sont des voyages, des vacances à la mer et des secrets de primaire. Des photos de papillons et des herbiers. Déjà l’envie d’écrire. Je ne sais pas si les gens qui étaient avec moi en CE1 s’en rappellent, mais j’écrivais des histoires. Tout le temps. On avait la meilleure maîtresse du monde, qui nous poussait dans la vie à faire les choses qu’on voulait. Elle savait que j’écrivais des livres, un peu nuls de dix pages avec des dessins et des paillettes, et elle me laissait les lire à la classe quand on avait fini nos exercices. Sans elle, j’aurai peut-être moins continué tout ça. J’aurai peut-être fini par me dire que j’aimais les maths.

C’est dans ces années-là que j’ai commencé le théâtre. Avec les copines, qui se remplaçaient au fil du temps. J’y suis restée dix ans. La scène, c’était ma deuxième maison, tous les mercredis, le relâchement de la pression des cours de grammaire en CM1, et des cours de physique en Seconde. Dans ces années-là, il y avait un garçon dont j’étais folle amoureuse. On s’écrivait tous les jours. Il me parlait de ses étés à surfer sur la plage. Je jouais sa femme au théâtre, je crois que c’était le moment du spectacle où nos émotions étaient les plus sincères. Puis, il a arrêté un jour sans raison, et je n’ai plus jamais eu de nouvelles. J’ai essayé de le retrouver mais je n’avais pas son nom de famille, alors j’ai abandonné. Peut-être qu’un jour on se croisera au détour d’une rue.

Je suis une amoureuse inconditionnelle. De tout. Des gens, des moments, du vent sur la peau et des rires dans le salon. Des larmes sur un balcon, avec les cigales en bruit de fond. Je crois qu’il y a des choses qui me manquent, mais j’ai peur de les perdre en essayant de les retrouver.


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Pauline Gauer – Juillet (1998)

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