Itzama : « Notre musique est hybride. » / Interview

Itzama, mystères pop, onirisme estival, beats suaves festival, sonorités hybrides et curieuses, gourmandise football club, fleurs partout, jolies couleurs, douceur et émulsion. C’est la joie du début de la belle saison. Les mélodies sont parfaites, de quoi accompagner des retours de nuit en voiture, ou des après midi de piscine. Ecouter une chanson d’Itzama, c’est comme manger 10 fruits. C’est un des projets les plus excitants du printemps. Leur premier ep sort le 5 juin. Vraie discussion. 


Arthur : C’est l’une de vos premières interviews pour ce projet, alors il faut qu’on en parle, qu’est-ce que ça signifie Itzama ? 

Jones Blank : On a créé le duo Itzama il y a 3 ans maintenant. À la base, on voulait trouver un nom qui corresponde à ce qu’on recherchait, c’est à dire un peu psychédélique, un peu lointain et en même temps qui fasse voyager, qui soit sans frontières. On est allés chercher dans des noms de divinités. On est tombés sur cette divinité Maya qui s’appelle Itzamna, qui est la divinité du Jour et de la Nuit. C’est aussi une des seules divinités dans le monde qui est affiliée à la création. On a trouvé ça plutôt cool pour notre duo, comme on essaie de mixer tous les styles de musique qu’on aime, pour apporter quelque chose de nouveau. On se disait que le Dieu de la création, c’était le max. 

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Photo : Jason Piekar

Qu’est ce qui vous a mené l’un vers l’autre au début ? J’ai l’impression qu’il y a l’idée de quelque de nouveau pour tous les deux, et que chacun apporte à l’autre. 

Jones Blank : Avec Majeur Mineur, on s’est rencontrés en école de commerce, par les associations de l’école. À cette époque, Majeur Mineur faisait du DJing, faisait de la musique, des beats etc. Moi je sortais de plusieurs années d’expériences plus organiques. J’avais eu plusieurs groupes de musique où j’étais batteur ou guitariste. Quand on s’est rencontrés, on a plutôt échangé autour des musiques qu’on aimait. C’est assez rapidemment qu’on s’est dit “Pourquoi pas mixer ?”. On avait pas mal de points communs. On se retrouvait dans une musique plus expérimentale et électronique ou urbaine, avec le rap. 

Majeur Mineur : Et puis on était surtout dans un milieu ou comment dire… La sensibilité artistique est pas forcément mise en avant. Je vais être direct et très franc : tu es catalogué comme étant pd ou je sais pas quoi. C’est pas un domaine où les gens sont très ouverts. Donc il y a peu de gens avec qui tu peux partager ça librement. Donc on a été un exutoire l’un pour l’autre. Dans le sens ou c’est assez compliqué de faire face à la pression sociale dans ce genre d’environnement quand tu fais un truc différent. 

Et puis on peut te renvoyer ce côté “ça sert à rien” quand tu fais des études poussées, les passions peuvent passer après. 

Jones Blank : En école de commerce, ils aiment quand même les particularités des élèves. Mais c’est surtout le sport, ou un peu la peinture. Mais quand c’est la musique, ça fait un peu perché, c’est les étiquettes qu’on nous collait. Avec Majeur Mineur, on pouvait parler de tout sans se retrouver dans des cases. 

Majeur Mineur : On a séché des cours de compta pour faire de la musique, c’est comme ça que ça a commencé. 

Vous avez eu raison. De toutes façons vous avez eu vos diplômes ? 

Majeur Mineur : Ouais ! Pourquoi, ça sent le vécu pour toi aussi cette histoire ? 

C’est pareil sauf que j’ai pas de diplôme ! 

Majeur Mineur : Ah ! Ouais mais bon tu as cette fibre entrepreneuriale et tout ! 

Oui et puis j’ai 22 ans, je vais retourner à la fac quand j’en aurai 50 et je passerai sur France 3 région.  

(Rires)

Majeur Mineur : Meilleure réponse! La prochaine fois on fera une interview inversée parce que t’as des choses à nous dire. 

Avec plaisir ! Itzama on a dit que ça existait depuis 3 ans, ça a été quoi le cheminement jusqu’à ce premier ep ? 

Majeur Mineur : Oui c’est le premier ep en notre nom. Là, c’est les premiers morceaux pour nous, en temps qu’entité solo. Ces 3 dernières on a exclusivement bossé pour d’autres, et c’est quelques chose qu’on va continuer à faire dans le futur. Itzama, c’est autant la musique pour nous que de la composition pour autrui. 

