Pour les élections européennes, Jordan Bardella emmène la liste du Rassemblement National. 

Voici leur programme : 

https://rn-europeennes.fr/projet/

Nous avons rencontré Anthony Bellorini, référent de Génération Nation à Nancy, organisation de jeunesse du Rassemblement National


Arthur : Bonjour Anthony Bellorini tu es donc le référent Génération Nation, ici à Nancy, qu’est ce que l’Union Européenne selon toi ?

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Pour moi, c’est à la base un projet qui était très joli, qui pouvait plaire à beaucoup de monde, qui a plu à du monde, mais qui s’est éloigné des objectifs de base. Aujourd’hui c’est plutôt un état, du moins on essaye d’en faire un, qui vole toutes les souverainetés des différents états-membres pour constituer un état supra-national, qui sera dirigé par des politiciens complètement déconnectés des réalités, et pas élus.

Arthur : Qu’est ce qui définit un citoyen européen selon toi ?

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Il n’y a pas de citoyen européen. Il y a des citoyens européens, mais ce sont les citoyens des états-membres. Un citoyen français, un citoyen allemand, un citoyen belge, mais il n’y a pas de citoyenneté européenne comme telle, étant donné que pour moi, l’Union Européenne ne doit pas être un état. Si on parle de citoyen européen, on considère l’Union Européenne comme un état. Ce qui n’est pas mon cas.

Arthur : Qu’est ce qui peut changer si on va voter le 26 mai ?

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Tout. Parce que là, pour la première fois depuis toujours, les souverainistes peuvent être majoritaires au Parlement Européen, avec la France et l’Italie particulièrement. La Ligue en Italie et le Rassemblement National sont donnés majoritaires ou presque. On a plein d’alliés dans d’autres pays, donc pour la première fois on aura l’occasion de faire un vrai groupe, d’être majoritaire, nombreux et de changer radicalement la politique de l’Union Européenne. Transformer cette Union Européenne carcérale en une Union plus démocratique déjà, moins étatique. Plus une union des coopérations, comme c’était prévu initialement.

Arthur : Pourquoi la jeunesse doit être au coeur de ces élections selon toi ?

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Les jeunes doivent toujours être au cœur de toutes les élections, étant donné que les élections définissent les politiques de demain. Bouder ces élections là, c’est totalement débile parce que c’est ne pas prendre part au projet européen et national que l’on va mettre en place pour demain.

Arthur : Est-ce que tu penses que la jeunesse est suffisamment représentée en politique, dans les discours et dans les rangs des différents partis ? D’abord on va rappeler que Jordan Bardella qui représente la liste du Rassemblement National pour ces élections européennes a 23 ans.

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Le Rassemblement National est je pense le seul parti à donner une place assez importante à ses jeunes. Bardella qui a 23 ans est tête de liste aux européennes, c’est pas rien.

Arthur : D’autres partis incluent justement des jeunes pour ces élections européennes.

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Oui Aubry pour La France Insoumise, Bellamy pour Les Républicains.

Arthur : La candidate la plus jeune en lice est chez Génération.s, elle a 19 ans

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Il faut voir quelles sont les positions éligibles.

Le Front, à l’époque, le Rassemblement, maintenant, a toujours donné une place importante aux jeunes, on leur a fait confiance, on nous fait confiance.

Aux municipales, on a donné des communes assez importantes comme Fréjus, Hénin Beaumont à des personnes jeunes, même si aujourd’hui elles le sont moins. On a confiance en nos jeunes et ça ne changera pas.

Arthur : Est-ce que tu peux citer un moment, une action, une mesure, qui fait honte à ton sens de l’Union Européenne ?

Anthony Bellorini, Rassemblement National : La conclusion du traité de Lisbonne de 2007 qui est une constitution masquée malgré le refus des français au référendum de 2005.

Anthony Bellorini a tenu à modifier son propos. Initialement il avait répondu : « Une, pas spécialement, parce qu’il y en a plein. Les négociations avec les Etats-Unis ou le Canada pour le TAFTA (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement, ndlr) ou le CETA (Accord Économique et Commercial Global, ndlr), toutes les pertes de souveraineté pour tout et n’importe quoi. La soumission à l’immigration évidemment. »

Arthur : Et au contraire, une mesure, une action, un moment, qui honore l’Union Européenne ?

