Coup de Pousse / Playlist #9

Avec Coup de pousse, on cueille les plus belles fleurs de la jeune scène pour vous les offrir, des talents bruts, trop peu entendus. Un recueil d’ambiances, de sonorités, de jeunesses et d’espoirs purs. Une playlist de jeunes pousses enthousiasmantes, par la rédaction de Première Pluie.


Oscar Emch – Antalgique 

Portrait pasolinien, que ce premier ep d’Oscar Emch, Portrait craché, paru vendredi. Chevalier coloré, à la bannière spleen bariolée. Quelques poèmes, papiers froissés, qui disent les émotions purs, les moments intacts. Photos de voyage à l’intérieur, dans l’intime velouté et les soirées de velours, ce premier ep révèle autant de qualités d’écriture qu’une esthétique totale et très aboutie. C’est de la musique comme 1000 oiseaux qui battent fort des ailes. La nonchalance est une modernité effervescente, à placer sous la langue. En témoigne ce titre, Antalgique.

Silly Boy Blue – Hi, It’s Me Again

Tutoriel pour apprendre à pleurer du cristal, sur le ciselage cruelle des mécaniques, celles de la vie, celles de l’été, qui part, des choses qui reviennent. Silly Boy Blue, c’est le genre de nom qui s’installe sur la scène, en douceur. Oui, c’est elle à nouveau. Lauréate de la précédente édition des Inouïs, elle cultive une musique raffinée, à la rare puissance d’évocation, sur des visuels qui font partie intégrante de l’oeuvre. Les chansons de Silly Boy Blue, c’est des bouquets.

Pekahach – Rockstar 

Il est en train d’inventer la suite de son précédent ep, 23, paru l’année dernière. Pekahach avait envoyé Bubble à la face du monde, en première partie de saison, dans la mécanique de ses nouvelles sonorités. Sur Rockstar, impossible de résister à la dimension ultra-entêtante de son refrain. Sans doute son morceau le plus abouti à ce jour, écriture sobre et taillée, prod efficace. Pekahach vient d’annoncer un projet pour l’automne. Allez, je parie que vous allez aussi avoir ce « Rockstarrrrrr » en bouche. 

Maddy Street – Blue 

Comme Cycle, qu’on recommandait déjà allègrement, Blue dit la souplesse artistique de Maddy Street. Les flows techniques succèdent aux envolées du chant. On pense évidemment à Loyle Carner. Une beauté des sonorités raffinées, et un nouveau morceau très parfumé. J’ai pris le temps d’écouter son deuxième ep, Blue, paru en juin dernier, dans son intégralité, et ce qui frappe, c’est la cohérence du projet, et la vision d’ensemble. C’est une vraie richesse, fleurs grimpantes, sur les tours, univers qui prospèrent, en couleurs et en sensations.

Andy Luidje – Top of Mind feat Nelick 

On vous a déjà largement parlé des sons d’Andy Luidje, ces derniers mois, au fil de leurs sorties, mais quand on y croit, on y croit, que voulez vous. Les convictions musicales ne varient pas souvent, et encore moins quand l’auteur publie un premier projet aussi dense et curieux que Vous et moi. Ici, avec Nelick, il tâte encore une nouvelle vibe, et confirme. Collaboration pulpeuse, comme toujours avec la vibe de Nelick. Tentative et art de vivre, musique et sensation, c’est le projet. On se dit des choses, ça va de la bouche au coeur. Excellent premier projet. Le premier projet d’Andy Luidje est écoutable juste ici.

Woodsad – Une bonne étoile 

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Woodsdad, et il a sorti un ep, comme ça, sans prévenir. Avec un clip sur le gâteau, 3 titres. Vous pouvez tout de suite allez écouter Une bonne étoile, ici. Un ep qui témoigne de la curiosité musicale de Woodsdad, et c’est un mot important pour le définir, autant qu’une qualité artistique rare. Toujours, dans l’ouverture, le rappeur nancéien, membre du collectif Les Gars du Coin, propose, et se montre. On sent qu’il y a eu des remises en question depuis son précédent projet, Toujours pas compris, paru il y a deux ans. Les prods sont mauves, dans une vibe très légère, qui permet un maximum de souplesse sur les flows, il teste, il mise. Plaisir musique. On adhère. 

Lea Jacta Est – Stranger 

La poésie d’un live fabriqué à la main. Stranger se sirote, au bar d’un hôtel, comme une petite pause après l’accablement. Un constat en douceur, un atterrissage en feu. Une belle ballade folk, qui livre une belle voix, efficace et apprivoisée au mieux. Il y a une retenue, une forme aboutie de pudeur poétique dans l’interprétation, en équilibre et dans les notes qui prennent un charme fou avec les paroles, c’est la force de Lea Jacta Est, brûlante.


Article écrit par Sébastien Bordel / Coup de Pousse, playlist de découvertes musicales, par la rédaction de Première Pluie. / 

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