Jones Blank : Oui ! Ça nous permet de faire d’autres choses, de toucher à d’autres styles. On aime bien toucher à tout. On adore ce qu’on fait avec Itzama, mais on aime aussi beaucoup bosser avec d’autres et partager. 

Majeur Mineur : Vu que musicalement on aime composer dans plein d’univers et qu’en terme de cohérence, on ne peut pas tout faire rentrer dans Itzama, bosser avec d’autres artistes ça fonctionne bien. Le rap est devenu la nouvelle pop, nous on aimerait bien s’immiscer là dedans, amener ce son pop qu’on a dans le rap. On veut diffuser ce son et devenir les producteurs de ce créneau là. Pour le moment, à part myth Syzer, il n’y a personne. 

« On adore ce qu’on fait avec Itzama, mais on aime aussi beaucoup bosser avec d’autres. » 

Jones Blank, Itzama

Justement, quel espace vous avez voulu créer musicalement avec Itzama ?

Jones Blank : Pour Itzama, on voulait une musique qui varie entre le rétro, mais en sonnant moderne, donc en mélangeant les styles. Il peut y avoir du psyché, il peut y avoir du funk, du jazz, du R’nb, mais tout en restant mélodique et pop, pour toucher les gens. On voulait montrer que le jazz, c’est pas forcément que le free jazz, que le funk il y a d’autres manières de l’aborder. Et même pour le rap, il y a d’autres manières d’y rentrer. 

Majeur Mineur : C’est pour ça aussi que quand les plateformes de musique veulent nous définir avec des termes précis, les genres qui nous caractérisent le mieux c’est Indie-pop, alternative. C’est très compliqué de nous définir. C’est hybride. On prend par exemple beaucoup en référence Tame Impala, aux Etats-Unis, très indie, alternatif, et en même temps qui produit des albums rap. 

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Photo : Jason Piekar

Hybride, c’est le mot qui caractérise assez bien le projet. Surtout qu’avec 5 morceaux, on se rend peut-être mieux compte de cette diversité justement. De quoi ce premier ep est-il la première fois pour vous ? 

Majeur Mineur : C’est la première fois qu’on lance quelque chose en notre nom. Tu vois Jones Blank a bossé avec des groupes, a fait pas mal de concerts un peu partout. Moi de mon côté, que ce soit avec Lord Esperanza, ou d’autres, en tournée ou ailleurs, et ce qu’on a produit pour d’autres aussi, bah là c’est nouveau. Cette fois on est producteurs et artistes. Ça change aussi pas mal de choses, c’est nouveau. 

Jones Blank : Là c’est nous qui choisissons nous même de la première note à l’orientation artistique de la fin du projet donc c’est une première fois pour nous deux. 

Majeur Mineur : D’autant plus que le projet est pour le moment en full indépendant. 

Mais du coup est-ce qu’il y un délire “d’assumer” pour la première fois votre musique, est-ce qu’il y a genre un peu de pression de montrer votre visage artistique ? 

Jones Blank : Après, même en tant que producteur pour d’autres, on s’est jamais vraiment cachés non plus. Là, la seule appréhension, c’est quand on sort pour la première fois nos morceaux. On se demande si ça va plaire, si ça va être perçu comme nous on le perçoit. Il y a toujours des questions. Mais on a essayé de prendre du recul là dessus. On a bossé à fond, on a tout donné, ça sera réceptionné comme ça sera réceptionné : pas trop de pression. 

Majeur Mineur : C’est un premier projet. Le but c’est de mettre une première pierre. Ce projet il a vocation à vivre pendant plusieurs mois, plusieurs années. Il y a des gens qui découvriront dans deux ans avec des morceaux de ce projet. Ça doit traverser les époques. Nous, tout notre travail c’est d’être satisfait de ce qu’on propose et d’être pros dans la démarche. Une fois que ça c’est fait, le reste ne nous appartient pas vraiment.

« Quand on tend vers musique hybride, les doutes sont constants. »

Jones Blank, Itzama

Vous avez beaucoup douté en réalisant cet ep ? 

Majeur Mineur : Ouais ! 

Jones Blank : Forcément. Surtout quand on tend vers musique hybride, les doutes sont constants. On se demande si on ne va pas trop dans nos délires, si on ne va pas perdre les gens, si on ne se perd pas nous-mêmes. Morceaux après morceaux, il faut quand même réussir à rassembler l’ensemble avec de la cohérence. On a encore plein de morceaux. Il y a 6 morceaux sur cet ep mais on avait une sélection de 17 à la base. 

