Coup de pousse / Playlist #11

Avec Coup de pousse, on cueille les plus belles fleurs de la jeune scène pour vous les offrir, des talents bruts, trop peu entendus. Un recueil d’ambiances, de sonorités, de jeunesses et d’espoirs purs. Une playlist de jeunes pousses enthousiasmantes, par la rédaction de Première Pluie.

Saint DX x Clara Nowhere, Joseph Schiano di Lombo – No Love 

Euh d’accord, ce morceau existe. Il est magnifique. Un jour bientôt, dans nos rêves et nos élans de dinosaures à dents de sabre, quand la terre aura été détruite par des valses de météorites, il y aura des survivants, dans des champs, des prairies de Toscane, qui chanteront en langueur No Love. On sera bien après l’amour, bien après le Coca sans sucre, et on touchera des épines, juste pour se piquer. No love, c’est le fracas de trois univers qui s’embrassent. C’est la collab la plus chic qu’on pouvait imaginer si on était pas sélectionneur de l’équipe de France de catch. Vraie connexion entre Saint DX, Clara Nowhere et Joseph Schiano di Lombo.

Aurore de St Baubel – J’ai toujours vécu là 

J’ai toujours vécu là pourrait être un premier roman. Ce morceau a dans le ventre l’énergie de chapitres précis, de longues descriptions, que quelques vers contiennent ici. Aurore de ST Baubel narre aussi juste qu’elle chante. Un constat précis, plein de désillusion. Et si la voix plane c’est pour souligner les chutes. Vous allez voir le texte s’écrire dans votre tête en écoutant ce morceau. Vous allez vous faire votre film intime. Les scènes se déroulent. C’est la langue des écrivains américains qui croiserait des thèmes contemporains. Le clip est lui aussi d’un chic rare. Il y a une vraie matière.

Masoe – Ave 

Avec Ave, Masoe signe un tournant dans sa progression et dans le début de son oeuvre. L’univers visuel est plus que jamais en place mais surtout, la couleur artistique du projet, faite de curiosité et d’une démarche d’amplitude des sonorités, produit son meilleur effet. Masoe gagne encore en souplesse, et sa voix en ampleur, sur une prod riche, spleen météorite, danse des doutes. Il signe son titre le plus réussi. Hâte de voir la suite.

Célia Millat – Besoin d’amour

Besoin d’amour est le genre de chanson qu’il faut écouter en se promenant dès la saison des grosses écharpes, quand on met les mains dans les poches à cause du froid, sur les avenues vestiges des amours passés. Un petit poème pur, aux sonorités qui se marient avec toutes les couleurs de la mélancolie. Ce morceau est une photo des saisons qui se succèdent, une carte postale du coeur. Avec L’astéroïde paru le 10 septembre, Célia Millat a fait un très bel ep. Pour se rendre compte de la beauté très aérienne de sa voix, écoutez sa chanson La pluie, elle aussi extrait de cet ep L’astéroïde que vous pouvez écouter ici

Abel Chéret – J’avale 

Abel Chéret sait faire un truc très chic : déposer des poésies, méticuleusement, avec ses lèvres, sa bouche et tout. On ne dirait pas que c’est une prouesse, et pourtant. Il suffit de l’écouter pour comprendre ce que j’entends par là. Dans J’avale, et ce n’est pas un jeux de mots buccal, c’est ça le pire, il met à l’oeuvre cette écriture en dentelle, qui prend les couleurs des instruments. Le 27 novembre sortira une réédition de son ep Amour ultra chelou, que vous pouvez écouter ici, dans sa version originale. J’avale est le premier extrait de cette réédition.

BARON.E – Danser dans le noir

Il fallait marquer le coup pour leur passage sur la scène des Inouïs du Printemps de Bourges, alors quelques jours plus tôt, sortait le clip de Danser dans le noir, issu de leur premier ep, Jeunesse Dorée, paru en mars dernier. Baron.e, c’est un duo, pour de vrai. Avec des voix qui se mêlent, des notes qui racontent. Dans ce morceau, « Danser dans le noir » est scandé comme un mantra, sur des sonorités qui invitent à se réjouir des cataclysmes. Tout est brûlant, chez Baron.e, et danser dans le noir devient un vrai projet étourdissant et rassurant. Pop pansement. Leur premier ep, Jeunesse Dorée, s’écoute ici.

Miae – Chantal 

Avec Chantal, Miae signe un morceau aussi envoûtant que prenant. Le refrain est une invitation estivale, les sonorités électros ont de quoi habiller toutes les nuits. Miae offre une interprétation aboutie et sincère, qui porte le thème et le texte. Il y a une vraie curiosité, qui s’installe et qui témoigne de la richesse de son univers de Miae. Et tout sur un thème fort, qu’elle sert par sa justesse.

Romain Muller – Un parapluie pour deux

Plus que jamais, Romain Muller déploie sa science poétique des langueurs avec Un parapluie pour deux. Sur un rythme de fin de soirée, d’apparition du matin, il colorie des décors et des souvenirs, avec des crocs extra-lucides : “J’ai connu pire, t’as connu mieux, /  dans la moyenne, pile au milieu. On se connait, depuis longtemps.” Complainte sucrée, slow sur l’éternité. Romain Muller a sorti un ep le 10 mars dernier, Bain de Minuit, vous pouvez l’écouter ici.

Fomo – 1965

Avec ce premier clip, pour 1965, Fomo témoigne d’une maîtrise rare. À tous les plans, les choix sont efficaces, rassemblant une sensibilité puissante et un charisme qui porte l’interprétation, sur un gros travail des sonorités. C’est très abouti. Si vous vous demandez ce que c’est un flow électrique vous pouvez cliquer tout de suite. Bref, Fomo se pose tout en souplesse et impose son univers.

L’oléfan – Animal-Fleur

L’oléfan c’est une aventure en bateau sur un fleuve aux tumultes imprévus. Une fois qu’on embarque, on y est, on écoute. C’est une musique réjouissante, une pop urbaine mais ascendant classique, avec des instruments qui font un travail important sur les couleurs de l’imaginaire. C’est des instants de poésies, qui se gagnent contre les moments pressés et qui deviennent des minutes précieuses. Leur premier ep, Épopée, est sorti le 1er juin. Vous pouvez l’écouter ici

La rédaction de Première Pluie / Coup de pousse, la playlist des découvertes de Première Pluie / A

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