3 – 10 mars – Vous avez pu le manquer spécial 8 mars

Chili : 🇨🇱

Depuis l’automne dernier, le Chili vit les heures les plus frémissantes de son Histoire depuis le référendum qui a marqué la chute de Pinochet en 1988. D’immenses manifestations réunissent les chiliens pour réclamer une nouvelle Constitution, l’actuelle datant justement de la dictature de Pinochet. 

En parallèle des ces mobilisations, le Chili voit émerger une lutte pour les droits des femmes, sans précédent. Les manifestantes s’élèvent contre le patriarcat, pour l’égalité des droits et des devoirs, contre les féminicides et pour la sécurité, au son de “Un violador en tu camino” le chant local qui a fait le tour du monde à la fin de l’année dernière. 

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Santiago, au Chili, dimanche 8 mars. Martin Bernetti / AFP

Lundi 9 mars, le lendemain de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, elles étaient des centaines de milliers, 2 millions même selon les organisatrices à marcher sur La Alameda, l’avenue principale de la ville. Une journée historique.

Argentine : 🇦🇷

Comme deux pays voisins, parfois se nourrissent des flammes et des élans, l’un de l’autre. Au Chili, on porte des foulards verts, comme en Argentine, pour protéger le droit à l’avortement qu’en Argentine on réclame. En Argentine, une femme meurt toutes les semaines des suites d’un avortement illégal. Les manifestantes argentines arborent ce foulard vert pour réclamer le droit à l’avortement, que le Chili obtenait il y a 4 ans seulement. On estime qu’entre 350 000 et 500 000 femmes avortent tous les ans en Argentine. Dans les prochains jours, le pays devrait enfin voter une loi accordant aux femmes ce droit élémentaire. Le documentaire de Juan Solanas « Femmes d’Argentine » sort en salles le mercredi 11 mars et témoigne de la lutte des argentines pour le droit à l’avortement. 

Turquie : 🇹🇷

Déjà l’année dernière, Recep Tayyip Erdoğan avait refusé que des femmes se rassemblent pour le 8 mars. Cette année, quelques centaines de manifestantes bravaient l’interdiction. Rapidement, les forces de l’ordre dispersaient le rassemblent avec des gazs lacrymogènes.

Liban : 🇱🇧

Au Liban, les femmes sont aussi dans la rue depuis les manifestations d’octobre dans le pays. Dans de nombreux endroits de la planète, la lutte des femmes pour acquérir de nouveaux droits est parallèle à des mouvements de contestation globale, comme au Chili, que nous venons d’évoquer, ou en France, où les femmes sont en première ligne de la contestation de la réforme des retraites. Partout, les femmes sont, évidemment, les plus précaires. Au Liban, les manifestantes réclament ainsi la fin d’un régime corrompu, et de  l’oppression religieuse, qui restreint largement le divorce. Mais également un système plus juste. Ainsi, au Liban, une enquête de la Banque Mondiale, en 2019, révélait que les femmes disposaient de 60 % de droits en moins par rapport aux hommes. Par exemple, si un divorce est conclu, la garde des enfants revient systématiquement au père.

Mexique : 🇲🇽

Depuis quelques semaines, à Mexico, les mobilisations sont très fortes, comme dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, pour dénoncer les féminicides. Le pays en recensait 1006 en 2019. Le 8 mars encore, des centaines de milliers de femmes défilaient dans la capitale, scandant « Ni une menos » (Pas une de moins).

Inde : 🇮🇳

Pour faire court, l’Inde est surnommé “Le pays le plus dangereux du monde pour les femmes.” Là-bas, une femme est violée toutes les 40 secondes. Le nationaliste Narenda Modi, au pouvoir depuis 2014, promettait une tolérance 0 pour les viols. Ainsi, en réalité, selon les chiffres du National Crime Records Bureau, en 2018, pour 156 327 procès pour viol dans le pays, seulement 4 708 affaires ont abouti à des condamnations.

Algérie : 🇩🇿

En Algérie encore, les féministes évoluent en marge des mouvements de contestations nationaux. Depuis un an, le peuple algérien, et notamment la jeunesse est dans la rue pour réclamer un changement de régime et une meilleure répartition du pouvoir, ainsi que plus de libertés individuelles. Le Hirak, série de manifestations tous les vendredi depuis le 16 février 2019 a pris l’habitude de voir les féministes algériennes investir les cortèges. Elles demandent l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pakistan : 🇵🇰

Dans la société ultra patriarcale pakistanaise, manifester le 8 mars est un défi. À Islamabad, la capitale, les quelques milliers de femmes qui ont eu ce courage ont été visées par des jets de pierres et de bâtons de la part des conservateurs. La police est intervenue. 

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à Karachi, au Pakistan, dimanche 8 mars. Photo : Fareed Khan / AP

Kirghizistan : 🇰🇬

Dans ce petit pays d’Asie centrale très montagneux, les femmes manifestaient aussi en ce pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Des dizaines d’entre elles elles furent arrêtées par précaution, après avoir été attaquées par des nationalistes venus déchirer les pancartes.

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Bichkek, au Kirghizistan. Photo : Vladimir Voronin / AP

Brésil : 🇧🇷

Au pays de Jair Bolsonaro, avorter n’est toujours pas un droit. En août dernier, 100 000 femmes se réunissaient lors de la “Marche des Marguerites” pour dénoncer le machisme du président brésilien. Le 8 mars, quelques milliers de femmes s’élevaient à Sao Paulo contre les violences et les féminicides et contre le machisme d’état.

Soudan : 🇸🇩

En première ligne de la contestation contre Omar el-Bechir il y a quelques mois, les soudanaises étaient quelques centaines dans les rues de la capitale, Khartoum, dimanche. Elles réclament notamment la fin des lois discriminatoires, dans un pays sans législation concernant le hachement sexuel. 

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à Khartoum, la capitale soudanaise, Photo : Ashraf Shazly / AFP

Bosnie-Herzégovine : 🇧🇦

Dans ce pays du sud-est de l’Europe, des militantes organisaient une marche et une performance à Sarajevo, la capitale. Le but était de dénoncer les violences domestiques et les violences sexuelles, les discriminations sexuelles au travail et les comportements à l’égard des femmes dans la société bosniaque. 

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Chiffres : 📈

10 900 000 000 000 de dollars. C’est la valeur du travail non rémunéré effectué par les femmes en 2019 selon Oxfam. C’est ce que gagneraient les femmes si elles étaient payées au salaire minimum pour les tâches domestiques qu’elles effectuent gratuitement. Les indicateurs économiques ne tiennent pas compte de ce travail, qu’elles assument en solitaire dans un grand nombre de pays. 

200 000 millions de femmes dans le monde ont subi une forme de mutilation génitale, selon un chiffre des Nations Unies datant de 2016. 

Sur 87 000 meurtres de femmes en 2017, 65 000 étaient des féminicides, des femmes tuées par des hommes, parce qu’elles étaient des femmes, selon un chiffre de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. 


Arthur Guillaumot – Vous avez pu le manquer, édition spéciale Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes. 

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