« Le futur est né en 98 » – Interview avec Wallace pour la sortie de 98

Il est 5h40. C’est pas très dur de se lever tôt un dimanche en fait, c’est même agréable, cette douce impression qu’on se lève pour faire quelque chose de grand. L’idéal c’est d’être en avance. C’est pas moi qui le dit c’est Sun Tzu dans l’art de la guerre. Parce que ça permet d’étudier le terrain de la bataille avant l’ennemi.
Dans le premier projet de celui que je pars rejoindre, il y a cette idée de bataille finale qui commence.
Général de la troupe de ses supporters du début, je le rejoins pour compter les troupes et établir la stratégie. J’écoute le projet pas encore sorti depuis un moment. Au moment de me motiver, j’écoute « fautlfaire » qui tape précis et juste comme un hymne pour notre génération. Je note une question à ce propos à lui poser. 

Le train part à 7h24 de Dijon. Je connais le trajet par coeur. Un bébé pleure. Paris. Je rejoins Wallace chez lui, j’achète du jus de fruits, il est passé dans une boulangerie. On parle pendant plusieurs heures avant de commencer l’interview. On projette un plan, comme un mantra : contourne le jour, détourne la nuit.

Les dieux de la guerre nous regardent tous, au moment de se lever tôt pour découvrir 98, son tout premier projet en solitaire. 

Cette interview, longue, est comme une discussion intime de deux déjà vieux amis. Wallace y confie ses angoisses, ses ambitions, ses tourments de créateur. Il y évoque ses sujets de révolte et aborde la question de l’intimité dans l’art. Il parle de ses parents, à qui il veut rendre justice. Entrée en matière, lunettes sur cagoule, influence Proust sur grosses prods, skate qui frôle le bitume de la capitale, mots précis, images claires, clairs obscurs. 

Quitte à y laisser des plumes, il vient de graver l’empreinte de la sienne. 



Arthur : Bonjour Wallace, comment tu te sens à quelques jours de la sortie de ton premier projet, 98 ?

Wallace : Je crois que je me sens vide. Là je suis dans la période de transition entre : j’ai hâte, j’ai peur, je stress, j’ai envie, pas envie. D’un côté j’ai envie de voir ce que les gens vont en penser même si moi je pense déjà quelque chose de mon projet et c’est le plus important. Je me sens vide en attendant que quelque chose me remplisse.

Arthur : Vide comme vidé de ce que tu avais à dire ?

Wallace : Oui c’est comme quand tu passes une nuit à vomir. Le lendemain tu sais que ça ira mieux.

Arthur : Il y a cette idée de vomir son seum sur certains morceaux.

Wallace : C’est exactement ça. Je pense que la base de la création c’est quand-même de vomir son seum. Essayer de lâcher tout ce qu’il est possible de lâcher. Que ça soit des émotions des ressentis : le bonheur, la joie, la peine, la haine, la colère, la tristesse, l’angoisse. Je pense que vomir son seum c’est plein de choses à la fois.

Arthur : Qu’est ce qui te met le seum à toi justement ?

Wallace : Je pense que ce qui me met le plus en colère, ce qui me met le plus le seum, ça reste l’injustice sociale. Je viens pas de Paris à l’origine et de voir le changement, tout ce qui diffère de chez moi à la campagne à SLN et ici, tu vois énormément d’injustices, comme les sdfs dans la rue. Toutes les injustices sociales, peu importe ce que c’est, ça me touche.

On peut le dire, on est en 2019, en vrai tous les hommes sont sensibles, je pense que je le suis énormément. Oui, l’injustice, ça me touche.

Arthur : Justement c’est une idée qui revient dans ce projet, tu “réfléchis trop pour un mec de 20 piges”. Il y a des choses qui te révoltent, il y a des choses qui m’émeuvent, c’est quelque chose qui habite et anime ce projet, de bout en bout, il n’y a pas un morceau où la sensibilité n’est pas une pièce maîtresse. Je pense que ça avec toute la malhonnêteté du monde on ne peut pas passer à côté.

