Sacha, jeune femme transgenre, un an plus tard : « En un an, il s’est passé beaucoup de choses. » / Portrait


Portrait extrait du podcast L’averse, disponible sur les plateformes de streaming


“Ce choix-là que j’ai fait, la transidentité, c’est le meilleur choix que j’ai fait de toute ma vie. Et je ne le regretterai jamais.”

Souvenez-vous, c’était l’année dernière un peu avant le confinement. J’avais rencontré Sacha, une jeune femme de tout juste 19 ans. Née dans le corps d’un garçon, elle était en pleine transition pour changer son genre et son corps.

“J’ai énormément souffert pendant toute mon enfance. Et maintenant, je suis enfin une femme. Mais être transgenre, sentimentalement c’est compliqué. Amicalement, les gens peuvent te trouver bizarre. Professionnellement, tu peux te faire jeter juste parce que tu es une personne trans. C’est difficile en fait.”

Aujourd’hui, un an plus tard, Sacha nous raconte où elle en est. Dans sa transition, dans sa vie, dans une année plus que spéciale mais pour elle si positive. Il y a un an, elle venait tout juste de commencer les démarches pour modifier son genre sur son état civil. Et les mois se sont suivis sans se ressembler.

“Il s’est passé beaucoup de choses. Je suis passée devant un tribunal qui a jugé si oui ou non j’étais apte à changer du M à F. Du coup, ça a été accepté. Après ça, j’ai dû attendre un à deux mois avant que tous les papiers soient faits, puis j’ai changé ma carte vitale et ma carte d’identité. J’ai tout refait et ça c’est une très bonne nouvelle.”

Il y a un an, Sacha appréhendait chaque présentation de sa carte d’identité, de peur qu’on lui refuse un accès ou un service. Mais au-delà de cette reconnaissance aux yeux de la loi, elle ne se sentait pas pleinement intégrée dans la société. Son plus gros complexe, c’était son corps et ce qu’elle avait entre les jambes, qui lui rappelaient chaque jour qu’elle était née garçon, et qui l’empêchait de s’aimer et de s’accepter.

“Il y a deux mois, ma mère m’envoie un message en me disant “J’ai une bonne nouvelle, tu vas être opérée dans trois mois ». C’est dans même pas un mois, c’est le 14 avril. J’avoue que je stresse à mort, parce que ce n’est pas une opération où tu te fais opérer et ensuite c’est fini. Il y a des sortes de dilatations à faire. En fait, il faut pratiquer, faire des exercices pour pas que ça se referme. On m’a dit que pendant deux ou trois mois, je n’allais pas avoir de vie.”

Ce qui l’effrayait, c’était les relations sentimentales et la réaction d’un partenaire en apprenant qu’elle était transgenre. Quand on ne s’aime pas soi-même, on n’accepte pas que les autres puissent nous aimer. Mais depuis quelques mois, Sacha a trouvé l’amour : un garçon qui la considère à sa juste valeur, et qui est prêt à l’accompagner dans les prochaines étapes de sa transition.

“Pour lui, je suis une femme. Il me soutient peu importe « ce que j’ai » on va dire. Et pour l’instant ça se passe très bien.”

L’année dernière, elle finissait son témoignage avec une phrase qui m’avait beaucoup touchée.

“Plus le temps avance, plus je me sens bien.”

Et aujourd’hui, rien n’a changé.

    “Plus les mois passent, plus ça se concrétise et plus ça se passe bien.”

Des nouvelles qui ne peuvent que nous réjouir. Sacha, nous te souhaitons tout le meilleur et espérons que l’opération t’apportera tout le bien et la confiance que tu mérites.


Pauline Gauer

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