Hollywood Bizarre – Hollydays

Hollywood bizarre est une balade. Le genre qui vous prend par la main. C’est ici un album pas du tout difficile d’accès mais très stylé. Il parle de vous, sûrement. Mais c’est leurs tourments qu’ils racontent. Il est lancinant cet album, en langueur, en volupté comme des volutes qui s’élèvent et qu’on respire avec plaisir. Comme une odeur d’opium dans une salle de cinéma qui ne voit pas la lumière. Qui laisse aller tous les imaginaires dans la pénombre. 

Le duo d’Hollydays atteint son sommet, après avoir publié des projets ces dernières années dont un ep qui contenait déjà des titres de l’album en début d’année. Les paroles sont belles, profondes, subtiles, comme un parfum encore une fois, celui des joints ou celui de l’amour. Elise et Sébastien forment Hollydays. 

Hollywood Bizarre est un album curieux et gourmand 

C’est un album qui parle de sa génération, de la nôtre aussi. Des inquiétudes et des matins où on ne se réveille pas en solitaire, des joints. Il va dans pas mal de directions artistiques et c’est aussi ce qui fait son charme, c’est un album gourmand et curieux. 

L’album s’ouvre sur une chanson éponyme, qui dit comme dans une balade une vie en désillusions de starlette sur le célèbre boulevard : 

C’est un peu dur actrice ratée 
Sa mère voudrait un vraie métier 
Pourtant elle est au bon endroit 
Les anges se donnent rendez vous là 

Un album ultra cinématographique

Et ça donne le ton d’un album très cinématographique. D’ailleurs, le nom de l’album parle et la pochette de l’album est là pour ça. Tous les deux dans une salle de cinéma, l’éternelle ambiance rouge/noir.

Et puis quand il parle des horizons auxquels sont parfois promis ceux que nous sommes, voilà ce que déclame Elise sur Une autre (4/13) : 

Toute la journée à tuer ça fait beaucoup de temps 
Pause pipi, pause clope, pause parler aux gens 
Mais t’arrives pas à croire que c’est suffisant 
Comment tu trouves l’espoir pour tout faire semblant 
Tu fumes des joints pour faire un peu comme tous les autres 
Au bar du coin t’es l’premier à dire « A la nôtre » 
Ton monde de merde mais tu sais très bien qu’c’est ta faute 
T’es pas c’que tu voulais qu’tu sois alors t’en bois une autre / T’en bois une autre / T’en bois une autre

Hollywood Bizarre fait appel au 5 sens

L’amour est l’un des centres de l’album. Sous toutes ses coutures. L’amour surtout quand il se casse la gueule, comme sur Amor Amor (12/13) : 

J’étais l’automne et toi l’été 
J’avais des tonnes à te donner 
Pas d’anémones, rien à jeter 
C’était selon ta volonté 
T’es mon idole 
T’es mon collier 
On ne s’abandonne pas tu disais

Et puis soudain, un manifeste, une tribune. Monsieur Papa, dernière chanson de l’album, qui dit un jeune homme prononçant son coming-out, c’est d’une force rare, avec la voix si douce et si juste d’Elise pour incarner le texte : 

Et si je t’ai perdu 
Et même si tu me crois mort 
Même si tu me situes 
Loin dans un autre port 
Et même si tu me tues 
Moi j’aimerais encore 
Monsieur Papa 
Je veux danser dans les bras d’un garçon 
Et ne plus regarder passer la solitude dans le salon

C’est un bel album. Qui fait appel aux 5 sens, sans rire, et surtout à notre cinéma intérieur. Les textes sont des accélérateurs de révélation, la musique donne des rendez vous en des lieux extravagants et la voix est sublime. 


L’album est paru le 2 novembre, chez Polydor pour Universal, il s’appelle donc Hollywood Bizarre


Arthur Guillaumot – Culture Collective 

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