Cali, Cavale – Interview

Cali a fait un beau roman de son adolescence à Vernet. Il y développe, plus encore que dans ses chansons, ses souvenirs. Ils ont le goût et la beauté de tout ce qui ne reviendra plus. Avec une force de prose assez rare, il conte ses aventures de jeune apprenti punk, à l’ombre des ruelles rassurantes de sa ville. Compagnons de blagues et de musique à l’abordage des amoureuses dans la cour du lycée. Le cœur qui bat très vite. Les heures à pleurer dans une chambre. C’est un roman d’une poésie pure sur toutes ses pages.

Cali confirme qu’il sait tenir le stylo très longtemps, après Seuls les enfants savent aimer, l’année dernière. Si vous le lisez vous allez surement pleurer un peu, et puis faire des grands sourires. Parce que nous avons tous l’adolescents au fond de nos poitrines.


Arthur : Les cheveux en bataille et le verbe mal peigné, ça semble sortir des entrailles pour draguer l’éternité. C’est le bouquet de fleurs et le regard tendre du père, de l’homme, à l’adolescent qui devenait celui qu’il a su rester. C’est une écriture de la respiration, comme une tirade infinie, qui n’a de visage que ses plus belles ruelles en été, où sur la place, le môme Bruno devenait l’homme et l’humain Cali, qui peut se vanter auprès des copains voleur de bonbons d’avoir écrit un beau livre. Il leur fera sentir ses doigts, ils sentiront bon l’encre qui a l’odeur du passé, de la vie, belle comme la plus belle des filles. Ça s’appelle Cavale ça veut dire s’échapper et la poésie commence là.

Bonjour Cali.

Cali : Bonjour

Arthur : De quoi Cavale, ça veut dire s’échapper est-il la première fois ?

Cali : Olah. Oh, alors là je ne sais pas quoi dire.

Rires

Cali : C’est la première fois que j’avoue à mes proches la manière dont j’ai fait l’amour.

Arthur : Ah bah, c’est magnifique, pour une première fois justement en voilà une.

Cali : Entre autres, c’est la première fois que j’avoue à mes proches, et à ceux qui lisent le livre, combien j’ai pleuré, combien j’ai pu pleurer alors que j’ai pu rire et sourire avec eux. C’est la première fois que j’ai pu leur avouer ça. Jouer à quelque chose la journée, et le soir se retrouver seul, face à soi-même, et à Joe Strummer, et à pleurer avec lui.

Arthur : Comme une hygiène de l’adolescence. Quelle est votre définition de l’intime ? Parce qu’il est très intime ce livre.

Cali : J’aime bien l’idée, par exemple, l’intime je vais le chercher dans des cathédrales moi. Alors c’est étonnant d’en parler aujourd’hui (le lendemain de l’incendie de Notre Dame de Paris, ndlr) mais quand on pénètre dans une cathédrale, on de suite le miroir de soi-même, direct. Et c’est ce qu’il y a de magique. Ce que je trouve assez merveilleux, c’est qu’il y a toujours cette envie, moi j’ai toujours cette envie, de partir loin, de faire voeu de silence peut-être, avoir quelques jours à soi, de méditer, de se retrouver. Alors que le loin il est juste derrière la grande porte d’une cathédrale, on rentre et on est complètement ailleurs.

J’ai eu la chance de dormir, il y a une poignée de jours à l’abbaye de Fontevraud, et quand on dort là-bas, ils nous autorisent à visiter la nuit. Je me suis retrouvé devant Richard Coeur de Lion, devant son gisant, à méditer à 4h du matin. Là c’était vraiment intime.

Arthur : Une façon de réinventer le silence, justement ?

Cali : Oui, et puis de casser la barrière des siècles. C’est très étonnant parce qu’une sortant de là, il y a une personne qui s’appelle Michel Audiard, donc l’homonyme, qui est un grand sculpteur, qui traverse le monde et qui se promène, qui m’a offert une pierre, qu’il a trouvé dans un désert égyptien, cette pierre a 25 millions d’années. Le fait de la tenir permet de mesurer comme on n’est rien et que c’est magnifique d’être rien du tout. Parce que quand on n’est rien on a le droit de tout faire.

Arthur : On meurt demain.

Cali : On meurt demain. À fond.

