« On aime les fragilités et les particularités des actrices » / The Penelopes, Interview

The Penelopes, c’est un roman d’apprentissage plus encore qu’un joli CV. Depuis des années, les deux boys de Stains voguent Outre Manche, imaginant à Londres une pop curieuse, héritière des sonorités du rock, et qui sonne parfois éléctro. De remixs, en bandes originales, eux, qui le sont, originaux, inspirés et assidus des recherches, ne se sont jamais laissés griser par les louanges, de Robert Smith de The Cure, leur idole, à Lana del Rey, en passant par Isabelle Adjani ou Asia Argento, qu’ils font chanter sur leur prochain disque. Qui sort bientôt. Vraie discussion. 


Allô Arthur, tu nous entends ? 

Très bien ! Vous êtes en studio ensemble, là, c’est ça ? 

Axel : Oui, on est côte à côte

Là, ça y est, le confinement est effectif en Grande Bretagne si j’ai bien suivi…

Axel : Oui, depuis hier…

Vous avez choisi d’être confinés ensemble alors ? J’ai lu que de toutes façons, vous aviez l’habitude de passer longtemps en studio, et que vous parliez même d’un cocon…

Axel : Oui, en fait on a home studio et un studio qui est à 5 minutes de la maison. On peut y aller discrètement. En fait le confinement ne change quasiment rien à notre vie. 

Vincent : On est confinés toute l’année. 

Axel : Le social distancing ça me fait rigoler. Nous ça fait des années qu’on vit comme ça. On est cool, mais on n’est pas toujours fourrés dehors. 

Vincent : On passe beaucoup de temps en studio. On ressent pas la pression de l’extérieur. 

Alors, quels sont vos conseils de professionnels du confinement à destination des novices ? 

Axel : Ahaha… Professionnels du confinement. Je sais pas mais hier avec Vincent, on rigolait, on se disait qu’à l’époque, les émissions comme Confessions Intimes, et les trucs pourris de TF1, c’était nul d’aimer ça. Mais maintenant tout le monde raconte sa vie. Nous, on n’a pas grand chose à dire. On écrit des chansons et on aime ça. La réalité, c’est ça. On travaille avec notre petit chat, on est contents. 

Vincent : Après, le confinement, ça apporte surtout du calme. Hier tu vois, on avait la fenêtre ouverte. Un avion est passé. J’étais plus habitué. Le silence pour nous c’est agréable. On entend du son toute la journée. Alors ce calme dans les rues, j’apprécie. Je suis plutôt pour le confinement. (rires)

Tout le monde s’y fait je pense. Les gens réagissent plutôt bien et se sont enfermés très vite. J’imagine que les gens savent s’adapter rapidement et c’est une bonne chose. 

Axel : Les gens présument toujours que le télétravail c’est compliqué. Mais nous c’est l’histoire de notre vie. De se réveiller, de travailler au home-studio, puis de partir travailler à 5 minutes. On a aucun problème à travailler de la maison. Cette histoire de confinement me fait plus chier pour les sdfs. Les gens qui sont bloqués avec leurs bourreaux. Les parents cons, les maris violents. Nous on a grandi en HLM. C’est vraiment que j’aimerai pas être bloqué en HLM, avec des parents cons, ou pas même. 

Mais nous on fait de la musique, on est dans de bonnes conditions, ça va. Nos conseils, c’est de prendre du temps pour lire, faire des choses qu’on n’a pas le temps de faire habituellement. Et peut-être de se déconnecter de ces vidéos stupides de confinement. 

« C’est positif aussi de s’ennuyer. Quand t’es gamin et que tu te fais chier dans ta chambre, ça t’apprend pas mal de choses. » 

Vincent : Ouais ! La dernière chose que tu as envie de voir quand tu es confiné, c’est d’autres gens confinés, qui s’emmerde autant que toi. Mais il y a tellement de choses à faire, de livres à lire, de films, de séries à voir. Il faut prendre le temps de faire les choses qu’on zappe. 

Axel : Et puis, ça économise aussi le temps perdu dans les transports pour rien. C’est bien de retrouver ce temps. On gagne un temps de cerveau précieux. J’espère que des choses positives vont sortir de ça. 

