< Tous les articles Cinéma H6 pousse les portes des hôpitaux de Shangaï Par Première Pluie 11 février 2022 Présenté dans la « Sélection Spéciale » du dernier festival de Cannes, le documentaire de la réalisatrice sino-française Ye Ye, H6, nous tire un portrait touchant sans tomber dans le misérabilisme d’une Chine souffrante en mettant en scène l’hôpital n°6 de Shangaï. Cinq familles dans un hôpital surchargé. Des familles qui vont devoir faire des choix cornéliens entre soigner leurs proches quitte à payer le prix d’opérations lourdes, coûteuses et risquées. Alors, oui, le nouveau documentaire de Ye Ye n’est pas forcément des plus optimistes, mais il n’en reste pas moins absolument des plus touchant et poignant de la sélection cannoise 2021. La réalisatrice, naturalisée française depuis 2015, fait de l’hôpital un lieu fort en symbolique et qui révèle une société et sa réaction face à la souffrance. L’hôpital, on l’a tous fréquenté, que l’on veuille ou non. La réalisatrice l’a compris, il n’y a pas meilleure scène que l’hôpital pour représenter la diversité de son pays. Elle tisse une histoire générale de la Chine et ses familles en difficulté pour payer les soins de leurs proches. En parallèle d’un portrait plutôt maussade, Ye Ye laisse place à des vrais moments de magie. Face à la tristesse, la population chinoise réagit par la joie. C’est d’ailleurs ce que la réalisatrice relève dans sa note d’intention : « à l’hôpital n°6, j’ai vu comment l’humour et les capacités d’adaptation des Chinois font des merveilles face à l’adversité. » En s’immisçant dans une institution telle que l’hôpital, la réalisatrice porte avec elle un héritage des plus grands cinéastes : elle se rapproche de Frederick Wiseman, adepte de l’immersion dans les grandes institutions américaines. Elle prolonge aussi une tradition de la mise en scène de l’hôpital : plus récemment, c’est la française Catherine Corsini dans La Fracture, film nominé aux Césars, qui s’est aussi emparée du potentiel cinématographique du lieu. Le film fait un portrait de la vie dans l’équilibre et le déséquilibre : un élément marquant, c’est l’affiche. Cette enfant, un des personnages phare du film, tenant la main de son frère, au milieu de cette foule si rapide qu’elle en devient floue. La réalisation opère un mélange somptueux entre la vitesse et la lenteur. La vie, elle file et le documentaire nous émeut par la mise en image de cette phrase de comptoir. Des parenthèses musicales renforcent l’atmosphère d’urgence, et pourtant des procédures médicales traînent, des patients sont immobilisés. Et à l’image du personnage détonnant du film, cet éclopé qui se rend à l’hôpital avec son déambulateur et sa canne, parfois nous n’arrivons pas à prendre le train en marche, (ou le bus dans son cas). Eh bien de temps en temps, quand la vie nous demande d’aller toujours plus vite, prendre un souffle et aller à son rythme, ça ne ferait pas de mal. Et en un peu moins de deux heures, la réalisatrice Ye Ye vous propose un souffle, une parenthèse pleine de magie et d’émotions, qui permet pour quelques instants, de ralentir le temps. __ H6, de Ye Ye, est en salles, vous pouvez le voir par exemple au Caméo Saint Sébastien à Nancy, ou à l’Eldorado à Dijon. Paul Dufour pour Première Pluie À lire aussi Cinéma Magazine Comment le Grand Est est devenu une région de cinéma ? 03 Avr 2026 L’Est a fait au cinéma une offre qu’il ne pouvait pas refuser. Des forêts vosgiennes aux rues historiques de Strasbourg ou Nancy, on voit de plus en plus ses décors s’inviter dans les salles obscures. Un engouement confirmé par la sélection de 5 films tournés dans la région lors du Festival de Cannes 2025. S’il Cinéma Interviews Sepideh Farsi : « Le cinéma, c’est toujours un défi » / Interview 03 Avr 2026 Originaire d’Iran et exilée en France, Sepideh Farsi a bâti sur ces 20 dernières années une carrière cinématographique forte de plusieurs long-métrages et documentaires. Elle dépeint les injustices et ose prendre parole face aux actions innommables que certains régimes pratiquent. Bonjour, Sepideh Farsi. Quel a été le plus gros défi de ta carrière jusqu’ici ? Cinéma Interviews Oulaya Amamra : « C’est dur de faire rire, beaucoup plus dur que de faire pleurer » / Interview 28 Mar 2026 En 2016, une bande de filles Divines faisaient chavirer le cinéma français dans le premier film d’Houda Benyamina. 10 ans plus tard, Oulaya Amamra en garde un César du meilleur espoir féminin. Depuis, elle enchaîne les rôles, dans tous les registres, chez Quentin Dupieux, Emma Benestan ou Romain Gavras. Rencontre avec elle, à Gérardmer (88), À la loupeCartes postalesÉvènementsInterviewsLittératurePlaylists