Arthur : Une nouvelle fois, Cavale ça veut dire s’échapper est un roman, comme Seuls les enfants savent aimer, l’année dernière. Pourquoi roman ? Le jeune homme, c’est vous, on le sent, pourquoi roman et pas autobiographie ? À part que c’est moins joli.

Cali : Ce n’est pas que c’est moins joli, ce n’en n’est pas une. Autobiographie c’est une chronologie datée, avec des choses précises. Là, j’aimais bien les souvenirs et les souvenirs des souvenirs. Mon premier roman, Seuls les enfants savent aimer, j’avais 6 ans, et on se souvient de quoi à 6 an ? Moi j’ai un souvenir indélébile c’est la mort de maman. Et après, des petits souvenirs, mais je ne sais pas s’ils sont arrivés à ce moment-là, je ne sais pas si c’était vraiment comme ça. Et surtout je les ai cousu avec des fantasmes et d’autant plus dans Cavale. Evidemment qu’il y a une fille qui s’appelle Fabienne dont j’étais fou amoureux. Évidemment qu’il y a Alec, qui est toujours mon ami. Là, dans la vraie vie. Il y a Fernand, il y a ce groupe incroyable, qui était punk, fou. Est-ce que c’est important de savoir ce qui est vrai, pas vrai. Il y a une entremetteuse, elle n’a jamais existé cette entremetteuse. Mais Sylvie existe, c’est une fille qui était avec moi en primaire, qui était plus grande que les autres et qui avait du mal avec son corps. Je ne sais pas pourquoi, c’est elle qui est devenue un personnage. C’est pour ça que c’est un roman. Parce qu’en plus c’est assez facile et ça fait du bien de pouvoir se protéger derrière ça. Parce que j’emploie quand-même des vrais noms, des vraies histoires, qui sont parfois dures. Donc, est-ce que c’est vrai, pas vrai ? Moi je sais ce qui est vrai. Peut-être pas, je ne le sais pas peut-être pas. Mais j’aimais bien cette idée de divaguer avec ça.

Arthur : Est-ce qu’il y a un moment où les chansons ne suffisaient plus, et où il a fallu passer à l’écriture plus longue, au roman ?

Cali : Peut-être. Mais je ne le savais pas. C’est-à-dire que je n’ai jamais eu de velléités d’écrivain. C’est vraiment une dame qui m’a offert ce déclic. Elle m’a dit qu’elle aimait beaucoup mes chansons quand elles traitaient de l’enfance et de l’adolescence, et qu’elle voulait en savoir plus. Et en savoir plus c’était aller beaucoup plus loin.

Alors le format chanson me plait beaucoup, je continue à écrire des chansons parce qu’il y a ces limites là ; 3 minutes, 4 minutes et on doit raconter le monde ou son monde. C’est merveilleux parce que c’est calibré, mesuré. Surtout quand on déclame les chansons et qu’elles peuvent passer en radio, ou qu’elles passent dans des soirées, ce sont des milliers de personnes qui écoutent la chanson en même temps. Alors, ils prennent les mots qu’ils veulent de cette chanson, ils en font ce qu’ils veulent. Ils la noient dans leur chagrin ou alors ils la poussent avec leur bonheur. Si elle est réussie la chanson, les gens peuvent aller très loin.

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(©Yann Orhan)

Mais un roman, ce qui est plutôt pas mal, c’est qu’il n’y a pas ces limites là, pour l’auteur, pas 3-4 minutes, on peut faire 100-200-1000 pages. On peut décrire tout ce qu’on veut. Tout ce qu’il y a sur ce bureau, je peux le décrire si je veux. Surtout, on amène un lecteur, un seul lecteur. C’est celui qui est en face, qui a acheté le livre, qui le lit. Une seule personne en face. On lui parle, on l’amène dans le ruisseau où on veut l’amener. C’est ça la différence pour moi. Et je crois que ce sont deux choses malgré tout différentes. Même si on me dit souvent qu’on retrouve de l’écriture des chansons.

Arthur : Notamment avec la dernier album, les choses défendues en 2016.

Cali : Totalement, je suis d’accord. C’est marrant parce que Mathias Malzieu, qui est mon ami, mon frérot, qui écrit des romans, des films, des chansons magnifiques, m’invite là pour aller chanter aux Trois Baudets, je crois que c’est le 14 mai, et puis il m’invite pour une lecture musicale. je sais que je vais chanter des chansons des Choses Défendues, parce que ça colle.