Vincent : Et puis c’est positif aussi de s’ennuyer. Quand t’es gamin et que tu te fais chier dans ta chambre, ça t’apprend pas mal de choses. 

Et c’est un truc qu’on vit quasiment plus jamais dans la vie…

Vincent : Oui ! C’est l’occasion de prendre du recul sur ce qu’il se passe, ce qu’il s’est passé avant. Ça a du bon l’ennui. Même si on s’est beaucoup ennuyés quand on était gamins. 

C’est le moment de quoi quand vous êtes en studio ? C’est le moment de créer, de rechercher, d’écouter, d’apprendre ?  

Axel : Oui, c’est tout ça à la fois. C’est une sorte de petite quête existentielle. L’autre jour on a voulu faire un blues. Qui finalement n’était pas un blues. Après on est en train d’écrire une chanson qui est à la limite des musiques d’Ennio Morricone. Je crois qu’avec Vincent on a toujours essayé d’avoir notre petit laboratoire de recherche. On recherche, on ne sait pas trop quoi. 

« On cherche tout le temps. On essaie toujours de s’améliorer, d’apprendre de nouvelles choses, de développer nos techniques. »

Vincent : Et puis le studio, c’est un endroit agréable où tu es un peu coupé du reste du monde. C’est isolé acoustiquement. Il y a ce calme. Tu peux écouter, te concentrer sur quelques chose, ce qui est assez rare. C’est agréable de se poser au studio dans une journée, de savoir que tu as un temps dédié pour la musique. 

C’est vrai qu’on cherche tout le temps. On essaie toujours de s’améliorer, d’apprendre de nouvelles choses, de développer nos techniques. On a fait beaucoup de remixs, pour Lana Del Rey, Pet Shop Boys… C’était intéressant de pouvoir tout écouter, d’avoir les pistes séparées, voir comment ils arrangeaient, comment ils mixaient, voir les partis pris. On apprend tout le temps. C’est super excitant. 

Oui, j’ai l’impression qu’il y a un vrai travail plein d’humilité, parce que vous avez fait des musiques dans des registres très différents. On va des publicités aux Bandes Originales, en passant par les remixs et vos projets- à vous. C’était quel exercice de faire des musiques de publicité par exemple ? 

Axel : Ça c’était des commandes. Ça nous permet de faire vivre le groupe. 

Et les Bandes-Originales ? 

Axel : On a eu un coup de bol. Enfin, non pas un coup de bol. On avait sorti notre disque et on était dispo pour deux copines qui voulait des bandes-sons, des morceaux. Au début on se disait que c’était plutôt récréatif. Et en fait c’est devenu une sorte de laboratoire, qui permettait de nourrir le groupe. Souvent, quand tu es dans un groupe, tu as besoin d’être dans un certain état d’esprit. D’être dans un moment précis de ta vie. 

« Ecrire pour le cinéma, c’est un laboratoire pour nos projets »

Alors que la musique de film permet de se débarrasser de cette implication narcissique. Tu peux y aller à 10h et écrire des accords pour quelqu’un d’autre. On s’est parfois dit que ce qu’on faisait était pas mal et on le gardait pour nous. Je pense parfois à Nick Cave, qui racontait qu’il allait le matin, dans son bureau, à Brighton, pour écrire des chansons. Et en fait, t’es dans cet état d’esprit, de toujours écrire, chercher des accords. 

Comme une hygiène… 

Axel : Exactement. C’est pour ça qu’ensuite on a renforcé cette connexion. On s’est dit que c’était bien pour nous, que ça nous permettait de toujours apprendre, et de pas rester confinés en studio. 

Vincent : Et puis comme ça on pouvait travailler sur plusieurs registres, ce qui est plus compliqué sur un album. C’est super intéressant. Un réalisateur va te demander plein de musiques différentes. On n’est pas cantonnés à la pop, ou à ce qu’on pourrait faire sur un album avec le format chanson, donc c’est vraiment récréatif. 

