Altin Gün, c’est l’histoire d’un groupe de musique néerlandais qui a eu un coup de foudre pour la musique turque des années 1960-1970. La musique du sextet est à l’image d’Istanbul : cosmopolite, à cheval entre l’Orient et l’Occident, avec de multiples héritages. Joyeusement fédérateurs, ils viennent présenter leur nouvel album « YOL ». Quelques heures avant une croisière musicale qui nous transportera de Bon Moment jusqu’au Bosphore, discussion face à la Meurthe.

Loin des scènes cette année comme tant d’autres, c’est donc coincés à domicile que vous avez réalisé votre 3ème album « Yol ». Le confinement a été propice à la création ?

Nous ne nous sommes pas vus du tout. Donc on travaillait chacun chez soi, et on s’envoyait des trucs les uns aux autres. Parfois, ça commençait par une chanson. On partait d’une chanson traditionnelle et on essayait de trouver des idées pour la revisiter. C’était cool, on n’a pas vu le confinement passer. Je pense que ça a permis à tous les artistes de se concentrer.

Depuis notre rencontre, une certaine magie opère.

Vous êtes six, comment se fait la création dans le groupe ?

Depuis notre rencontre, il y a une certaine magie qui opère, on est sur la même longueur d’onde. Même sans confinement, on travaille chacun de notre côté, chacun fait ce qu’il doit faire, et ça marche bien comme ça !

https://youtu.be/hEdkTCNCVL0

Vous êtes un groupe qui tourne dans plusieurs pays, est-ce que vous adaptez votre performance à chaque fois ?

Non pas vraiment, on est toujours les mêmes. On essaye d’apprendre quelques mots de la langue quand même (rires). Ce qui est drôle, c’est que les réactions sont différentes. On trouve les Français polis, ils écoutent les chansons et applaudissent quand elles se finissent. Dans certains pays, les gens sont incontrôlables ! En Turquie, le public est très sensible. Certaines personnes pleurent !

En live, les réactions sont différentes en fonction des pays.

Votre projet invite au voyage, pour vous, qu’est-ce qu’apporte le voyage ?

C’est toujours une richesse de connaître d’autres cultures. Cela ouvre l’esprit, ça fait un pont entre les humains. Seulement deux d’entre vous, les chanteurs Merve et Erdinç parlent turc.

Cela fait quoi de ne pas comprendre les paroles de ce qu’on produit ?

Ce n’est pas un problème. J’aimerais apprendre le turc mais je trouve ça difficile. En fait, on aime beaucoup écouter des chansons dans une langue qu’on ne parle pas. Les paroles peuvent être distrayantes, là, ça m’aide à ressentir la musique, à m’en imprégner complètement.

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Par Marie Tissot
Photos par Benpi

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Entretien réalisé pour Splash, pendant le festival Bon Moment,
du 7 au 25 juillet 2021, porté par L’Autre Canal à Nancy.