Arthur : Il y a une question très importante dans ce livre : Est-ce qu’on meurt d’amour ? Est-ce que vous avez la réponse ?

Cali : Ma réponse est : j’espère. La seule bonne raison de mourir c’est l’amour, et par amour. C’est terrible de mourir : on laisse des gens, juste ça, on laisse des gens. Mais par contre, mourir d’amour, je trouve qu’il y a quelque chose de l’ordre de vivre. La seule raison de vivre pour moi, c’est l’amour. La seule raison. Et quand on a quelqu’un qui nous aime, on a un petit brasier quelque part, on sait qu’il est là. Et on peut continuer. Quand on aime quelqu’un, on a ce brasier aussi, et on peut continuer. Quand il n’y a plus rien… Waouh. J’aime bien l’idée de vivre d’amour, et de mourir d’amour, oui. Le reste on s’en fout.

Arthur : Des questions, il y en avait notamment sur cet album de 2003, L’Amour Parfait, et cette chanson, qui s’appelait Il y a une question, ambiance Salinger : Où vont les canards quand il fait trop froid ?

Cali : Oui c’est exactement ça.

Arthur : Combien de jours de deuil à la mort de Johnny ?

Cali : Il y a encore du deuil. Mais oui, c’est vrai, où vont les canards quand il fait trop froid, quand il demande au taxi, oui, bien.

Arthur : C’est un livre important, L’Attrape-coeurs ?

Cali : Oui. Il m’a beaucoup troublé. Pour y arriver à ce livre, j’ai dû passer, à la fin de l’adolescence, par Bukowski, qui m’a amené sur John Fante, qui m’a amené sur Brautigan, et puis évidemment, dans ces allers-retours, je suis tombé sur Salinger. Je me suis dit “tu vas lire un livre que des millions de personnes ont lu et les gens étaient bouleversés”. Evidemment ce mal-être de l’adolescent, qui vit ce périple new-yorkais de quelques jours. Ça m’a d’autant plus bouleversé quand j’ai appris que l’auteur de l’assassinat de John Lennon, Mark David Chapman, avait le livre dans la poche et avait reconstitué tous les parcours de Holden Caulfield avant d’aller tuer John Lennon. Ça, ça m’a bouleversé. Et l’année d’après, celui qui tire sur Reagan avait des pages aussi de ce livre, alors qu’il n’appelle pas au meurtre, il appelle à l’amour ce livre je trouve. Dans ce livre, moi ce qui m’a beaucoup touché, c’est la relation qu’il a avec sa petite soeur.

« Je demande toujours : “On va jouer où la semaine prochaine ?” Parce que je ne le sais pas. Je ne sais pas qui je vais croiser. Je ne sais pas quel sourire d’amour je vais croiser. »

Arthur : Il y a beaucoup de questions dans ce livre encore une fois, est-ce que c’est parce que vous vous en posez toujours autant, ou alors est-ce que c’était une façon de fixer les questionnements de l’adolescence ?

Cali : J’ai pas voulu fixer. C’est à dire que j’aime bien l’idée dans ma vie de tous les jours l’idée de préméditer le moins possible. C’est quand-même assez bouleversant de ne rien trop prévoir. Moi je fais un métier – alors le mot métier – je vis d’une passion, qui m’amène d’un lieu à un autre. Je demande toujours : “On va jouer où la semaine prochaine ?” Parce que je ne le sais pas. Je ne sais pas qui je vais croiser. Je ne sais pas quel sourire d’amour je vais croiser. Je ne sais pas ce que je vais chanter. J’adore ça parce que me permet de garder la légèreté de la vie. C’est je crois c’est qu’il faut.

Donc quand j’ai commis cette histoire là, je l’ai démarré, c’était vraiment un désir de continuer à faire vivre ce petit Alec, ce petit Bruno, à l’âge de 15 ans. Et surtout de vivre en parallèle une deuxième vie comme ça. Donc les questionnements je crois que ce sont toujours mes questionnements, aujourd’hui, avec les mots de mes 15 ans.

Je crois que c’est ça mais je ne suis sur de rien.

C’est assez étonnant parce que je me pose la question souvent, en ce moment surtout. Vieillir, ok, c’est évidemment normal. Mais j’ai l’impression que le basculement de l’adolescence à l’âge adulte, je ne l’ai pas vécu. C’est à dire que tout le milieu, enfance, adolescence, âge adulte – alors c’est Victor Hugo qui dit ça : 40 ans c’est la vieillesse de la jeunesse et 50 ans c’est la jeunesse de la vieillesse – moi j’arrive à la jeunesse de la vieillesse et je me dis que jusque là, je n’ai vécu que l’adolescence et ça, ça me plaît.

