Grâce au confinement, une année 2020 exceptionnelle pour les flamants roses méditerranéens

 

2020, et une envie de nouer des collaborations de long terme avec des équipes indépendantes, jeunes et passionnées par la culture sous toutes ses formes. Cet article est publié dans le cadre d’une collaboration journalistique entre Première Pluie et Samouraï Coop, une société de production coopérative innovante et décentralisée que j’ai intégré en février dernier. Elle rassemble des profils variés et complémentaires autour de la réalisation de contenus audiovisuels, de médias innovants, et de créations originales. Chaque semaine, je publierai un article culturel spécial, à retrouver sur Samouraï News et sur Première Pluie.


Couverture : © AFP / Christophe Simon

En ce mois d’août un peu particulier, les Salins d’Aigues-Mortes dans le Gard sont déjà envahis par des cris de flamants roses. Pour les professionnels du site des Salins, c’est le moment de baguer les nouveaux poussins, afin de les recenser.

Pour autant, avec le confinement dû au coronavirus, le site connaît un “baby-boom” de flamants roses. Cette année, plus de 40.000 flamants adultes et 12.000 poussins de cette espèce protégée ont été recensés à Aigues-Mortes, dans le salin de 8.000 hectares. C’est dix fois plus que l’année précédente, qui comptait 15.000 adultes et un peu moins de 1.500 naissances.

“C’est une année exceptionnelle. […] Et puis, pour une fois, ce virus (Covid-19) nous a un peu aidés parce qu’il y a eu moins de trafic aérien, moins d’hélicoptères, moins de nuisances, ce qui explique aussi ce chiffre” – Florence Saki, directrice de la communication du groupe Salins

Pour des raisons sanitaires, seulement une quarantaine de bagueurs et rabatteurs ont pu être mobilisés pour recenser les flamants roses cette année, contre 150 les autres années. Alors, seulement 300 animaux au lieu de 800 ont été conduits vers un enclos dressé sur le sable, puis bagués, pesés et mesurés.

Ce baguage va permettre aux scientifiques et ornithologues méditerranéens de recenser ces flamants roses, afin d’obtenir des renseignements sur leurs déplacements, leur durée de vie, leurs sites d’alimentation et la fréquence de leurs reproductions.

 

© AFP / Christophe Simon

La Camargue accueille donc désormais une des plus grosses colonies de Méditerranée, considérée comme stable pour la reproduction des flamants roses.

“Pour nous, 2020 est une année record.” – Jean Jalbert, Directeur de la Tour du Valat

Mais selon lui, le “baby-boom” de ces flamants roses camarguais n’est pas dû au confinement. Plus de 50.000 flamants séjournent sur la côte méditerranéenne et plus de 500.000 flamants ont été recensés à travers le monde. L’espèce est donc loin d’être en voie de disparition.

« Les flamants ne sont pas des volailles d’élevage mais des oiseaux sauvages qui vont là où ils estiment que les paramètres de vie et de reproduction sont les meilleurs. […] On a donc une population qui est en bon état de conservation. Le problème à présent, ce n’est pas l’espèce, ce sont les milieux qui lui sont favorables – les grandes lagunes – qui disparaissent comme peau de chagrin à travers le monde sous la pression immobilière, démographique ou économique.” – Jean Jalbert, Directeur de la Tour du Valat

Un phénomène qui inquiète les ornithologues et les scientifiques. Pour eux, dans quelques dizaines d’années, ces milieux humides auront sûrement disparus sous l’effet du réchauffement climatique. Les défenseurs de l’environnement, amoureux du flamant rose légendaire de Camargue, craignent une hausse du niveau des mers, et la disparition de zones marécageuses comme les Salins d’Aigues-Mortes.

© AFP / Christophe Simon


Pauline Gauer

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