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Photo : Laurent Koffel

Alex : C’est ce qui nous a le plus nourrit récemment. Les remixs c’était cool. On a fait des gros remixs. Mais ce n’était pas une stratégie, ça se faisait toujours organiquement. Mais le cinéma, c’est vrai que c’est intéressant. Pourtant, personnellement, je ne suis pas un grand cinéphile, je suis difficile et je vais peu au cinéma. On a réalisé qu’on aimait bien les musiciens qui faisaient des musiques de films tout en venant de groupes. Pink Floyd, Nick Cave entre autres. 

Vincent : Et puis comme on le disait, la musique de film a influencé notre musique. Quand tu écoutes le single avec Isabelle Adjani, qui est très lent, typiquement c’est très filmique, d’assumer une telle lenteur en disque. Donc voilà, les deux domaines communiquent entre eux. 

Et justement, ça se ressent à l’écoute de ces fameux duos. À votre avis, qu’est ce qu’on actrice peut dire par la voix qu’elle ne peut pas dire à l’écran ? 

Axel : Honnêtement, je pense que 80% des actrices ont le fantasme de chanter. Chanter, c’est angoissant. L’implication narcissique est immense, l’émotion aussi. Les actrices apportent une certaine fragilité. Quelque chose de moins professionnel, qu’une chanteuse de studio. Nous on aime bien les chanteurs bizarres en fait. 

« On aime les fragilités et les particularités des actrices » 

Vincent : Oui, et les voix particulières. La voix grave de Virginie Ledoyen, avec celle d’Axel ça donne un duo de crooners. Un crooner, une crooneuse. Isabelle Adjani, c’est pareil, elle a cette voix qu’on connaît tous. Avec ce trémolo. Asia (Argento, ndlr) c’est pareil. On aime les voix particulières et reconnaissables. 

Axel : Le caractère, l’attitude. Le côté un peu négligeant. Isabelle était fascinante de maîtrise en studio. 

Quand vous avez appris qu’elle acceptait de travailler avec vous, c’était quel sentiment, une énorme pression ou la joie de travailler sur un projet aussi excitant ? 

Axel : Pas de pression. En fait je crois que le truc de The Cure… On pouvait pas être plus heureux. 

Vincent : En fait, pour te rappeler, je sais pas si tu connais l’histoire. C’était l’année dernière. Robert Smith, le chanteur de The Cure nous a invité pour le Meltdown festival. Et ça nous a renvoyé en enfance, parce qu’on est fans depuis toujours, on sautait au plafond. Après, n’importe quoi peut arriver et c’est du bonus. 

Axel : Oui, du bonus. Évidemment, on veut toujours plus. Mais avec Isabelle, tout a été sans pression. Toute la phase musicale était très cool. 

« Quand Robert Smith nous a invité à jouer au Meltdown, on sautait au plafond. »

Vous faites chanter des actrices, mais pourquoi les actrices ? 

Axel : En fait on écrit les chansons avec des réponses. Moi j’ai la voix très grave. Et ma voix est plus confiante quand elle descend. On a toujours écrit les chansons comme ça.

Vincent : Du coup c’était naturel de contrebalancer la voix d’Axel avec une voix féminine. Et puis on aime les duos. 

Axel : Moi j’adore Bowie. Et il y a plein de coeurs féminins. Très arrangés, avec des choristes. Sur plein de chansons, il prend sa voix de crooner et il crée des dynamiques avec des voix aigues. Si t’écris pas des folks songs comme Johnny Cash avec ta guitare, t’es obligé d’avoir une lueur dans le son pour tempérer. 

Le jour où on écrira des chansons au piano, on aura moins besoin d’écrire comme ça. Et puis c’est marrant. 

Donc ça s’est fait naturellement, d’avoir exclusivement des femmes sur ce disque ? 

Axel : Oui très naturellement. On pensait à un gars à un moment. Et puis ça s’est pas fait, et tant mieux d’ailleurs. On ne va pas donner son nom. 

C’est bien, ça fait la Belle et la Bête. 

Oui c’est vrai ! Et puis ça donne une ligne au projet. Vous deviez sortir ce disque en juin prochain, après le festival de Cannes, qu’est ce qu’il va advenir de lui ? 