Elles ressemblent à quoi les chansons qui ne sont pas sur cet ep, qui n’ont pas eu leur place dans la cohérence finale ? 

Majeur Mineur : Il y a beaucoup de morceaux qui sont trop psychés. Trop psyché, dans le sens où aujourd’hui en France, on ne peut pas arriver avec ces morceaux en étant “personne”, parce que personne ne nous comprendrait. 

Notre démarche, c’est que si tout se passe bien d’ici quelques années, et qu’on réussit à construire quelque chose d’intéressant, avec une fan base solide, là ça sera génial parce qu’on pourra partager ce qu’on veut. Là, on doit être intelligent, on doit accrocher les gens à notre délire, et c’est impossible si on va trop loin tout de suite. 

Oui ça servait à rien de se casser les dents. 

Majeur Mineur : Surtout en France. Les mecs hybrides en France, ils mettent des années à péter. Le dernier en date là, c’est Laylow, mais Laylow, ça fait 10 ans qu’il rappe et c’est le premier projet qui pète. 

C’est compliqué de tenir pendant ces années là en plus, avec un succès d’estime uniquement. Il y a des années où tu dois serrer les dents.

Jones Blank : Justement on a eu le temps de maturer cette réflexion-là pendant ces 3 années, quand on bossait pour d’autres. Parce que voir les autres expérimenter, que ce soit avec nos morceaux ou pas, ça donne de l’expérience et ça permet de pas refaire les erreurs. 

« S’il faut qu’on se pose une question 3 mois, on va se poser la question 3 mois. » 

Majeur Mineur, Itzama

Est-ce que vous avez tendance à faire confiance à vos idées premières ou au contraire est-ce qu’il y a mûre réflexion derrière chaque décision qu’il y a sur ce projet ? 

Majeur Mineur : C’est une très bonne question. Les deux. On a une chance, c’est que c’est un projet naissant, mais ça fait 5 ans qu’on se connaît vraiment vraiment bien avec Jones Blank et 3 ans qu’on fait vraiment de la musique ensemble. En fait on a réussi à avoir un peu de maturité tout en étant un projet très jeune. Donc forcément, cette chance on la cultive, donc on cultive cette petite sagesse qui vient de ces années d’expériences. 

Donc on laisse de la place aux deux. Parfois on marche autant à l’instant et on ne se pose pas des questions. Mais s’il faut qu’on se pose une question 3 mois, on va se poser la question 3 mois. Il n’y a pas de règles. 

Jones Blank : Là sur cet ep, il y a des morceaux qui ont été finis assez rapidement et d’autres sur lesquels il y a plus de questionnements parce qu’on était pas 100% satisfaits. Parfois on commençait avec une intuition, on changeait et revenait à la première intuition 3 mois après. 

Majeur Mineur : Par exemple, petite anecdote, Nelick on a un super match artistique avec lui, quand il est venu au studio la première fois, il a posé sur 5 morceaux. Finalement, un seul, Blanc Ivoir, est sur le projet. Les 4 autres sont des morceaux qui sont coffrés pour le moment. Il y aurait pu y avoir plusieurs morceaux avec Nelick sur ce projet. 

En fait, Nelick il aurait pu y avoir un ep en collaboration avec Nelick

Majeur Mineur : Peut-être qu’un jour on sortira un projet avec Nelick. C’est complètement envisageable. Ça sera pas tout de suite, pour qu’on puisse maturer nos oeuvres. Mais Nelick aussi, il est dans ce monde urbain rap, sans faire la même musique que tout le monde. 

L’univers visuel il est très travaillé sur votre projet, dans les photos, les clips etc. Pourquoi c’était important pour vous d’arriver avec cette esthétique aussi identifiée ?

Jones Blank : Pour une raison très simple. Cette phrase clichée, que tout le monde dit à raison, aujourd’hui, la musique se regarde plus qu’elle ne s’écoute. De toutes manières, il faut travailler son univers. Et ensuite, parce que sur un projet comme Itzama qui est hybride et qui mixe les genres, c’est une aubaine de pouvoir tout donner dans une atmosphère, dans un visuel, parce qu’il y a trop de choses à faire. Au niveau artistique, c’est un plaisir aussi de travailler cet aspect là.