Arthur : C’est un choix de vivre seulement l’adolescence ? La désinvolture et les yeux de Joe Strummer ?

Cali : Ouais, c’est les yeux de Joe Strummer, avec des gens qui me tiennent, une compagne et des enfants. Qui parfois me regardent comme un clown, parfois ça désamorce aussi pas mal de choses de la réalité de la vie. Ce sont des rencontres et tout ça. J’ai la chance d’avoir les deux. Une responsabilité de père, en étant responsable quelques minutes, comme peuvent l’être des adolescents.

Rires

Arthur : Est-ce qu’il y a un moment où vous vous êtes dit que ce vous écriviez était impudique ? On en parlait juste avant, que ces souvenirs, ils n’appartennaient qu’à vous, finalement ?

« Je mens beaucoup moins grâce aux chansons »

Cali : Euh, oui, mais non. C’est à dire que… J’ai tellement menti dans ma vie, que depuis quelques années, je mens beaucoup moins. Grâce aux chansons. Je dis vraiment ma vie dans les chansons. C’est important d’aller chercher des choses vraies dans mes chansons, parce que quand on va les chanter en concert des milliers de fois, on ne s’en lasse jamais. On revit ce moment-là et on est imprégné de ça. Il y a une émotion qui part, on ne la retient pas, c’est normal, c’est notre vie, c’est ma vie.

Je ne mens pas donc je me suis dit “je continue, je dis les choses”. Et peu importe. Encore une fois, on vit on meurt. Qu’est ce qu’on va me dire ? Je regrette tellement de pas avoir dit “Je t’aime” à mon père, en vrai quoi. Je regrette tout ça, donc là je ne regrette plus, je dis. Mes amis me disent que je suis de plus en plus sans filtres. Je crois que c’est plutôt pas mal.

Là où je me suis posé des questions, c’est que dans ce livre-là, il y a deux ou trois personnes qui ont un mauvais rôle, quelque part et je n’ai pas voulu mettre leur vrai nom. Je me suis amusé à juste changer ces noms-là. Ça servait à quoi de leur faire du mal, faire du mal à leurs enfants, leurs petits-enfants. Alors j’ai juste changé ces noms.

Sinon j’y vais comme ça. C’est pas bien grave ce que je raconte. C’est une adolescence. Quelque part, les beaux compliments qu’on me fait, ce sont des gens qui me racontent leur adolescence. Qui m’avouent des choses qu’ils ont vécu dans leurs villages, très loin du mien, mais c’est la même chose quelque part.

C’est très troublant, dans les salons du livre, il y a des gens qui m’avouent des secrets, et je suis persuadé qu’ils ne racontent pas ces histoires à d’autres personnes. Ils ont besoin de la raconter. Je sais pourquoi ils font ça : parce que moi je me suis livré. Ils se disent qu’ils ont le droit de se livrer eux-aussi. Ça c’est troublant.

Arthur : On est loin de  Menteur alors ?

Cali : Ouais… J’aime beaucoup, ça me rappelle beaucoup de choses, mais je n’aimais pas du tout le titre. C’était justement pas ça. Après L’Amour Parfait, je voulais appeler l’album suivant L’Amour Terroriste, le deuxième, c’était en 2005, au moment des attentats à Londres, au moment du choix du titre. Je n’ai pas voulu mettre “Terroriste” à ce moment-là parce que je ne voulais pas expliquer tout ça.

Alors que pour moi, l’amour terroriste, c’est celui qui peut changer la vie en 3 secondes au coin d’une rue.

On est malheureux, on tourne, et on est foudroyé par l’amour, on est heureux. En 3 secondes.

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(©Yann Orhan)

Arthur : Plutôt “on meurt demain” ou “La fin du monde est pour dans 10 minutes” (titre d’une chanson de cet album, Menteur, en 2005)

Cali : Oh… Les deux c’est bien. La fin du monde est pour dans 10 minutes, j’aime bien l’idée d’aller chercher l’émotion et l’adrénaline tout le temps. Ne pas se dire “On verra plus tard” parce que plus tard, on sait pas. J’aime bien l’idée, si jamais on me proposait de mourir, enfin, s’il y avait un astéroïde ou je ne sais pas quoi, et qu’on avait pour 10 minutes, j’irai braquer une banque. Ça sert à rien, mais pour l’adrénaline quoi, la vivre. Alors que là je ne le ferai pas.