Axel : On ne sait pas encore. Le single avec Virginie Ledoyen devait sortir cette semaine. C’est ajourné avant je ne sais pas quand. Peut-être avant l’été, mais pas sur. Tout est flou. Le disque ne sortira pas avant juin, un autre single devait sortir en mai, une bonne grosse surprise… En plus on a eu d’autres demandes depuis. On va partir sur un autre single avant l’été. Avant l’apocalypse.

Donc en fait vous allez en profiter pour retoucher le disque…

Axel : Oui, un peu en fait. C’est ce qu’on fait déjà. En fait maintenant on a presque des demandes. Donc il se pourrait que le projet se déploie en deux volumes. Mais là tout est arrêté donc on peut difficilement dire plus. 

Vincent : Tu vois, on a reçu un mail du studio Abbey Road, qui ferme ses portes. C’est la première fois en 89 ans. Le symbole…

On le disait, vous vous êtes expatriés, vous êtes depuis toujours fascinés par le Royaume-Uni ? 

Axel : Oui, on aime la musique anglaise. 

Vincent : La culture ! Moi je sais que j’avais pas d’appétences pour l’Angleterre. J’avais pas une envie particulière d’habiter à Londres. Mais on a eu l’opportunité d’enregistrer un album ici pendant 3 mois. Ça nous a plu et on est restés. La vibe est vraiment particulière ici, à Londres en tout cas. C’est très très ouvert. 

“Ici, on ne présume pas que tu vas foirer, on présume que tu peux réussir.”

Axel : Très ouvert et très cosmopolite. La petite différence avec Paris, c’est que les gens ne présument pas que tu vas foirer. Il y a une sorte de truc de te laisser ta chance. Pour un appart, pour un boulot. J’aime pas trop ce terme, entrepreneur, mais ici, il y a un côté “Vas-y il faut y aller”. On ne présume pas que tu vas foirer, on présume que tu peux réussir. Si on voit que tu es nul, on te lourde, mais pas d’avance. 

Vincent : Tu vois quand tu veux louer un appart, tu as pas besoin de dix mille garants. Tu payes et tu as ton appart. 

Axel : C’est un peu plus direct. 

Vincent : Et les gens se regardent moins. C’est bête, mais tu vas dans une soirée, c’est beaucoup plus mélangé, les gens ne te regardent pas de la tête aux pieds. 

Axel : Il y a plein de trucs comme ça qui nous ont fait rester. Moi je trouve que c’est plus cosmopolite. Beaucoup moins raciste, franchement…

Vincent : Et socialement aussi ! Tu vas parler de musique avec un plombier, un banquier… Il y a un vrai mélange

Axel : Le foot, qui est important pour nous est aussi un facteur de mixité. Tu vas à la city, à la fin de la journée, tu vas dans les pubs, tout le monde se parle. Moi j’ai du mal avec le côté panier à crabes de Paris. Ici il y a des HLMs dans la ville, ça aide les gens à s’intégrer. C’est sans doute pour ça qu’il y a cette idée créative autour de Londres. C’est parce que tout le monde se côtoie. Les gens qui ont du fric rencontre des gens qui n’ont pas de fric. En France, c’est peut-être plus sectaire, même si ça a sans doute évolué. Ici c’est plus grand. Dans la banlieue londonienne, tu es un londoner. Paris, le fameux Grand Paris n’existe pas. Il y a toujours un regard étrange sur la banlieue. 

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Photo : Nicolas Bary

Vincent : Les anglais ont cette forme de politesse d’aller vers les autres. Si tu rentres dans un pub seul, tu peux être sur que des gens vont venir te parler. Juste pour pas te laisser. Ça ne veut pas dire qu’il vont devenir tes meilleurs amis, mais ils auront eu la politesse de te faire participer un peu à leur vie sociale. 

Axel : On a remarqué aussi leur humour qu’on adore. Les anglais sont cyniques, mais pas arrogants. Il y a une petite différence. Celui qui peut te faire une pique à un moment, deux secondes après il met le tutu de sa copine, il se roule par terre. Le “non-sens” est permanent. Ils te font une vanne, mais ne vont pas garder la pose pendant toute la soirée, comme des dandys arrogants. Ils aiment l’humour débile et on adore ça. 