Wallace : On ne peut pas passer à côté, je pense que c’est moi. Je pense que c’est ce qui m’anime le plus. L’injustice, le fait d’en parler, de le dire et même de le penser. Sauf qu’en fait, quand ça te touche trop, quand tu commences à penser à l’injustice, tu vois de la haine partout. Tu t’inflige un climat mental qui est peut-être pas le meilleur. Tu te rends compte que t’as de la chance par rapport à d’autres, tu te dis “mais j’ai pas envie de les laisser comme ça” mais en même temps t’es impuissant parce que c’est pas toi qui dirige.

Comme je le dis dans Rooftop, “Je suis pas l’homme à changer le monde” mais je pense que rien que d’en parler c’est important et c’est quelque chose qui m’anime profondément.

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Arthur : Il y a de la lucidité. C’est une réflexion qui est très large, qui se traduit sur plusieurs supports chez toi. Je sais que l’écriture est quelque chose qui compte énormément pour toi. Le temps long de l’écriture t’intéresse. Tu es tenté par l’écriture d’un plus long projet, 100 pages, 200 pages, 1000, une somme, une thèse ?

Wallace : On en a déjà beaucoup parlé ensemble. Oui c’est quelque chose qui m’intéresse. Après est-ce que je serai capable de le faire ? Je crois pas. Enfin, peut-être un jour remarque, quand je serai plus “mature”. Mais oui c’est quelque chose qui m’anime, écrire quelque chose de plus long.

Arthur : De toutes façons c’est prévu qu’on fasse ça tous les deux, on va arrêter de faire semblant.

Wallace : Aha. Bah oui. Comme on a dit. Mais oui quelque chose qui prend du temps à écrire, et puis du temps à lire. Je pense que ce qui est le plus marquant c’est ce qui te prend à coeur longuement. L’amour par exemple. L’amour c’est long et c’est marquant parce que ça dure même après la fin.

À la fin de chaque amour tu ressors traumatisé, tu ressors grandi.

Un bon livre c’est un livre qui prend longtemps à lire et qui te marque. Proust hein.

Arthur : Ouais Marcel Proust c’est quelque chose qui t’habite. Tu as l’inspiration large, ça va de Boby Lapointe, Georges Brassens, aux côtés des rappeurs que tu as saigné, en revenant à Flaubert, Sartre, Camus.

Wallace : Oui. Il y a un livre qui m’a traumatisé récemment, c’est L’Oeuvre, de Zola. Je me reconnais, c’est l’histoire d’un artiste qui est en train de péter un plomb dans sa vie. L’envie, et c’est même plus de l’envie, c’est la névrose de réussir. En fait tu te mets à sa place et tu te dis, “est-ce que je devrais pas me suicider maintenant moi aussi ?” À Quoi ça sert ?

Est-ce que c’est la vie de se tuer pendant 50 ans pour une cause que tu maîtrises pas, parce que je pense que tout ça nous dépasse. Ceux qui ont réussi ça sont des gars qui étaient complètement habités, dans leur truc. Je pense à plein de gens, Fabrice Luchini par exemple.

Arthur : Habités par la grâce.

Wallace : Oui, ils vivent pour ça. C’est incroyablement intéressant. Ça fait peur aussi. Tu te dis : “Est-ce que je nique pas ma vie pour une cause qui me dépasse ?”

Surtout à notre âge, on est jeunes, on devrait vivre beaucoup plus de choses. Même, on devrait accorder plus d’importance à l’ennui. Chaque artiste, chaque mec sensible a peur de l’ennui, a peur de penser à rien.

Arthur : Alors que c’est un beau lieu, l’ennui

Wallace : Je pense que c’est trop important. Mais là, actuellement, on est incapables de le faire. On a des outils qui permettent de combler l’ennui, au point de se perdre soi-même.

Arthur : Là on a passé la barre du très abstrait, on va revenir au concret, avec le visuel. C’est quelque chose qui compte énormément dans ton processus de création. Tu réalises, tu montes. Qu’est ce que ça veut dire, qu’est ce que ça t’apporte, qu’est ce que ça t’apprend même, sur ta façon de créer à toi ?

