Playlist de la semaine – 2 mars

Tessae – Alerte 

Tessae continue de déployer son univers. Après “ça tangue”. Sa voix témoigne d’une grande maîtrise, déjà, de cette impression que tout tangue et flotte. Tout roule en fait, même les mots, Tessae roule vers les nouveaux titres et les dates, dans la jeunesse et la genèse, en direct, de son projet. S’inventer une couleur pour l‘univers visuel, se créer un espace vocal à soi, un numéro d’équilibriste, de performeuse en solitaire, d’embrasseuse de foules, d’écriveuse de nuits.

Laylow – Logiciel triste

L’album rap événement de cette semaine c’est celui de Laylow. Un artiste n’ayant pas de compte certifié sur Twitter et qui pourtant a réussi à créer un buzz fou autour de la sortie de son nouveau projet. 

Le projet, il est ambitieux. Il a une identité folle, il est risqué. Il est dans l’air du temps, et il raconte une histoire. 

La cohérence de Trinity est une de ses grandes forces. Laylow a vu son album comme une œuvre à part entière et a exploré une direction artistique marquée et marquante avec une profondeur rare. 

Logiciel Triste est la dernière piste de cet album qu’elle termine sur des notes très sombres. J’aime la mélodie du titre, j’aime les paroles, j’aime l’ambiance plus accessible au grand public qu’à d’autres moments dans l’album. 

Aloïse Sauvage – Omowi 

Ok, on a déjà beaucoup parlé d’Aloïse Sauvage ici et sur Première Pluie. Mais c’est toujours important, c’est toujours un vrai moment. Elle sait créer un moment unique, à elle, où elle va utiliser son corps pour souligner ses mots. Aloïse Sauvage voyait paraître vendredi son premier album. Dévorantes, dont on parlait ici. Un hymne entraînant, plein de couleur, qui parle d’un monde en meilleur et contre tous. Des mots délicats pour dire la diversité et l’amour jamais aussi beau que quand il vient du ventre et se pose où il veut sans qu’on en chasse les papillons. Omowi, c’est un morceau qui compte, avec un clip rieur et enjoué, qui fait du bien. Le combat continue. 

Eden Dillinger – Visages 

Eden Dillinger envoie un nouvel extrait de Scuba, son premier album qui sortira le 13 tard prochain. D’ici là, on a de quoi se prendre l’univers noir et les riffs maléfiques de Piège. Inutile de rappeler que la prof est Piègée sur ce projet réalisé à deux. Visages est une des détonations les plus solides du projet, parfait alliage entre le nouveau Dillinger et sa carapace précédente. Entendez par là, le choc et la fusion entre l’univers sombre et marqué des sonorités actuelles et le flow incisif et intenable qui a fait sa réputation. Scuba, qui sort le 13 mars prochain est l’un des projets les plus ambitieux entendu cette année, parce qu’on ne peut pas le ranger, qu’il vit par lui-même, comme un organisme indépendant, qui témoigne de la mutation d’un style. Scuba, c’est le pari de montrer ce qui peut constituer la diversité d’une matière crânienne. 

Fleetwood Mac – Little lies

Parfois je regarde dans mes Shazam, et j’y découvre des sons exceptionnels sans savoir d’où ils viennent. C’est la question que je me pose à propos du son « Little lies » du groupe britannique Fleetwood Mac ! Dans quel instant de mon existence ai-je été touché assez fort et intensément par les notes de cette chanson pour la shazamer instantanément, quand ai-je été trop occupé pour ne pas m’en souvenir par la suite ! 

Après quelques recherches, ce titre est tiré de l’album « Tango in the night » sorti en 1987. Un son entre pop et rock de l’époque, aux notes de clavier enjouées par une voix entraînante et un mélodie joyeuse.

Christine and the Queens – La vita nuova 

Il y a des oeuvres capables. Capables tout simplement de ce qu’elles veulent, qui ont une vie intime dans le corps de celles et ceux qui les reçoivent. J’ai écouté et regardé plusieurs fois cette vidéo depuis sa parution la semaine dernière. C’est un monde entier, qui m’émeut à certaines heures, en fonction de la couleur de la lumière sur les murs. Qui sert de BO à l’inspection de mes fleurs qui fanent à d’autres instants. On parle plusieurs fois de musique qui peut créer des moments, là vous avez la reine en la matière. Qui se réaproprie son corps et le donne à l’architecture, à la mode, à la danse, à la musique en même temps. Christine and the Queens est sans doute l’artiste la plus moderne de notre époque. Elle est totale. 

Cycle – My Bloody Valentine remix

Le morceau de base enregistré par The Pastels se retrouve carrément dans cette reprise, qui lui a insufflé beaucoup de poésie. Au final, ça ressemble plus à une pensée qu’à une chanson, une pensée la tête posée contre la vitre de la voiture, à regarder le paysage défiler.

Archie Shepp – Ballad for a Child

Archie Shepp est un saxophoniste de jazz afro-américain, mais aussi chanteur et compositeur. Il a déjà écrit pour du théâtre. Il est connu pour ses prises de position qui dénoncent les injustices subies par sa communauté dans les années 60, et qui se retrouvent d’ailleurs beaucoup dans sa musique. Son style est un peu avant gardiste, ce qui le rend plus facile à écouter aujourd’hui, quand on est pas super fans je jazz !

Sneazzy – Feu Régulier 2 

Depuis plus de 10 ans que des couplets de Sneazzy glissent dans mes oreilles, je n’ai jamais connu le mec aussi chaud que ces derniers temps. Il a les rimes les plus affutées de sa carrière et tant mieux puisqu’il va sortir un album à la fin de cette semaine : Nouveau Mode. Tu m’étonnes. Après la conceptuelle maitrises des mélodies sur les précédents couplets, on ne peut désormais qu’apprécier la découpe syllabiques, comme un jus de fruit de début de printemps. C’est écarlate. 

Yuzmv – Mère 

Le premier album de Yuzmv paraissait vendredi dernier. Il s’appelle Yuzmv. Un premier album qui témoigne de la diversité de sa palette, et de la sensibilité de ses pigments. Qu’on se comprenne bien, je suis en train de vous conseiller d’écouter l’album en entier. Il y en a pour tous les moods, même si Yuzmv passe encore pour un amoureux des mots sombres. Faux procès. Deuxième argument pour vous convaincre, la richesse musicale du projet. Des instruments, des palpables. On note la prédominance du piano, qui don

Dinos – N’tiekar

Dans un magnifique clip en noir et blanc (et un peu d’orange), Dinos nous offre l’un des meilleurs sons de son album Taciturne, sorti fin novembre dernier, et un des meilleurs albums de 2019 pour moi. N’tiekar est tout ce que j’aime chez Dinos, son style unique, une mélodie douce mais pas trop, et des phrases qui restent en tête. Et parce qu’on a tous pas d’attache, pas d’adresse.

 

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Playlist de la semaine, par la rédaction de Première Pluie

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