Photographe avant d’être cinéaste, Agnès Varda a toujours porté sur les êtres un regard curieux, tendre et profondément humain. L’exposition Autoportraits, Autres portraits, présentée au Centre Jacques Brel à Thionville jusqu’au 28 mars prochain, révèle cette facette plus confidentielle de son œuvre. Une plongée sensible dans un univers où chaque image raconte une rencontre. Voici cinq bonnes raisons de ne pas passer à côté ! 

5 bonnes raisons d’aller voir l’exposition « Autoportraits, Autres portraits » d’Agnès Varda au Centre Jacques Brel à Thionville

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1. Découvrir une Agnès Varda intime et méconnue

On connaît la réalisatrice de Cléo de 5 à 7 ou de Sans toit ni loi. On oublie parfois que tout commence, chez Agnès Varda, par la photographie. L’exposition donne à voir ses autoportraits, réalisés tout au long de sa vie. Jeux de miroirs, reflets, mises en scène : Varda se regarde avec la même curiosité que les autres. Ces images composent un journal visuel, où se dessinent le temps qui passe, la mémoire, et la construction d’une identité féminine libre.

Agnès Varda, Autoportrait, février 1955. © Succession Agnès Varda

2. Traverser soixante ans de rencontres humaines

Des voisins de la rue Daguerre aux artistes les plus célèbres, Agnès Varda n’a cessé de photographier celles et ceux qui croisaient son chemin. Salvador Dalí, Calder, comédien·nes du TNP, familles anonymes, habitant·es de Marseille : chaque portrait est pensé, cadré, mis en lumière. Loin du cliché pris sur le vif, Varda compose ses images comme des tableaux, donnant à chaque modèle une présence singulière. Le résultat est un vaste récit collectif, traversé par la douceur et l’attention portée aux visages.

Agnès Varda, Fidel Castro, l’homme aux ailes de pierre, La Havane, Cubadécembre 1962. © Succession Agnès Varda

3. Explorer la photographie comme un art du lien

Ce qui frappe, tout au long du parcours, c’est la dimension relationnelle de l’œuvre. Chez Agnès Varda, le portrait n’est jamais une capture, mais une rencontre. L’exposition montre combien le dialogue est au cœur de sa pratique : échanges de regards, sourires esquissés, poses parfois maladroites. À travers ces images, la photographe raconte le monde sans hiérarchie, accordant la même importance aux anonymes qu’aux figures célèbres.

Agnès Varda, Famille de Gitans, Marseille, 1956. © Succession Agnès Varda

4. Comprendre l’engagement féministe de Varda

La place accordée à la femme et à l’enfant traverse toute l’exposition. Certaines photographies dialoguent directement avec ses films engagés, notamment L’une chante, l’autre pas. Varda y affirme son combat pour les droits des femmes, la liberté de disposer de son corps, et la représentation des vies féminines souvent invisibilisées. L’exposition éclaire ainsi la cohérence d’un parcours artistique où création et engagement politique ne font qu’un.

Agnès Varda, Sophia Loren, au Portugal, 1955. © Succession Agnès Varda

5. Redécouvrir une œuvre profondément actuelle

Si ces photographies s’étendent des années 1950 aux années 2010, elles résonnent fortement avec nos préoccupations contemporaines : identité, mémoire, regard porté sur l’autre, place des femmes dans l’espace public. Dans un monde saturé d’images rapides, le travail d’Agnès Varda rappelle la nécessité de ralentir, de regarder vraiment. Une leçon de sensibilité, d’attention et de poésie.

Une traversée sensible, où chaque photographie devient un pas de plus vers l’autre et, peut-être, vers soi.

Agnès Varda, Pierre Székely, sculpteur, 1955. © Succession Agnès Varda

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Informations pratiques 

Dates : Jusqu’au 28 mars

Lieu : Au Puzzle, à Thionville

Tarif : Entrée libre

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Maélie Rigolio