Wallace : Alors, étonnamment, je crois que ça m’apprend à être rigoureux. Ecrire ça demande d’être rigoureux aussi, mais là c’est presque physique, c’est du puzzle. Je peux te montrer les rushs de DSGN (en feat avec Eden Dillinger, ndlr) qui sort le 08. Un puzzle. Ça te pousse à être le plus carré possible, le plus clair dans ce que tu veux montrer. C’est de l’image, tu peux ne pas être clair dans un vers, une line et chacun l’interprète comme il veut, peu importe si c’est clair pour toi. L’image c’est directement clair. C’est hyper important pour moi. Il faut que ça colle au processus créatif général de ma musique.

Même si on a peu de moyens, on fait les choses comme on peut. J’essaye de développer quelque chose de différent et de bosser ça un max. Ce qui m’intéresse c’est de penser, c’est les scripts, les 10 000 choses loufoques qu’on peut faire dans un clip. Avec de l’argent ou sans argent.

Trouver les petites choses qui permettent de rendre ça vrai et différent. C’est ce que je rechercher dans l’image et dans le son : être vrai. Ça me permet de me découvrir moi, de fouiller.

Arthur : Entre le visuel et l’écriture, entre le concret et l’abstrait, il y a ce projet, 98. 98, c’est notamment l’année de ta naissance, qu’est ce que tu as voulu symboliser en appelant comme ça ton premier projet ?

Wallace : Alors c’est très bizarre, mais j’ai même pas une idée qui est concrète là-dessus. L’année de ma naissance oui, mais je crois que c’est même pas le principal. Je pense “98”, parce que c’est une génération. Tu vois, c’est très bizarre, mais ça a commencé avec la coupe du monde, la première étoile sur le maillot. Ça a été quelque chose de très important pour la France entière. Comme l’année dernière.

“Ce titre, “98” c’est l’image d’une génération qui va devoir changer quelque chose.”

Arthur : C’est ce que tu dis d’ailleurs sur “fautlfaire”. On a l’impression que c’est un peu le son de cette génération “98”. Tu dis “Le futur est né en 98”

Wallace : Le futur est né en “98”. Parce que je pense que c’est à nous de tout changer maintenant. Il y a tellement eu de merdes faites par les générations précédentes.

Je pense que l’engrenage est lancé et que c’est inarrêtable, je suis profondément pessimiste là-dessus, mais je pense que c’est à notre génération de montrer un nouveau visage au monde entier. Arriver à renverser les codes. On est né dans les codes politiques, sociaux, socio-culturels, musicaux, artistiques. Je pense que c’est à nous de changer ça et d’amener notre patte.

Arthur : Il y a des indices dans ce projet. De quoi 98 est il la première fois pour toi ?

Wallace : C’est la première fois que je suis content d’avoir fini quelque chose et à la fois je suis triste de l’avoir fini. C’est très bizarre à expliquer. C’est la première fois que je concrétise quelque chose qui vient de mes tripes. Je sais pas peindre, je sais pas dessiner. Rien que visuellement parlant, la cagoule avec les lunettes, je crois que c’est la première fois que je concrétise ce que j’ai pu vomir.

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Arthur : J’ai l’impression que la création a longtemps été un universel qui se faisait intime, et que là on repasse à un intime qui se fait universel. Est-ce que tu es d’accord avec cette idée-là ?

Wallace : Je crois que je suis complètement d’accord. Je pense que c’est comme un entonnoir, comme une pyramide. L’universel mène à l’intime comme la pyramide. L’universel c’est tout ce qui est en bas, donc ça va du plus large au plus petit. On est nés dans des codes qui menaient à se reconnaître en eux, à droite, à gauche. Et en fait je crois que maintenant c’est l’inverse, la pyramide elle est à l’envers. Maintenant ça part de l’intimité profonde quelqu’un pour aller vers l’universel. Les angoisses d’une personne font que les gens s’y reconnaissent, alors qu’avant on se reconnaissait dans des angoisses globales.

Arthur : Je pense que l’art a eu besoin à un moment de collectif, peut-être après les deux guerres.un besoin de parler à tout le monde. Alors que peut-être la poésie était, à l’image du rap, l’intime qui se faisait universel. Mais là on repasse à l’intime profond et au beau sur la douleur.

