Au fond du bois, il y a cette voiture
Cette caisse, grise mais marron
Enlisée, boueuse, puante.
Lorsque la pluie l’arrose, ça ne la nettoie pas

Incapable d’emettre le moindre son
De s’enfuir d’ici, immobilisée par une solitude terrifiante
Notre amie au pneux crevés
Se lamente sachant l’aventure terminée

Sous l’orage, au fond du sentier
Elle se met à clignoter
Laisse s’envoler ses souvenirs lumineux
Amis des arbres, ennemis des peureux

Alors, autour de cette épave de métal
Tourbillonent quelques fantômes de lumières
Qui, au petit matin
Disparaissent en souriant sur la banquette arrière



Diego Zébina
@diegozebina sur Instagram