Le tram de nuit – Métro Polis saison 2

Couverture : Apostrophe M


Suite à l’exposition Métro Polis réalisée en mars dernier, Pauline Gauer et Marvin Gomis signent ensemble pour une nouvelle saison. Cette fois-ci, tout débute par un arrêt mondial de la vie courante. Et Métro Polis sans métro, c’est difficile à imaginer. Alors, Métro Polis se réinvente pour un temps, par des mots et des images sous le signe de la vie pendant le coronavirus, dans la rue ou devant les supermarchés. Soyons forts.


C’était sa première sortie, et ça se voyait. L’enfant devant nous courrait partout. Il sautait dans des flaques qui n’existaient pas parce qu’il faisait trop chaud, et tenter de rattraper les voitures avec de longues enjambées.

Son père en avait marre, et ça se voyait. Il tirait une petite-fille par le bras car elle refusait d’avancer, amusée par les bêtises de son frère. Lui, tout de bleu vêtu, slalomé entre les passants.

Il était plutôt tard pour des enfants et le soleil s’effaçait à peine derrière des immeubles du sud de Paris. C’était la première sortie des enfants, juste après le déconfinement. Le monde se réveillait de nouveau, ouvrait les yeux et passait la tête par la fenêtre pour admirer toutes les petites choses qui reprennent leur cours après une longue absence.

L’enfant rattrapa son père et la petite-fille au moment où le tram arriva. Ils montèrent dans le même wagon que nous, direction Porte de Vincennes. Tout le monde portait un masque, sauf les deux enfants. Je me demande toujours pourquoi cela ne leur est pas obligatoire. Il paraîtrait qu’ils sont moins contagieux, mais l’initiative reste surprenante.

L’enfant avait fini par se calmer. Au grand bonheur de son père, le visage marqué de fatigue. Je ne sais pas bien où ils allaient, mais leur trajet n’était pas fini.

Le tram ronronnait.
Les gens s’endormait.
Et les vitres se couvraient d’une légère buée grisâtre à mesure que l’on avançait.

Dehors, les gens avançaient les uns contre les autres comme si de rien n’était. Les deux enfants s’étaient assis sur les sièges du tram et somnolaient. J’avais hâte de rentrer chez moi, et eux aussi. La journée avait été longue.

metropolis_18vf


Pauline Gauer & Marvin Gomis

Laisser un commentaire