Lundi 6 mai, le tableau le plus célèbre de Gustave Courbet, L’Origine du Monde, présenté dans le cadre de Lacan, l’exposition, au Centre Pompidou Metz, a été tagué de la mention “Me Too” à la peinture rouge. L’artiste performeuse luxembourgeoise Deborah de Robertis a revendiqué l’organisation de cette action. 

Il est environ 14h lorsque le plus important musée messin voit deux femmes inscrire Me Too sur la vitre protégeant le tableau de Courbet. Quatre autres œuvres seront également taguées avec une peinture qui “s’efface en une seconde et sans dégât”. Le parquet de Metz indique que deux femmes ont été interpellées et qu’une troisième est toujours recherchée. Autour de 20h le jour-même, on comprend qui est la troisième participante lorsque Deborah de Robertis revendique être à l’origine de l’action, qu’elle nomme “On ne sépare pas la femme de l’artiste”, via une première publication instagram.

En 2014, la performeuse avait reproduit L’Origine du Monde, devant l’œuvre, au Musée d’Orsay, à Paris. En 2016, elle s’allonge nue devant Olympia, d’Edouard Manet. Un an plus tard, elle avait montré son sexe devant La Joconde au Louvre. En 2018, elle défilait seins nus, en Marianne, avec quatre autres femmes, lors des manifestations des Gilets Jaunes. À Lourdes, la même année, elle s’était dénudée dans la grotte du sanctuaire et avait été condamnée deux ans plus tard à 2000 euros d’amende. Des gestes politiques, qui invitent à refléchir sur le corps de la femme, son exploitation et les différents rapports de domination qu’il subit. 

Miroir de l’Origine, la photographie de sa performance devant L’Origine du Monde a été intégrée grâce à sa persévérance dans l’exposition Lacan du Centre Pompidou Metz, juste à côté de l’Origine du Monde. Mais alors pourquoi s’en prendre à l’œuvre de Courbet ? Et puisqu’elle ne taguait pas les peintures, que faisait Deborah de Robertis sur place ? C’est tout le propos des deux publications Instagram de l’artiste luxembourgeoise, hier soir. 

Elle a dérobé, dans l’exposition, une broderie de l’artiste d’Annette Messager, sur laquelle est écrit “Je pense donc je suce” qu’elle dévoile dans une première publication. Selon Deborah de Robertis, cette pièce est désormais sa propriété. En effet, la deuxième publication on la découvre en compagnie du co-curateur de l’exposition Lacan, et propriétaire de la broderie, Bernard Marcadé. Elle affirme s’être réapproprié l’œuvre, que Marcadé lui « devait« . 

À l’AFP, Deborah de Robertis confie avoir voulu interpeller “l’histoire de l’art pour rappeler que les femmes sont à l’origine du monde”. On peut aussi imaginer la volonté de déployer un Miroir du Miroir de L’Origine du Monde.

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Arthur Guillaumot

Photo de Une : Document remis