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Je suis fier de notre Histoire (la démocratie athénienne, Rome, les Lumières, etc). Mais ce sera de l’Histoire européenne continentale et non de l’Union Européenne.

Anthony Bellorini a tenu à modifier son propos. Initialement, il avait répondu : Les projets de base en 1957… Non même pas, ça commençait déjà à partir en étatisme. Je n’en ai pas.

Arthur : Même pas la PAC (Politique Agricole Commune, ndlr)

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Non parce que c’est un échec. On pourrait le faire au niveau national. L’Union Européenne estime qu’elle est plus compétente. Et finalement, même si on perd des millions d’euros là-dedans, à financer ça…

Arthur : On va rappeler quand-même que la France est la première bénéficiaire de cette politique. 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Oui, mais ça aide pas spécialement nos agriculteurs, ils nous le disent. Il y en a encore plein qui se suicident. Ça ne leur permet pas de boucler leurs fins de mois. Le mieux serait d’arrêter tout ça et de faire ça au niveau national. Une politique agricole française. 

Arthur : Steve Bannon (ex-conseiller de Donald Trump, ndlr), qui s’invite dans la campagne, qu’est ce que tu en penses toi, personnellement ? 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Il donne son avis, c’est tout. Il ne fait pas partie du comité de campagne, ni rien. 

Arthur : Il a été consulté par des cadres de votre parti. 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Il a été consulté. On l’avait invité il y a un an passé maintenant à notre congrès à Lille. Je ne vois pas où est le problème. 

Arthur : Malgré tout ça reste une personnalité trouble, tu parlais d’ingérences tout à l’heure, Steve Bannon est une personnalité importante aux Etats-Unis, un ex-homme de pouvoir qui s’invite dans une campagne européenne. 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : C’est un allié. Tout ceux qui disent « Si Marine Le Pen passe on sera exclu du monde », c’est totalement faux. La preuve. On a des alliés partout en Europe, on en a même aux Etats-Unis. Donc oui on l’invite à nos événements de temps à autres, que ça soit lui ou d’autres. 

Arthur : Comment tu envisages l’alliance avec Matteo Salvini après ces élections européennes ? 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Ça va devenir un groupe déjà. Même si le groupe des Nations et des Libertés existe déjà, il va se renforcer. Le Rassemblement et la Ligue auront plus de représentants. On aura plus d’alliés, dans plus de pays différents. Un bon gros groupe. Peut-être une majorité, on l’espère, ou au moins un groupe qui pèsera plus dans le débat au Parlement Européen. 

« La nation est le cadre protecteur des peuples »

 

Arthur : Pourquoi tu conseillerais à un jeune d’aller voter pour la liste du Rassemblement National, spécialement pour ces européennes ? 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Parce que les jeunes seront les victimes de l’Union Européennes qu’on leur concocte, qui est déjà en train de se préparer. Avec un taux de chômage qui va exploser, avec les délocalisations, la concurrence déloyale des travailleurs détachés. Les jeunes en seront les principales victimes. 

Nous sommes les seuls crédibles, avec des chances d’être élus, à vouloir nous y opposer. Dupont Aignan, il dit la même chose que nous mais il fait 4%. Nous sommes la seule alternative crédible face à Macron. Lui il veut plus de fédéralisme, plus de déconstruction des nations.

Alors que la nation est le cadre protecteur des peuples. Sans nations, le monde part en vrille, l’Union Européenne aussi.  

Les jeunes doivent s’impliquer plus dans ces élections. Quand je tracte, je parle beaucoup avec les jeunes, ça intéresse peu de monde, mais ils ont tort, l’Union Européenne est un enjeu assez important. C’est dommage de ne pas y prendre part.

Arthur : Est-ce qu’en dehors de ton parti tu peux saluer une campagne, une personnalité, une idée, une mesure, qui a suscité ton intérêt ? 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Pas spécialement. J’écoute un peu Les Républicains. Ils disent des choses très bien. Comme d’hab. Mais ils ne font rien. 

Arthur : Pour terminer cette interview, je vais te demander de me citer quelque chose qui t’évoque l’Union Européenne. 

Anthony Bellorini, Rassemblement National : Une prison. On décide pour toi, tu appliques, tu n’est pas libre, tu te tais.


La rédaction de Première Pluie