Kelvyn Colt : LH914, un vol vers le succès

Photo de couverture : Alexandre Blondeau.

25 ans, et déjà auteur, rappeur et globetrotter. C’est la vie de Kelvyn Colt, et elle ressemble à un film. Tout commence en Allemagne, où il naît dans une famille germano-nigérienne. Élevé sous des influences musicales telles que 2pac ou Kid Cudi, il grandit à Wiesbaden, une des plus grandes bases militaires américaines d’Europe, où il apprend à parler anglais. C’est d’ailleurs impressionnant à quel point Kelvyn n’a pas d’accent allemand.

Le film continue : contre toute-attente, le jeune rappeur abandonne ses perspectives d’études dans une excellente école de Droit à Berlin, et prend un vol aller simple pour Londres. Le vol LH914, nom de son premier EP sorti en novembre 2017. Pour lui, c’est le vol de sa vie, sa chance de tenter l’impossible et de vivre de la musique.

Esprit de globetrotter, Kelvyn voyage entre les capitales : Berlin, Londres, New York et Los Angeles. Elles métissent sa musique et lui font prendre de l’assurance.

Kelvyn Colt, c’est un mélange de pays, d’origines et de styles. Rap, R&B, Grime, Dancehall, et quelques influences américaines définissent ses morceaux.

LH914 lui offre un nom dans la ville de Londres, puis deux passages sur Colors, un studio allemand devenu une plate-forme musicale pour des artistes du monde entier. Leur but : promouvoir des artistes uniques et originaux en prônant le respect de la différence. Le clip Colors Show de « Bury me alive » dépasse le succès espéré et compte aujourd’hui plus de 5,6 millions de vues.

En 2018, une année après la sortie de son premier EP, il en sort un deuxième, plus personnel. Ce projet, Kelvyn l’appelle « Mind of Colt ». Il parle de lui, de mal-être et de troubles mentaux dont il n’avait jamais parlé avant.

Cette souffrance, on la retrouve d’ailleurs dans ma chanson préférée de l’album « Love&Hate ». Il exprime sa souffrance et son envie de quelquefois en finir, faisant des allusions à des géants de la musique comme Kurt Cobain. Calmement, il parle de son anxiété et de la banalité de la vie.

Côté visuel, il soigne ses créations. Il ne se contente pas d’un simple clip où il chanterait les paroles devant un fond blanc. Ses vidéos sont originales, créatives et souvent engagées. Il s’entoure de réalisateurs talentueux tels que DAVUD, Hamish Stephenson ou Esteban. Pour sa chanson « Down Like Dah », il écrit et réalise un clip où il se montre dénudé autour d’autres gens dénudés, ou complètement fou.

Belle carrière qui commence pour Kelvyn Colt. Il intègre en 2018 le label musical Empire, qui signe avec des grands artistes : XXXtentacion, Tyga et Kendrick Lamar.

En février dernier, il publie sur YouTube et les plates-formes de téléchargement une chanson live du nom de « Mama ». Il parle de sa perte en chemin dans la vie, il raconte à sa mère comme tout se passe. Touchant comme toujours. En espérant qu’il continue à se perdre si cela lui permet d’écrire des merveilles.

« Mama, I’ve lost my way, I’m almost your age. I’ve lost my way. »


Pauline Gauer

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