Castaner encore récompensé 

Christophe Castaner est ministre de l’Intérieur. Je parlais des loosers De Rugy et Ferrand dans un précédent édito. Castaner est le roi des loosers. Imaginez un mec qui a raté sa vie et qui gagne très gros au loto. Pareil pour Castaner qui a pour seul talent d’avoir su miser sur Emmanuel Macron très tôt. Il a eu de la chance et aujourd’hui il est récompensé. Il était déjà largement récompensé en devenant d’abord porte parole du gouvernement également en titre de secrétaire d’état chargé des relations avec le parlement, puis délégué général de La République En Marche. On peut aussi imaginer qu’il n’aurait jamais été élu député sans le sceau du président de la République. Mais il a voulu plus encore. Libération révélait la semaine dernière que s’il n’avait pas eu le ministère de l’Intérieur, il démissionnait. Caprice et chantage. 


Le ministère de la Culture se brade contre loyauté 

Franck Riester est ministre de la Culture. Terminé la société civile, et Françoise Nyssen, décevante ou impuissante ? Elle peut retourner dans sa maison d’édition, Acte Sud. C’est dommage. 

Là on a un ministre de la Culture comme la France sait en produire. Des diplômés d’école de Commerce, au carrière politique ratées mais qui on pour eux d’avoir été vaguement chargé à un moment d’un projet de loi touchant domaine de la Culture. Tiens, c’est le cas de Franck Riester à qui on doit Hadopi. Un nouveau ministre de la Culture qui n’y connait rien, mais bon, la Culture, vous savez, peu importe le gouvernement on s’en moque et on y colle une personnalité interchangeable (cc Fleur Pellerin) qui pourrait se retrouver le lendemain ministre de l’Economie.  

Mais là ce n’est pas de Culture dont il s’agit mais de politique. Le président de la République, ici par la voix de son Premier Ministre, avec qui on comprend qu’il a décidé du gouvernement, cherche à éviter la structuration d’un centre droit construit par les Solère, Riester, Raffarin et surtout Alain Juppé (UDI-Agir). Partis des Républicains et pas encore récompensés de leur Macron-compatibilité comme leurs ainés, Edouard Philippe (Premier ministre) Bruno Le Maire (ministre de l’Economie et des Finances) ou encore Gerald Darmanin (ministre de l’action des comptes publics). L’UDI-Agir a une voix au gouvernement avec Franck Riester et ne peut donc plus comme elle le prévoyait jouer la dissidence ou présenter une liste aux européennes comme c’était prévu. Neutralisation de la fracturation du centre, coût : un ministère de la Culture. 


Bonus : La Honte 

Emmanuel Wargon est nommée secrétaire d’état auprès du ministre de l’Ecologie, François de Rugy. Emmanuel Wargon sort tout droit de chez Danone, où elle était directrice des affaires publiques. C’est du lobbying. Voilà, le ministère de l’Ecologie d’un grand pays comme la France est infiltré par des lobbyistes, nommés par le sommet de l’Etat, tout va bien c’est super grave et c’est au grand jour en plus. 


Bilan : bientôt la fin des rustines 

On sent que pour les gros postes, ce n’est pas un gouvernement du cœur, comme pouvait l’être le 1er gouvernement Philippe. Ex : L’ex président des sénateurs socialistes, Didier Guillaume qui remplace Stéphane Travert à l’Agriculture. Distribution de postes à toutes les tendances proches possibles pour colmater les récentes brèches. Les petits nouveaux ne sont pas des solutions politiques, ce sont des récompenses, des grades, parce qu’en interne, lieutenants et alliés veulent se faire plus gros que le bœuf. C’est pour ça que le remaniement s’est fait tellement attendre. 

Ce sont des coups politiques assez habiles, objectivement. Mais ça ne va plus suffire, parce qu’il va venir le jour où il n’y aura plus de postes à distribuer, ou que des intérêts de lieutenants et d’alliés vont se confronter (ou aux européennes de 2019, ou aux municipales de 2020). Le président de la République vient juste de gagner du temps, mais c’est être tout sauf le maître des horloges, parce qu’il l’a payé cher et que ce n’est qu’un 1er versement.