Les Pays-Bas à travers un vieux téléphone Alcatel : Série photo

Il y a ces jours où tout vous tombe dessus. Un peu par hasard sûrement. Ces moments de détresse intérieure, qui s’évade sous les larmes.

Dans ma vie, c’est blanc ou noir. L’exaltant bonheur qui succède au sentiment que l’on s’enterre chaque minute un peu plus. Puis l’inverse.

Mars 2019, une de ces phases dont on sort fatigués. J’avais décidé d’abord de ne plus utiliser mon téléphone. Je voulais prendre du temps pour moi, mes amis et surtout pour Première Pluie. Il fallait que je retrouve l’apaisement de vivre sans cette technologie, que j’avais expérimenté en Inde six mois auparavant. Ça fait très hippie bobo, mais je vous assure que ça calme tout.

J’ai alors arrêté de prendre mon téléphone dans les moments inutiles. Puis, j’ai fini par le casser. La veille de mon départ en Pologne, seule. Le destin, je crois.

Pendant le mois qui a suivi, je n’avais pas de téléphone. C’était une phase délicate : je devais trouver un master et régler beaucoup de choses, mais c’était devenu impossible pour moi de laisser mon numéro ou d’appeler qui que ce soit. Alors, après la pression parentale, je me suis lancée dans cet achat incroyable, celui que je ne regretterais jamais : un téléphone Alcatel 10.66, 4MB, au prix de 11€.

Ça a été l’extase. Le nouveau jouet à emporter partout, à montrer à chaque personne qui posait des questions, émerveillée. Des messages de 160 caractères, qui s’effacent au fur et à mesure. Une radio qui ne capte que lors qu’on lève le bras à la recherche de réseau. Une sonnerie de réveil des plus douces, le genre de musique Indie Chill que l’on retrouve sur les playlists Spotify. Pas du tout. Et puis, pas de jeux. Aucun. Nada. Snake a quitté la partie. Et le démineur est allé s’enterrer ailleurs.

J’adorais ce téléphone. Petit. Indestructible. Avec une batterie qui dure plus longtemps que ma propre vie. Et surtout, un appareil photo. Mais nous y venons.

Cette année d’Erasmus aux Pays-Bas, je voulais l’immortaliser en permanence. Photographier les gens, les endroits où j’allais et toutes les petites habitudes qui me manquent aujourd’hui. J’ai pris une première photo et c’était moche. Alors j’ai continué.

J’ai eu envie d’immortaliser ce quotidien à travers des photos relativement nettes et relativement belles. Il y a des moments que je n’aurais jamais photographié avec un smartphone. Ça me servait d’excuse. Ça amusait les gens. Et un jour, je me suis dit que j’en ferais une exposition.

Mais d’abord, j’aimerais vous partager ce mois de vie étudiante, aux Pays-Bas. C’est aussi une façon de raconter mon quotidien là-bas, de mettre des images sur cette vie qui n’existe plus. L’histoire commence.

Puis le rachat d’un téléphone, et ces photos de qualité sur ma carte mémoire.

Joli souvenir.

@+


Pauline Gauer

 

 

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