< Tous les articles Interviews Sexe Anoushka : « Il n’y a pas de hiérarchie entre les positions ou les genres dans le cul » / Interview Par Clara Hesse 27 mars 2026 Originaire de Metz, où elle réside, à 42 ans, Anoushka s’est imposée comme réalisatrice de films pour adultes, portant sur le désir un regard éthique et féministe. Avec 7 longs-métrages à son actif, elle est de celles qui comptent. Rencontre. Bonjour Anoushka, comment est-ce que tu te présentes ? Anoushka, 42 ans, réalisatrice de cinéma explicite, coordinatrice d’intimité dans le cinéma non explicite et militante surtout. Comment tu t’es retrouvée à faire du cinéma pour adultes ? Certaines rencontres t’ont-elles marquée pour t’inscrire dans cette voie ? J’ai fait des études à l’IECA à Nancy — la seule école de cinéma de la région. Dans la foulée, j’ai commencé à bosser dans l’audiovisuel au Luxembourg avant de partir à Paris, pour élargir mes horizons. Là-bas, j’ai eu l’occasion de travailler avec Ovidie (voir Première Pluie magazine n°14, ndlr). À ses côtés, j’ai découvert le porno féministe. Ça a réveillé chez moi l’envie de créer mes propres films. Puis je suis partie à Berlin, l’épicentre du porno féministe, alternatif et queer. Une ville où les gens avaient envie de produire d’autres visions, de s’affranchir des codes du mainstream et offrir cette diversité des corps et des sexualités. Ça a été hyper inspirant, c’est de cette culture que mon alignement et positionnement sont nés. J’ai proposé mon premier long-métrage chez CANAL+, Gloria (2015), ça a hyper bien fonctionné puis ça s’est enchaîné. J’en suis au septième film ! D’où t’es venue cette envie, de réaliser autre chose que ce que produit l’industrie du hard en grande majorité ? Il est important que les femmes reprennent le pouvoir sur des productions fabriquées par le male gaze¹, inondées de clichés. En tant que militante et féministe, j’avais envie de casser les codes, de donner aux femmes des personnages forts — avec des trajectoires, des envies, des fantasmes qui leurs sont propres, détachés des trajectoires masculines. Tu t’es fait connaître en faisant ce qu’on appelle du porno éthique et alternatif, déjà est-ce que tu peux nous dire ce que tu entends par ce terme, histoire de poser les bases ? La démarche du porno féministe et éthique est orientée sur le consentement, la mise en place d’un cadre sécurisant, limitant les risques pour les acteur·ices. Concrètement, ça implique une co-écriture avec les acteur·ices sur les scènes d’intimité, pour discuter des limites du consentement en la présence d’une coordinatrice d’intimité. Après la prise, iels ont un regard immédiat sur l’image. La différence principale par rapport au porno classique, c’est que la scène n’est pas découpée, on fait un plan-séquence où l’intimité doit raconter quelque chose. Et c’est éthique au niveau des cachets, pas de hiérarchie entre les positions ou les genres dans le cul : quelle que soit la scène, il n’y a pas de distinction dans la paie. Est-ce que c’est simple de faire du porno éthique ? L’argent est une galère quotidienne. Je suis à tous les postes — scénariste, réalisatrice, productrice, monteuse, etc. Dans le dernier, qui est une comédie musicale, j’ai dû en plus écrire les paroles des chansons, suivre les enregistrements en studio, les chorégraphies. Une fois que c’est terminé, je dois trouver les ressources pour assurer la promo, pas simple. “Je mets toujours un peu de moi dans chacun des films que j’ai fait.” Comment tu choisis les sujets de tes films ? Les sujets viennent à moi. Je pense que chaque artiste met de sa propre histoire et sa sensibilité dans ses sujets ou dans sa façon de les traiter. Je mets toujours un peu de moi dans chacun des films que j’ai fait. Est-ce qu’il y a des activités de ta vie qui alimentent ta pratique ou ta démarche de réalisatrice ? Je suis musicienne et mon dernier film est une comédie musicale, donc forcément (rires). Mon personnage cherche à faire un film et se confronte à la difficulté de réaliser, s’interroge sur le bonheur, et au fil des rencontres elle prend conscience que le bonheur peut être collectif… Comment est-ce que tu prépares un film ? Il y a des grands moments de solitude dans l’écriture, heureusement que j’ai des ami·es qui me font des retours, notamment ma directrice de production, qui est une super amie et un pilier. Une grosse partie du travail est faite en amont, notamment les castings. Le tournage dure 10 jours. C’est un marathon de malade, avec 10 minutes exploitables par jour. Dans le cinéma traditionnel, c’est plutôt 2 minutes. “C’est un film de genre dans le genre !” Et il y a aussi des moments de joie ? Oui, c’est aussi des moments très forts avec des passionné·es de cinéma, avec un petit côté colonie de vacances. D’un film à l’autre, je tourne avec les mêmes acteur·ices, on grandit tous et toutes ensemble. On forme une grande famille. Avec le public aussi. Pour chaque film, on a organisé une projection publique à Paris — réservée à un public majeur évidemment — et c’est un moment assez incroyable : on ouvre 2 salles et les 2 sont remplies. La reconnaissance est très compliquée dans ce milieu, d’autant plus quand tu es une femme. Cette reconnaissance, je la reçois par le public. Ça me permet de retrouver l’énergie. Dans ton dernier film, Chronique d’un été, tu sembles avoir tenté un pas de côté en plongeant dans le registre de la comédie musicale… C’est un projet complètement dingue. J’ai exploré une grande palette musicale. Pour le public, ça risque d’être un ovni (rires), entre les scènes explicites et le côté comédie musicale totalement assumé avec des chanteuses du Conservatoire de Metz. D’ailleurs, on a beaucoup tourné dans la ville. Le film est dans la case « film pour adultes » sur CANAL+, mais il casse les codes en étant un film de genre dans le genre ! __ 1 : Regard masculin (trad). Concept qui décrit comment la Culture visuelle dominante nous impose une perspective d’homme hétérosexuel, notamment sur les personnages féminins, très souvent sexualisés. Le film Chronique d’un été, est sorti le 07 février sur CANAL+. Il sera disponible sur anoushkamovies.com à partir d’avril. Première en salle le 02 avril au cinéma Le Klub à Metz. Prenez vos places. Vous pouvez suivre Anoushka sur Instagram. __ Un travelling nommé désir — interview tirée de Première Pluie magazine n°17, à découvir ici. Interview : Clara Hesse Graphisme (dans le magazine) : Mathilde Petit À lire aussi Interviews Sexe Anoushka : « Il n’y a pas de hiérarchie entre les positions ou les genres dans le cul » / Interview 27 Mar 2026 Originaire de Metz, où elle réside, à 42 ans, Anoushka s’est imposée comme réalisatrice de films pour adultes, portant sur le désir un regard éthique et féministe. Avec 7 longs-métrages à son actif, elle est de celles qui comptent. Rencontre. Bonjour Anoushka, comment est-ce que tu te présentes ? Anoushka, 42 ans, réalisatrice de cinéma Magazine Sexe Des soumis et des hommes 08 Août 2025 Pendant quatre ans, Queen Myrtie, 24 ans, a été une dominatrice. Loin des dojos et des fouets, elle a essentiellement pratiqué la domination financière et l’humiliation avec la dizaine de soumis avec qui elle a relationné. Pour Première Pluie, elle a accepté de se confier sur les coulisses de son activité… très particulière. « Bonjour Reine« . 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