Mourir demain c’est vraiment une phrase que je continue d’employer et qui terrorise mes copains. Ils passent des moments avec moi et les moments ne s’arrêtent jamais. Parce que s’ils veulent rentrer à la maison, moi je sors cette phrase. Ils disent “mais si c’était vrai ?” et ils restent.

Arthur : Dans le prochain, ça sera l’âge adulte ? Après le début des souvenirs dans Seuls les enfants savent aimer, après l’adolescence, dans Cavale ça veut dire s’échapper ?

Cali : Alors j’ai du mal à en parler. Je suis dessus là en fait. Je m’amuse. On en parlera après. Mais j’ai une terrible envie de continuer à faire vivre après un premier avec Alec, Brunon, un deuxième avec Alec, Bruno, une trilogie ça me plairait, qu’il y ait cette histoire-là. Et pourquoi pas se tirer quelques balles dans le pied ?

J’aime bien l’idée si on aime un petit garçon au départ, à la fin on peut presque le détester. Et se demander pourquoi on l’a aimé. Et pourquoi on le détesterait puisqu’on l’a aimé. Et inversement. Voilà. J’ai cette idée dans la tête.

Arthur : On sent énormément de plaisir. Ça va vite et c’est fluide.

Cali : Chez les écrivains, les auteurs que je croise, il y a cette idée de penser, de réfléchir à des choses, ça prend du temps. C’est leur vie d’écrivains. Moi ce n’est pas ma vie. J’ai ouvert une vanne donc l’eau coule comme ça. C’est pour ça que ça va vite.

Arthur : Vous envisageriez d’écrire sur un sujet opposé, très loin de Vernet ?

Cali : Je ne sais pas.

Arthur : Inventer une vie Cowboy. (titre d’un triple album live en 2013, ndlr)

Cali : Ouais, une vie Cowboy. J’adore ça. C’est possible. Mais en même temps j’aime bien l’idée, à la Springsteen, écrire des chansons universelles où il parle de social ou d’autre chose, mais c’est toujours Asbury, c’est toujours chez lui, à côté. C’est toujours pas loin de sa maison d’enfance quoi qu’il arrive. C’est réconfortant de se promener et de se dire qu’après on va tout raconter à ses amis dans son village.

Arthur : Une dernière question pour terminer cet entretien, qu’est ce que vous évoque la Première Pluie ? Vous parlez beaucoup de pluie dans vos chansons d’ailleurs.

Cali : C’est beau, Première Pluie.

La première pluie elle est chaude, parce que c’est l’été. Et c’est un visage de fille, qui a un tee-shirt blanc. Et on est tous les deux sous la pluie, on la prend comme ça. On n’ouvre pas les bras mais on est très timides. Et je la regarde, elle me regarde, et on n’a pas envie d’aller s’abriter. Par son tee-shirt, je commence à voir toutes les formes comme ça. Et donc cette pluie elle me fait grandir quoi. Elle me fait prendre un petit peu d’assurance. Elle me dit tiens regarde, en fait c’est pas une petite fille, c’est une femme. Et je passe à la suite.

Un téléphone pas à nous sonne 4 fois

La pluie pour moi c’est l’Irlande aussi. Ohlala. Une route pavée, un matin, 8h du matin, la brume. Et j’entends au bout de la rue Unforgettable Fire de U2 qui sort de chez un disquaire. Il y a une petite brume.


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Cavale ça veut dire s’échapper est paru le 14 mars 2019 aux éditions du Cherche Midi.

176 pages, 18 €

Vous pouvez vous le procurer ici : https://www.lisez.com/livre-grand-format/cavale-ca-veut-dire-sechapper/9782749161464

Et dans toutes les bonnes librairies. 

3509_1_Cali-slider_imageC’est son deuxième roman après Seuls les enfants savent aimer, paru également au Cherche Midi en 2018. 

Cali a sorti un album de reprises de Léo Ferré : Cali chante Léo Ferré,  en 2018 : 

Son précédent disque, original, Les choses défendues, est paru en 2016 chez Sony : 


Arthur Guillaumot

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