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Photo : Jason Piekar

Oui ça se ressent, j’avais justement l’impression que ça vous tenait à coeur d’avoir un truc abouti de bout en bout, des premières notes aux publications sur insta. 

Jones Blank : Complètement. En fait ça a été un gros travail très plaisant parce qu’on a une vraie équipe autour de nous. Notamment des amis de longue date avec qui on a déjà eu l’occasion de travailler sur d’autres projets.

Il y a notamment Sabrina Forte (@Sandjillstudio) qui réalise nos covers de singles et de projet, elle travaille sur la D.A on va dire.

Jason Piekar (@jasonpiekar) pour les photos, c’est un très bon ami. Il avait vent du projet depuis longtemps. C’était évident qu’il allait venir donner un coup de pouce pour l’identité visuelle.

On a aussi images eclectic (@imageseclectic) qui nous aide pour tout le travail des réseaux sociaux, instagram notamment. Elle est photographe et vidéaste, elle est très complète et elle a un grand impact sur notre présence et l’atmosphère sur nos réseaux. 

Majeur Mineur : Elle, je te le dis, je te l’annonce comme ça : elle a un talent de malade. Elle va faire beaucoup beaucoup de bruit ces prochaines années. Elle a énormément de talent, elle est réactive, elle est intelligente, elle est marrante, elle a de la vision artistique, elle sait faire plein de choses. Ça ne m’étonnerait pas que d’ici quelques années elle soit affiliée à des trucs très costaud. 

Jones Blank : Dans notre entourage artistique, il y a aussi Mims (@mims.video), qui est à la réal de beaucoup de clips de Lord, et qui du coup est à la réal de notre clip Blanc Ivoire. Lui aussi est un forceur de travail, incroyable, avec beaucoup de talent, il nous a beaucoup apporté.

Il y a aussi Maverick Christian (@maverick.christian), réal aussi, il a co-réalisé le clip avec Mims, et il a réalisé Rêverie. C’est un gars que je connais depuis longtemps, j’étais à l’école avec lui, on s’est retrouvés sur différents projets. On a une vraie chance au niveau artistique. Tout le monde se complète sur l’atmosphère artistique et l’ambiance globale. 

Majeur Mineur : On insiste là dessus, parce que pour le moment, Itzama, c’est autant eux que nous. C’est une famille. C’est ce truc là qu’on a envie de monter. Le rêve ultime, c’est que ça marche assez bien pour que tout le monde puisse venir avec nous en concert. L’idéal ça serait d’étendre le projet. Pour que par exemple quand Sandjill Studio ou Images Eclectic voudront sortir leur projet, ça soit nous qui fassions la musique. L’idée c’est d’avoir ce truc de bromance, d’échange de talent, de vision artistique, dans le partage.

Comme vous avez vos sensibilités différentes chez Première Pluie.

C’est exactement comme ça qu’on fonctionne oui. On fait un mélange de sensibilités. On est dans la même équipe de foot les gars. 

Jones Blank : Et puis moi je fais de la photo aussi, j’aime beaucoup tout ce qui est visuel, donc voilà encore une fois pour Majeur Mineur comme pour moi c’était important de mettre un gros coup là dessus. Et puis la touche visuelle est aussi un éclairage. 

Vous faites de la musique pour qui vous, finalement ?  

Jones Blank : C’est toujours pour nous à la base. Ça part d’un plaisir qu’on se fait à soi-même. Je pense que ça part aussi d’une envie de transmettre des émotions, des sentiments aux gens. On a envie que les gens vivent sur cette musique. 

Majeur Mineur : C’est là qu’on se complète bien aussi. Jones Blank c’est né de ça, et moi c’est vraiment un exutoire. J’ai commencé à créer de la musique par nécessité vitale. J’avais un besoin absolument fou d’extérioriser. J’ai jamais été très à l’aise avec les mots. Je pense que ça s’est exprimé là dedans. Heureusement que c’est sorti. Des morceaux comme Oh Lord ou L’insolence des élus, c’est des frustrations immenses que j’ai pu évacuer grâce à la musique. C’est pour ça que c’est cool, nos visions sont complémentaires, mais elles se complètent aussi. Sur Itzama, ça peut donner des choses et des mélanges intéressants. On n’a pas le même bagage musical, mais on a plein de similitudes quand-même, on n’a pas les mêmes envies, mais en même temps on a beaucoup des similaires. On n’a pas la même connaissance et cohésion ou la même vie par rapport à la musique en ce moment mais on aspire aux mêmes choses. C’est le mélange de tout ça qui créé cette chose vraiment intéressante. 

