Ensemble – Edito de la rentrée

L’année dernière, au moment d’écrire un édito pour la rentrée, nous pensions à cette formule, venue de plusieurs autres : “Le monde est à nous”. 

Oui, le monde est à nous, toujours, un an après. Mais avec ce que ça implique de grandes et de lourdes responsabilités. 

Quand nous regardons notre génération, droit dans les yeux, droit dans les réseaux, droit dans les mots, on voit un élan. Celui qui comprend le monde dans lequel il évolue, qui comprend ses crevasses, sa beauté, ses plaies immenses et ses horizons indélimitables. 

Cette année, une chose nous a particulièrement marqué : les grèves pour le climat. Elles ont été les lieux d’émergence d’une parole jeune, impliquée, revendicative et déterminée. Pas seulement Greta Thunberg, mais une très large partie des jeunes en Europe, et particulièrement en France. Vous êtes, nous sommes, conscients de ce monde, qu’on nous laisse dans un état déplorable. Mais nous sommes prêts à le changer. Peut être que c’est idéaliste, ici, on trouve ça courageux, et on sera de tous les combats. 

Quand on vous imagine, on se dit que vous êtes curieux, que c’est le mot qui vous résume, vous qui nous faites un grand honneur et un grand plaisir en nous suivant. On se dit qu’il faut être curieux pour lire un long article, impliqué et conséquent sur le jour du dépassement, une chronique qui explique comment survivre à un camping de festival qui ressemble à une armée, écouter l’interview exigeante d’un chanteur prometteur, suivre des déambulations poétiques au festival d’Avignon, regarder des photos illustrées de poésie, en apprendre plus sur un film. Vous êtes curieux et c’est tout ce qu’il faut pour nous rendre heureux. 

Génération curieuse, n’en déplaise à ceux qui voudraient que nos coeurs ne dépassent pas les écrans, qui sont souvent des supports, des fenêtres sur le monde. Une génération qui sait le monde n’est jamais trop vaste pour qui le rêve en mieux, à tous les sommeils trop courts. 

Ce que nous faisons ici est guidé par l’émotion et donc par la spontanéité. On vous parle comme on aime, sans penser à la distance, on parle comme si vous étiez là, et que tout ça n’était qu’une grande histoire. Première Pluie, ce n’est pas un appareil rodé, c’est une bande unie, qui raconte des histoires, les siennes, celles du monde. Et quand vous nous lisez, on se sent fort. On devient ceux que nous étions sans le savoir. 

À vos rêves, à vous, ensemble et partout, devenons ceux que nous sommes, indignons-nous, soyons libres, réalisons nous. Cultivons nos différences, inventons des nuages, goûtons la pluie de nos feux. 

On part ensemble pour une nouvelle année, les rêves qui dépassent de nos cheveux en bataille, les coeurs soudés, et l’envie de rencontrer vos espoirs, vos révoltes, vos curiosités.


Première Pluie, Josh, Diego, Pauline, Romain, Arthur 

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