« Cet album m’a fait beaucoup de bien » / Pomme, Interview

Claire Pommet a 23 ans, elle se fait appeler Pomme, sur scène et sous la plume. Plusieurs réinventions après ses débuts, elle s’est fait une place unique sur la scène française. Une délicatesse en mouvement perpétuel, une douceur qui gronde. Une tête qui bourdonne d’idées et un coeur qui déborde de sentiments. Son deuxième disque, les failles, est un lieu intime et délicat, cabane magique, où les failles sont sont parfois des passages secrets. Discussion.


Arthur : Il t’a fait du bien cet album ? 

Pomme : Oui, il m’a fait beaucoup de bien. J’ai pu être qui je voulais dessus. Il n’y a plus d’image lissée, parfaite. J’ai pris quelques contre-pieds. Je ne sais pas si tout le monde s’attendait à y entendre l’anxiété, à m’entendre raconter mes failles. 

De quoi ce deuxième album, les failles est-il la première fois ? 

les failles, c’est la première fois de beaucoup de choses. C’est la première fois que j’écris et que je compose toutes les chansons d’un projet. Pour mon premier ep, (En cavale, paru début 2016, ndlr) ce n’était le cas que pour une seule chanson. Pour le premier album, (À peu près, 2017, ndlr) je l’avais fait pour 3 ou 4. Cette fois ci, sur les failles, j’ai écrit et composé toutes les chansons.

J’ai aussi co-réalisé et co-arrangé l’album, ça aussi c’est une première. Je suis nommée aux Victoires de la musique pour les failles, ça aussi c’est une première. 

C’est la première fois de beaucoup de liberté, j’ai vraiment eu beaucoup d’indépendance. 

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photo : Emma Cortijo

Donc en fait on a raison quand on dit que c’est un album vraiment très intime ? 

Totalement. Entre l’implication que j’ai eu, et la liberté qu’on m’a accordée, j’ai pu être vraiment moi. 

« C’est la première fois de beaucoup de liberté, j’ai vraiment eu beaucoup d’indépendance. »

C’était pas une pression après le succès du premier ? 

Non justement, j’en avais même moins. Le premier m’a libéré et m’a offert qu’on me fasse confiance pour le deuxième. 

Est-ce que tu te sens adulte ? 

Je crois pas que je sois vraiment adulte. Je suis dans un espèce d’entre-deux. Je ne sais pas toujours où se situe la maturité, ça aussi c’est une liberté. 

Tu es au tout début d’une grande tournée qui va t’emmener partout cette année, j’aimerai que tu me parles de la place qu’occupe la scène dans ton travail. 

Je n’y pense pas forcément au moment où je suis en train de créer un morceau. Mais je sais que c’est ce qui donne du sens à ce que je fais. C’est très important dans mon processus personnel. Je fais de la musique pour aller la jouer sur scène et rencontrer mon public. 

« Être soi-même, c’est transgressif. »

Justement, tu fais de la musique pour qui toi ? 

À la base, je fais de la musique pour moi. Les thèmes que j’aborde c’est des thèmes personnels. Il y a des gens qui gens qui se retrouvent dans ce que je dis. Je crois que c’est une musique qui parle à tout le monde, sans que ça soit le plan à la base. 

Qu’est ce que tu trouves transgressif ? 

Les gens qui s’expriment en étant eux-même, je trouve ça transgressif. Il faut du courage pour porter une parole différente, qui échappe aux normes et à la banalité. En incarnant la personne qu’on est. On est un peu au pays de la transgression, c’est vrai. Être soi-même, c’est transgressif. 

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photo : Emma Cortijo

ça t’évoque quoi la Première Pluie ? 

La Première Pluie, ça m’évoque le rythme des saisons. Etrangement, j’associe plutôt ça à l’été. Aux averses qui font du bien, aux orages qui arrivent sans qu’on s’y attende. Un truc rafraîchissant. 


Le deuxième album de Pomme, les failles, est paru le 1er novembre dernier, chez Polydor. Elle est en concert ce soir à L’Autre Canal à Nancy et elle sera vendredi à La Vapeur à Dijon.

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  • Interview : Arthur Guillaumot / Photos : Emma Cortijo

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