Vincent : Après, on n’est pas en train de dire que tout est rose. À Londres, il y a une vraie sélection par l’argent. Un quartier peut se gentrifier très vite. Un quartier pauvre peut voir arriver très vite des lofts. Tout coûte cher, je pense aussi aux transports. Mais la vie est agréable, entouré d’anglais, et d’européens, temps qu’il y en a encore. 

C’est vrai que le Brexit est quand-même passé par là…

Vincent : Clairement. C’est pour ça qu’on parle de Londres. Le reste de l’Angleterre, c’est pas la même chose. 

J’ai deux dernières questions pour terminer. Qu’est-ce que vous trouvez transgressif ? 

Axel : C’est une très bonne question. Je trouve que justement il y a peu de trucs transgressif. 

Vincent : On en voit peu mais il y en a forcément. Faudrait vraiment que j’y réfléchisse, c’est super intéressant. Il y a assez eu de tabou aujourd’hui. C’est intéressant de se demander ce qui reste choquant. 

Axel : Tu vois, nous avec Vincent, on aime la politique. On ne cache pas d’être de gauche. Et très fort. Et je trouve que les gens ont du mal à dire qu’ils sont très à gauche. Je suis un peu étonné par ce consensus mou en politique. Moi je suis révolté par plein de choses au quotidien. En ce moment, tout le monde se confine, et on voit des sdfs rester dans les rues, sans soutien. Je trouverai ça presque transgressif d’en parler ouvertement. Mais personne ne le fait. Les gens ne sont même pas révoltés. Les gens ont même perdus le stade de la révolte, avant même de parler de transgression. 

Vincent : Peut-être que le simple fait d’être nihiliste. D’être très pessimiste sur l’avenir, c’est transgressif. 

“Le pessimisme est presque la nouvelle forme de rébellion.”

Axel : Quand les gens me disent que ça va être génial après, je réponds fermement que non. Les gens demeurent débiles. Faudrait que je retrouve cette citation qui dit que “Le pessimisme est presque la nouvelle forme de rébellion.” J’ai remarqué que ça bouge plus les gens de dire ça. Non il n’y a pas d’espoir. 

Vincent : Tu peux aimer les humains sans aimer l’espèce humaine. C’est un peu notre cas. 

Axel : Et on sait qu’après cette crise les gens repartiront de plus belle. Tu vois, je disais à Vincent, qu’est ce qui va rester graphiquement après cette crise ? Nos grands-parents nous parlaient de la guerre, du rationnement, de la misère, ça a été documenté énormément. Et les gens ont continué de faire la guerre. Le confinement qu’est-ce qu’il va rester. Des vidéos de gens qui se préparent des choucroutes maison sur instagram. Graphiquement il n’y a rien. Graphiquement, ça va ressembler à Seul-Two d’Eric Judor. 

Ce que je veux dire, c’est que quand il y a quelque chose de graphique à montrer, les gens ne comprennent pas. Tu peux leur montrer l’holocauste, l’antisémitisme continue. Alors qu’est ce qui peut se passer après ce confinement ? Tout va continuer. 

Vincent : Et puis si tu suis deux secondes l’Histoire, tu vois que c’est une histoire de cycles. L’après guerre a été sublime pour ce qui est de l’art, de la Littérature avec l’existentialisme, des Vian, des Sartre, des de Beauvoir. Tout s’est écroulé, tout tourne. C’est terrible d’en arriver à souhaiter des apocalypses pour remettre tout d’aplomb, et pour éveiller les gens. 

Axel : Je pense qu’une forme de subversion, c’est être super pessimiste et de dire aux gens qu’on va tous crever. 

L’ambiance est bonne ! 

Axel : En vrai on rigole à longueur de journée.

Pour finir, qu’est-ce que ça vous évoque, la Première Pluie ? 

Vincent : Le déluge. 

Axel : Moi ça m’évoque le goudron. Je pense à l’endroit où j’allais en vacance, quand j’étais petit, en Bretagne. Il y avait cette petite pluie de la fin de l’été. L’odeur du goudron qui devient humide pour la première fois depuis des mois. La route mouillée. C’est un joli nom. 

Vincent : Ça évoque la sécheresse aussi. Si c’est la Première Pluie, c’est qu’elle est attendue.


Interview par Arthur Guillaumot / Cover : Laurent Koffel 

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