Wallace : Oui je pense que ça commence à se libérer, l’idée que tout le monde a des angoisses. D’ailleurs ça peut-être vite dangereux parce que tout le monde devient hypocondriaque. “Moi j’ai ci, moi je suis mal, j’y pense trop, je travaille trop”.

Ma vision du truc c’est que l’art part d’un profond sentiment de solitude de base.

C’est comme parler à un mur, mais ça va te faire du bien de parler au mur. Rien que parler. Et parfois il y a des oreilles derrière le mur, qui vont en parler ou qui sont juste là pour écouter.  La solitude mène au collectif, c’est comme ce qu’on disait avec l’intime.

Arthur : C’est un projet qui est intime selon toi ?

Wallace : Ouais carrément. En grande partie. Et si tu fouilles un peu tu peux te dire “il est malade ce type”.

« Peut-être que dans le prochain projet je m’arracherai la peau »

Arthur : Et c’était nécessaire cette dépoilade pour ne plus être malade ? Le montrer aux autres, ne plus le garder pour soi ?

Wallace : Bah je crois que je le suis encore plus. Parce que j’ai cherché à recracher tout ce qui m’angoissait là-dedans, ça me pousse à chercher ce qui m’angoisse encore plus. C’est creuser dans son propre inconscient, dans ses propres ressentis et dans son propre coeur en fait.

Il fallait se mettre à poil, si c’était le moment où le faire, je l’ai fait. Peut-être que dans le prochain projet je m’arracherai la peau et il n’y aura que ma chair.

Arthur : Il y a l’idée de se faire mal dans ton processus de création j’ai l’impression, c’est indissociable ?

Wallace : Carrément. Je me fais mal mais c’est un peu du sadomasochisme, je me fais du bien en même temps. Je pense, je ne sais pas, je me suis jamais scarifié ou quoi que ce soit, mais je pense que quand un gamin se scarifie, il se fait du mal pour se sentir vivre.

Moi je crois que c’est ça. Je crois que je fais de la musique pour me sentir vivre.

Et ça me fait mal de faire de la musique parce que pour moi il faut que ça soit vrai et que je dois exprimer tout ce que je ressens. J’en garde une toute petite partie dans mon sac.
Mais oui, c’est un peu le plaisir de se faire du mal. Ça m’a emmené là, tu vois j’aurai pu dire que je vendais de la drogue, que j’avais des flingues, que j’avais grandi dans la cité, alors que pas du tout. J’ai grandi à la campagne, au milieu de gens qui souffrent, de gens heureux, de riches et de pauvres.

« Je devais trouver un tout parce que j’ai grandi au milieu du rien. »

Arthur : Qui est ce que tu as cherché à tuer ou qu’est-ce que tu as cherché à tuer avec ce projet ?

Wallace : On en revient au même point. Je me suis tué moi pour me redécouvrir ou pour me faire renaître. Tuer l’ancien moi pour trouver le nouveau, trouver ce que j’ai envie de dire, ce que j’ai envie de faire.

Je suis un mec profondément indécis.

Arthur : J’ai l’impression que quand tu crées quelque chose, 10 minutes après c’est périmé.

Wallace : C’est périmé ouais. C’est infini. En cherchant on peut toujours trouver des nouveaux trucs dont il est impossible de se satisfaire. Tout s’enchaîne.

Arthur : J’ai l’impression que malgré un rapport d’attirance répulsion pour l’argent, qui est très présent dans le projet, notamment avec la question des inégalités, j’ai cette impression persistante que tu honnis l’embourgeoisement. L’oisiveté, l’inactivité, même si elles ne vont pas forcément avec l’argent, on rapproche souvent tout ça.

Wallace : Je crois que je respecte les gens qui arrivent à s’ennuyer parce qu’ils ont de l’argent. Mais je ‘n’arrive pas à l’entendre par rapport à ceux qui n’ont pas le temps de s’ennuyer et qui en plus ne pourront jamais emmener leurs gosses à la plage. Je ne suis pas un bourgeois, je peux l’entendre pas le comprendre.

Je peux le respecter, l’embourgeoisement, mais je crois que je profondément attaché aux gens qui ont trimé toute leur vie.