Et la vision de la musique de Jones Blank m’inspire au quotidien parce que c’est pas exactement la même que la mienne. On a encore plein de choses à construire. 

 »Faire pousser une tomate, c’est devenu transgressif. Ça rend la chose incroyable et complètement folle quand tu prends un peu de recul. » 

Majeur Mineur

Qu’est ce que vous trouvez transgressif, dans la vie, dans l’art ? 

Majeur Mineur : En fait c’est vraiment triste à dire. Mais les choses qui sont à contre courant aujourd’hui sont des choses qui ne devraient pas l’être. Genre, l’exemple que je peux te donner c’est le bio. Les produits naturels sont appelés bio. Comme s’ils étaient différents. Et ceux sans étiquettes sont ceux qui sont plein de produits chimiques. Donc par un biais de langage, on a inversé la réalité. Puisque la nature n’a jamais fait de produits chimiques. Donc on a mis dans la tête des gens que c’est le bio qui est transgressif, alors que c’est juste ce dont se nourrissent les êtres vivants depuis les milliards d’années. Ça fait que 80 ans qu’on met des pesticides dans les champs (et qu’on a des maladies comme Alzheimer) donc il faudrait peut-être se poser des questions. 

Moi, je dirai que tous ces mouvements là. Les religieux qui essaient de parler de sexe, les gens qui essaient d’alarmer sur les problèmes écologiques. On arrive dans une époque très bizarre, où les gens transgressifs sont juste des énonciateurs de vérités. Des trucs qui sont des bases, l’essence de la vie. 

Aujourd’hui on connaît le prix d’une collab précise de Nike, mais personne ne sait faire pousser une tomate. 

Faire pousser une tomate, c’est devenu transgressif. Ça rend la chose incroyable et complètement folle quand tu prends un peu de recul. 

Jones Blank : Et tu te fais insulter en plus. 

Majeur Mineur : Grave ! Bobo, hipster. C’est une réflexion qui est intéressante et inspirante. Ça redéfinit bien le sens du transgressif aujourd’hui.

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Photo : Jason Piekar 

Il y a une dernière question, c’est un rituel. Qu’est ce que ça vous évoque la Première Pluie ? 

Jones Blank : Pour ma part, parce que Majeur Mineur est en train de descendre les escaliers comme une petite goutte qui tombe des nuages. 

La première chose qui me vient en tête, c’est premier jet. Première intuition, première idée. Première Pluie comme les premières gouttes, les premiers effets, la première fois. Voilà ce que ça m’inspire là, mais je peux t’écrire une rédaction sur le sujet. 

Bah avec plaisir, sans rire. 

Jones Blank : On n’a plus le droit d’écrire avec des stylos. 

C’est transgressif d’écrire avec des stylos. 

(Rires)

Jones Blank : On fait ça on est des hipsters. 

Majeur Mineur : Qui se souvient de la marque BIC, à l’époque où c’était pas que des briquets ? 

Il faut le tweeter ! 

Vas-y je vais le tweeter, je me le note. 

Jones Blank : Et toi Majeur Mineur, qu’est ce que ça t’évoque la Première Pluie ? 

Majeur Mineur : Moi c’est marrant, Première Pluie ça me fait penser à une sensation d’apaisement dans le sens où Première Pluie, je m’imagine dans un endroit où il fait chaud et la pluie est attendue. Et la Première Pluie est un truc un peu divin, rassurant, libérateur. Dans le sens où tout le monde a besoin de la pluie. La nature, les plantes, la terre, les animaux, la vie, nous. Même la pluie c’est inspirant. Il y a un mood qui se dégage. Et il y a une énergie qui se base là dessus. Je pense aux premières pluies de l’été, ça fait longtemps qu’il n’a pas plu, il a fait très chaud, avec l’odeur de la pluie sur le goudron. Il y a tellement de sens qui s’éveillent avec la Première Pluie. 

Voilà, la pluie c’est beau parce que c’est plein de sens, tu peux la voir, la sentir, tu peux la toucher, tu peux l’entendre, tu peux même la boire…


Arthur Guillaumot / Cover interview : Jason Piekar 

sur Insta : Itzama / Majeur Mineur / Jones Blank 

Le premier ep éponyme d’Itzama sort le 5 juin. L’écouter, c’est s’assurer la clémence des dieux Maya, et la découverte d’un projet envoûtant curieux, et hybride. 

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