Vienne : Diego – Carte Postale

Contexte et Intro

On est vendredi quand commence cette histoire, il est 7h30 et je dois être en cours à 9h. 

Une pauvre matinée de classe à passer avant de quitter la France et d’aller photographier la capitale autrichienne, Vienne. 

C’est pas la demi-journée la plus motivante de l’histoire donc pas le réveil le plus agréable. Encore à moitié endormi j’ai un éclair d’intelligence : Il serait franchement malheureux de n’avoir pas rechargé ma batterie d’appareil photo pour la journée qui s’annonce, pour la deuxième partie en tout cas. Franchement fier d’éviter un bête piège qui, avec l’oubli de carte SD, rôde constamment et quotidiennement autour de moi. Puis un drame : pas assez de lumière dans la pièce, un orteil contre un bout de lit, le chargeur qui s’éclate sur le sol. Chargeur pété, départ en cours dans 5 minutes, départ pour l’Autriche dans 4 heures. 

 

Voyage

Depuis Lyon, pour aller à Vienne, le plus simple et rapide est de prendre l’avion. 

En effet si tu veux y aller en voiture il y a un obstacle assez imposant qui va s’offrir à toi dès le départ et tripler la durée de ton voyage, les Alpes.

Mais l’avion il s’en fout des Alpes, mais alors royalement. L’avion il prend l’obstacle, il le regarde dans les yeux, il lève juste la patte, l’enjambe, puis lui crache du Kérosène dessus avec dédain.

 

 

Dans l’avion, en ce vendredi 25 Octobre, j’apprends une super nouvelle : Demain c’est la fête nationale Autrichienne, notre 14 Juillet. Cette année, c’est un samedi.

Putain ce que ça aurait été chouette d’arriver pour un weekend au hasard dans une capitale et d’y trouver une fête nationale à photographier. Ça AURAIT été chouette. Car le plan n’était parfait qu’au passé, un passé proche qui correspond à l’époque ou j’avais un chargeur pour ma batterie d’appareil photo, un peu plus tôt dans la journée.

L’histoire s’est donc réécrite avec un nouvel élément qui change beaucoup de choses. On a maintenant l’histoire d’un gars qui arrive dans un pays étranger à une heure ou les magasins dorment, une veille de fête nationale / jour férié, une avant veille de dimanche, jour sacré où Dieu ne vendit aucun chargeur d’appareil photo à quiconque.

Il me reste 15% de batterie, à économiser précieusement jusqu’au Lundi.

 

Samedi National

En Autriche, la fête nationale est donc le 26 Octobre. Ce jour correspond à l’adoption, en 1955, de la loi sur la neutralité autrichienne.

Les similitudes avec notre 14 Juillet sont nombreuses. L’armée est mise à l’honneur, le drapeau également. On fête le pays, on tente de réunir un peuple sous un nationalisme qui, en ce jour, ne rime avec racisme que linguistiquement.

Ce qui diffère, c’est la considération du peuple pour ces militaires qui a l’air bien meilleure que dans notre Hexagone. Les ballons pour enfant vendus ce jour là sont en forme de voiture de police, de tanks ou d’hélicoptères de l’armée. Chose qui étonne, qui dans mon esprit de français me paraît étrange, voir malsain. Des enfants visitent des chars d’assauts garés devant l’architecture impériale, magnifique et impressionnante de la ville.

Les parents prennent des photos de leurs pré adolescents avec les commandos spéciaux, spécialisés pour tuer des gens d’habitude. Camouflés à ne pas l’être en ce jour national ou ils se pavanent au soleil.

 

La plupart des policiers / militaires / forces de l’état que j’ai croisé en cette journée étaient plutôt sympathiques. Semblaient avoir une relation apaisée avec la population.

Il n’y a pas de constat à en tirer, ce jour est exceptionnel et pas forcément représentatif d’une entente parfaite entre la population Viennoise et ses forces de l’ordre. Surtout lorsque l’on voit régulièrement « ACAB », formule internationale donc explicite, écrit sur les murs de la ville.

 

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Autre différence et singularité, ici à Vienne, plusieurs institutions d’état font des portes ouvertes le jour de la fête nationale. On a donc pu visiter le palais dans lequel vit la chancelière autrichienne (Brigitte Bierlein), ce qui correspondrait à l’équivalent de Matignon chez nous.

La chancelière est également disponible pour serrer des mains et prendre des photos si vous avez envie de faire une queue d’environ 45 minutes, que nous n’avons pas fait.

Aucun magasin d’électronique ouvert. Quelques photos prises et une batterie en état critique.

 

Dimanche Impérial

L’Autriche est un pays phare dans les derniers siècles de l’histoire de l’Europe. Un pays qui a connu des dynasties monumentales, un pays qui a possédé un grand empire.

Le personnage le plus « mainstream », ou connu de cette histoire est Sissi l’impératrice d’Autriche, Elisabeth de Wittelsbach de son vrai nom.

Sissi fut rendue célèbre, à l’époque, par sa beauté, sa singularité, et son assassinat au bord du lac de Genève. Aujourd’hui, c’est grâce à la série de films « Sissi Impératrice », où elle fut incarnée par Romy Schneider dans les années 50, qui lui donne cette notoriété gigantesque.

Sissi logeait dans deux résidences à Vienne. L’une d’entre elle est un château en banlieue, le château de Schönbrunn.

Un magnifique bâtiment entouré d’immenses jardins. Une sorte de Versailles ou elle préférait passer son temps que dans son autre résidence, le palais de Hofburg, situé en plein coeur de la ville.

Fin du dimanche, le jour ou les magasins n’ouvrent pas. Plus de batterie dans l’appareil photo.

 

Lundi Photographie

C’est mon dernier jour ici et je me suis réveillé à une heure stratégique, j’ai un plan.
Je dois être le premier client d’Autriche à acheter un chargeur de batterie d’appareil photo aujourd’hui. Le premier.

Le magasin d’électronique ouvre à 9h, j’y suis à 8h55, il ouvre plus tôt que prévu. Le magasin est énorme, je cours partout et à 9h j’ai mon chargeur. Une batterie d’appareil photo ça met un peu de temps à recharger, alors dans mon plan j’ai fait une croix rouge sur la matinée.

Je pose mon appareil photo à l’appart, passe une matinée aussi frustrante sinon plus que les deux jours précédents, puis reviens chercher mon appareil photo vers midi.
Le plan était sans accroc, le plan s’est passé comme prévu et il me reste 4 heures de soleil, quelques unes de nuit ensuite, pour photographier une ville qui me fait de l’oeil depuis bien trop longtemps maintenant.

La journée passe bien trop vite et le soleil croit déjà devoir ouvrir le 21ème chocolat de son calendrier de l’avant. La nuit s’écrase sur ma gueule avec la fatigue des 20km de marche journaliers du weekend précédent, mais frustré plus que fatigué je décide de ressortir dans la nuit pour en finir avec ces monuments magnifiques.

Mon truc c’est pas d’écrire des cartes postales au dos des photos basiques de documents. J’ai préféré vous envoyer mes cartes postales pour finir tout ça, photos sans textes d’une journée trop courte, pas assez ensoleillée, tout à fait stimulante et créative.

Diego Z

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