Grèce : Pauline – Carte Postale

Chers amis de Première Pluie, nous approchons de la fin du mois de mai 2019, et je suis en Grèce, pour quelques jours. Je suis partie des Pays-Bas, avec deux amis anglais, une brésilienne et deux grecs. C’est d’ailleurs chez l’un d’eux que nous logeons : les avantages d’ERASMUS. J’étais déjà venue ici, à Athènes. Mais cette fois-ci tout est différent. Nous dormons chez Thanasis, dans un appartement du deuxième étage, avec la vue sur la banlieue de la capitale. Vie locale et accueil chaleureux. Je suis contente de vivre la vraie vie grecque. Celle où les discussions sont impossibles à comprendre si l’on ne parle pas la langue. Stin ygeia mas ! Ça veut dire “santé” en grec, ça reste utile.

Un soir, nous nous sommes retrouvés dans une rue remplie de bars, de gens, de bruits. Sur la table, du vin, du ouzo – pastis local – et tout un tas de viandes et de pains, à partager. J’avais discuté avec l’amie d’untel et le cousin d’une autre, me sentant plutôt intégrée au lieu, et à ce petit monde. J’ai goûté toutes les spécialités, à chaque endroit où nous sommes allés : nougat, souvlakis, et même les feuilles de vignes, que je me suis forcée à tenter de nouveau. Update : c’est toujours pas fameux.

Pour aller dans le centre d’Athènes, nous prenions le train. Les habitués fraudaient. Pas de places assises. Beaucoup de monde. D’autres jours, nous avions une voiture. La belle vie. Pour aller à la mer, dans d’autres villes autour, comme Naupli, ou pour surplomber le monde, un soir, une fois. En haut du mont Lycabette, une colline au milieu des immeubles. Il y avait la chaleur du printemps et la brise de la nuit. Les lumières de la ville. Des bougies d’anniversaire de gens que l’on ne connaissait pas.

Un autre soir, nous nous sommes retrouvés en boîte de nuit. Un moment que nos amis grecs avaient prévu en avance. Un genre de pass VIP, pas trop ce qu’on aime, et pas trop nos habitudes. Nous, c’était un peu plus l’ambiance des bars, où l’on dansait et rentrait en vélo. Après avoir fait tous les efforts vestimentaires du monde, avec ce qui se trouvait dans nos sacs à dos, nous avions quand même fini par être les plus gros ploucs du club, les seuls en baskets. ça a l’air d’être quelque chose ici, les soirées. Les filles et les garçons habillés mieux qu’au nouvel an. Des statues sur leurs talons aiguilles qui n’esquissaient un sourire que lors des photos. Drôle d’ambiance, mais sympa quand même dans le fond. Nous avions fini la soirée sur la plage, à croire que c’est une habitude.

Je ne pensais pas qu’il y avait de grandes plages aussi près d’Athènes. D’ailleurs, nous n’étions pas nombreux. La mer est belle, le sable moins. Il y a des tonnes et des tonnes de pailles en plastique qui s’entassent. J’ai passé vingt minutes à les ramener, jusqu’à ce que quelqu’un me crie qu’il n’y avait pas besoin de Green Peace ici. Malin, tiens. Je crois qu’il ont vraiment un problème avec le recyclage et l’écologie ici. Vous savez, ce sentiment que la personne à côté de vous annule tous les efforts que vous fournissaient. Vous n’utilisez plus trop de plastique et seulement une gourde, alors que votre coloc turque ne boit que de l’eau minérale de son pays dans des petites bouteilles de 33 cL à usage unique par paquets de douze. Véridique.

Pour revenir au voyage, nous avons fait tous les lieux touristiques, tous les recoins de la ville. L’acropole, les musées avec trop de vases antiques, les temples et les théâtres. Même le quartier des antiquaires où quatre ans auparavant, j’avais acheté un collier en perle que je n’ai jamais mis.

J’ai mangé beaucoup de glaces et pris quelques photos des gens et de leurs matins trop rapides. Une après-midi, nous nous sommes retrouvés au milieu d’une manifestation en mémoire du “génocide” du peuple grec par les turcs (1914-1923). Je mets des guillemets parce que le terme génocide employé par le peuple grec n’est pas encore reconnu par l’ONU et reste controversé. Mais je connais pas grand chose sur le sujet. Vous devriez aller faire un tour ici

Je savais qu’il restait de l’amertume dans les relations entre les deux pays, mais j’ai eu le sentiment qu’il y avait une rancœur immense, et un peu violence dans la manière dont tout était présenté. C’était étrange, je ne savais pas vraiment quoi penser. Nos amis grecs ne semblaient pas trop vouloir nous expliquer, et évitez pas mal nos questions.

Par contre, ils nous parlaient souvent de l’Europe, disant que c’était à cause d’elle que la Grèce ne se développait pas autant que prévu. Pourtant, les indicateurs économiques semblent tendre vers une amélioration depuis 2017. Et de mon point de vue de touriste, j’ai senti une nette amélioration depuis mon dernier voyage pendant la crise financière du pays. Ce qui reste fou, c’est cet abandon de tous les stades et aménagements ayant été installés pour les Jeux Olympiques de 2004, en bordure de ville. Sur les ponts au dessus des routes, il reste encore les banderoles et les inscriptions de l’événements. Plutôt drôle.

Au milieu de tout ça, je passe quand même de bonnes vacances. Un bol d’air frais, avec de la musique dans la voiture et des bons repas. Je n’ai pas parlé un mot de français depuis quatre jours. Nous avons fait un karaoké un matin à l’appartement. Ça m’a rendue triste. Mon ERASMUS est bientôt terminé, et j’ai l’impression que tout commence à peine.

Peut être que j’écrirais une autre carte postale sur la Grèce dans quelques années. On verra si des choses ont changé.

Je vous laisse avec la vidéo de ce voyage, on se voit bientôt,

Pauline Gauer

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