II / III – Bruit Noir

 » Trois chroniques polies après 20 ans de chef-d’œuvre / Ou des coups de cœur dans le blog à ta sœur « 

Le succès 

Alors voilà, nous y sommes. Nous sommes le blog à ta sœur. Le média de ta tante. Le journal intime du meilleur pote de ton neveu. Par contre, hors de question de faire une critique polie, mon pote. 

Je ne vais pas faire de bio pour présenter Pascal Bouaziz et Jean-Michel Pires, sauf à dire qu’ils sont forts. Je ne remercie pas Bruit Noir d’exister. Hors de question. Dans la même chanson, Le succès, cette phrase : Encore un album pour que dalle. Cet album est la barre sale du métro, le chaos entre des stations hasardeuses ou inconnues. Des mots qui passent entre des dents user de mordre. Un phrasé, désabusé, qui parlent de choses désahabitées ça serait trop simple comme formule. Je n’ose aucune référence, ça serait trop osé, n’importe quelle référence. 

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photo : Simon Gosselin

Je veux juste dire que cet album est un inespoir brillant à la Verlaine, c’est trop osé, Verlaine, comme référence. Putain, je ne sais même pas s’ils sont sérieux ou si c’est des vrais cyniques, des vrais foutus de la vie, de vrais comètes se consumant, des vrais beats. J’ai découvert cet album dans le métro. Les interludes de cet album, sont des bruits du métro. J’ai entendu Paris, j’ai entendu 1967, j’ai entendu Romy, et encore Paris

« Pauvre Daniel, je t’ai beaucoup vu à Paris dans les années 90 mais c’était pas sur scène en tête d’affiche à l’Olympia, c’était chez Ed l’épicier rue du Faubourg Saint Antoine. On était voisin même si on ne se connaissait pas. T’avais pas encore remonté la pente, si jamais tu l’as remonté »

Paris

La chanson Paris. L’album, en fait. Est-ce que c’est ça qu’on appelle un brûlot ? Allô, il y a encore des professeurs dans ce pays. Mais la beauté de cette chanson, Paris. Ces histoires sur Daniel Darc qui semblent sorties d’une nouvelle de Bukowski ambiance Faubourg Saint Antoine. 

« Tout le monde est mort. Mais le plus mort d’entre tous, celui qui est le + mort c’est… c’est Pasolini. Pasolini, mon amour. »

1967

1967, qui sonne comme un « c’était mieux avant » objectif et vif, porté par un name dropping rapide, acerbe, et précis, de ceux et celles qui créaient en 1967 et qui sont mort depuis. L’envie de regretter un temps perdu même en étant optimiste et porté sur le présent. Et Pascal Bouaziz, de murmurer « ce qui est flippant, c’est d’être obligé de faire semblant ». 

« Les films avec Romy, un coup c’est elle qui meurt un coup c’est Piccoli, ce serait chouette que dans notre film à nous personne ne meurt tu vois et que je puisse profiter de toi aussi longtemps que tu le voudras. »

Romy

Romy est un mot d’amour sublime à la beauté, à ce que la tristesse a de beau, à celle qu’elle rend belle, cette sacrée Romy. De ce qu’a le diamant qui se brise comme du verre, pas vrai, Daniel, pas vrai, Pascal. 

Autoroute avant la pluie, chargée de vestales sombres, cet album est une réussite de sous la terre, underground et grinçante comme les dents de l’amer, l’amer qui a le vrai goût du chocolat, authentique. Il l’est, cet album. 


Paru chez Ici, d’ailleurs…, vous pouvez écouter II / III ici : 

Ils seront en concert le 7 mars au Periscope à Lyon, le 20 mars à Lille, le 16 avril au Metronum à Toulouse, le 9 mai à La Vapeur à Dijon et l’album s’achète facilement dans les points de ventes habituels. Mais on vous conseille largement le 15 de la rue Gilbert à Nancy, label de Bruit Noir. On vous reparlera de ce lieu.


Arthur Guillaumot

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