Mes parents ont trimé toute leur vie. Peut-être que je vais trimer toute ma vie, je ne sais pas où je serai dans 10 ans. Je trime déjà, je trime déjà pour ne pas avoir à trimer plus tard, pour que mes parents n’aient pas trimé pour rien.

Arthur : Leur rendre justice ?

Wallace : Exactement. Comme je le dis sur ce projet, je peux pas changer le monde. Mais si je peux au moins rendre l’honneur à mes parents qui ont trimé toute leur vie pour me faire bouffer, c’est mon but principal. Faire mentir l’injustice.

Je suis fier de ce que je fais, 98, j’en suis fier, c’est beaucoup de travail. J’y ai pensé tout le temps, H24, comme c’est dit dans L’Oeuvre de Zola, dans ma tasse de café, je bouffe du travail, dans mes spaghettis, dans mes draps, du travail.

Arthur : très bonne réponse, qui m’amène à ne pas te poser cette question, qu’est ce qui t’anime le matin, parce qu’on a compris à l’instant, que c’était sans doute, un goût, un appétit, une insatisfaction, une gourmandise.

Wallace : Carrément. Je crois que je suis gourmand du futur. Je suis gourmand de savoir ce qui va se passer.

Arthur : On va parler de gourmandise culturelle, si tu devais nous conseiller un livre, on en a déjà parlé au cours de cette interview ?

Wallace : Du côté de chez Swann, de Proust. J’ai même pas lu le reste de la Recherche (du Temps Perdu, ndlr). J’attends d’avoir appris sur moi avant de lire la suite. Ça m’a traumatisé. Je le conseille même si c’est complexe, quitte à le relire. On en apprend tellement sur le Temps, l’art, la vie, la mémoire. Tu te sens petit, c’est tellement grand.

Arthur : On parlait de visuel aussi, un clip, un film, récemment ?

Wallace : En clip, dernièrement, 21 Savage – A Lot, le clip est incroyablement beau. Je pense à l’exposition Van Gogh à l’atelier des Lumières. Je suis inspiré par plein de trucs. Caravage, je suis de ouf inspiré par ce mec, enfin, nourri plutôt. Clair obscur, je me dirige vers cette direction artistique. Triste mais avec de l’espoir. Angoissé mais heureux de vivre. Caravage c’est ça, du sang avec des zones de lumières.

Arthur : On se rapproche du Rage & Hope, je crois que c’est une matrice.

Wallace : Exactement, Kurt (Kurt 20:20, très proche de Wallace, dont le premier projet, Noir Ivoire est disponible depuis le 1er février, ndlr) c’est ça aussi qu’il a voulu faire passer. En temps qu’artistes, on a tous un coeur manichéen. Je suis bien, je suis mal. Je veux, je veux pas. C’est beau, c’est pas beau. L’art, c’est définitivement être dans l’indécision. C’est une proposition.

« L’art c’est définitivement être dans l’indécision. »

Arthur : Un postulat artistique, une Direction Artistique, de l’intimité, des lines, des prods, de la curiosité, de l’envie, il y a tout ça sur ton premier projet, 98 qui sortait ce 8 mai.

Wallace : C’est un cabinet de curiosité.

Arthur : Question rituelle pour finir. Tu es familier du processus. Qu’est ce que t’évoque la Première Pluie ? 

Wallace : Aha, j’avais déjà répondu à l’époque. J’avais répondu : “C’est l’annonce d’un futur beau temps”.

Je crois toujours à cette réponse. Je peux rajouter, que c’est l’annonce d’une deuxième pluie. Parce qu’après une première, il y en a forcément une deuxième, comme dans la vie, renouvellement permanent.

Arthur : Est-ce qu’on peut comprendre, si on peigne nos moustaches d’inspecteurs et qu’on sort nos meilleurs loupes qu’il y aura bientôt autre chose après 98 ?

Wallace : Bien sûr. Je suis déjà dessus. Je suis prêt pour la guerre. Je suis armé.


98, le premier projet de Wallace Cleaver est disponible sur toutes les plateformes depuis le 8 mai. 



Arthur Guillaumot

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