Les frères Sisters, jolie prose qui sillonne le FarWest pour nous offrir une aventure des plus belles jamais vue dans le style, et peut être même au cinéma qui sait, car oui, ce film a tout pour devenir un classique, pour nous. Jacques Audiard sort ici de ses sentiers battus, rien qu’entendre son nom dans la même phrase que Western nous fait assez bizarre. D’ailleurs, il n’aime habituellement pas ce genre, mais c’est le livre de Patrick de Whitt dont le film est adapté qui lui a donné envie de tenir les rênes dans la confection de ce bijou, le premier film qu’il réalise en anglais. N’hésitez pas à foncer le voir si vous aimer les histoires vraies, parfois violentes bien sûr pour servir le style mais surtout vraies, cruelles, passionnées, et surtout belles en même temps.

sisters-village

Nous sommes en 1851 dans une Amérique en pleine construction (plus précisément dans l’Oregon). Les chercheurs d’or affluent de toutes parts et construisent les villes comme des châteaux de sable sur une plage de la taille d’un pays. Parmi eux les frères Sisters, qui sont bons dans ce qu’ils font, qui sont bons pour tuer. Parmi eux aussi, un prospecteur qui aurait trouvé une formule chimique miracle pour trouver de l’or à coup-sûr, et un détective privé, à la base engagé pour s’emparer de ce savoir. Le Commodore la veut aussi cette formule, et qui a-t-il sous ses ordres pour mener à bien cette mission ? Les frères Sisters. Vous l’aurez compris, c’est une chasse à l’homme que nous donne à voir ici.

c-SHANNA-BESSON-9

Ce qui est beau dans ce film c’est qu’on pourrait y rester pendant des heures, c’est l’histoire d’une traque, de galères, de la vie dans la nature, de l‘indifférence d’enfants perdus qui n’ont que faire des conséquences de leurs actes, et de paysages magnifiques dont on n’abuse pas trop, malgré cette lumière magnifique qui surplombe ce ciel au-dessus de la tête de tous ces personnages, qui vont devoir croiser les doigts s’ils veulent faire de vieux os. Du sans faute du coté du jeu d’acteurs, rine d’étonnant en vue du casting présent : Joaquin Phoenix, John C. Reilly, et le merveilleux tandem déjà présent dans Nightcall, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed.

Le rythme pétaradé de coups de feu des confrontations est vraiment puissant. C’est une violence de carte postale que l’on voit ici : pas forcément réaliste, mais pas non plus bidon, l’ensemble donne quelque chose de tout à fait cohérent, sans tomber dans le trop spectaculaire.

0241229.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Certains attendent la sortie du tout nouveau Red Dead avec impatiente, et bien voilà une très belle mise en bouche à qui veut la goûter. Pas besoin d’avoir de manettes pour apprécier ce qu’on voit à l’écran, même s’il est vrai que nos frères Sisters s’en sortent peut-être un peu trop biens parfois et qu’ils auraient pût mourir plus d’une fois pendant ces deux heures d’épopées, à condition de pouvoir être réanimés : on se plait beaucoup trop à les suivre dans leur fable.

Pourquoi faut-il foncer voir ce film ? Parce qu’on le trouve jusqu’à mardi prochain au Caméo Saint Sébastien à Nancy, et qu’on le trouvera encore longtemps dans un coin de la tête à ceux qui ont eu la bonne idée d’aller le voir.

 



 

Processed with VSCO with e6 preset

 

 

Romain Bouvier, expert en recherche de fraises des bois