La playlist pour ne pas s’endormir au volant

C’est l’été mérité, qui part par les routes se cacher dans les collines quand descend le soleil et vous vous prenez la route pour ailleurs. Vous partez, vous fuyez, vous allez rejoindre des amis ou juste quelqu’un, vous allez quelque part, vous revenez de la fête. La Lune est là, la route défile, vous voyagez en solitaire ou pas, longtemps ou pas. Voilà 2 heures de musique pour ne pas s’endormir au volant. Envoyez-nous un message quand vous arrivez. 


Yassine Stein – Itissalat

Avec son premier ep, paru en mai, Yassine Stein a réussi son entrée. Sa musique est souple, d’une poésie brute, aérée, sur des airs d’une douceur rare. En fait, c’est une spontanéité fraîche qui guide cette musique et qui se ressent. Sur Itissalat, le refrain en arabe est une étoile à suivre dans la nuit, et les mots, sont des mantras. 

Louxor j’adore – Philippe Katerine

Vous venez de faire la fête et vous avez encore envie de faire la fête, la vie entière est une grande fête seulement interrompue de moment un peu ennuyants. La voiture, en pleine nuit quand on rentre seul/e chez soi en fait partie. Alors devenez dingue sur cette chanson qui ne l’est pas moins du boss Philippe Katerine avant qu’il ne devienne pote avec Alkpote. Et n’oubliez pas, même dans la queue du supermarché ou au travail, la vie est une fête. 

À l’horizontale – Aloïse Sauvage 

Ici (sûrement ici), ou ailleurs, vous avez sans doute fini par entendre parler d’Aloïse Sauvage. Et tant mieux parce que c’est à elle seule un cocktail pour tenir des heures sans dormir. Scientifique du rythme et du mouvement, elle livre ici une carte postale des envie de crac crac qui peut vous réveiller en un bond si jamais vous êtes sur l’autoroute des platitudes. Poésie osée, À l’horizontals est la porte d’entrée sur l’univers fleurie et riche d’Aloïse Sauvage, mettez son premier album paru au printemps en entier, dont on parlait ici, le sommeil n’a aucune chance. 

Felicità – Al Bano et Romina Power

Vous ne connaissez que le mot Felicità, dans cette chanson sublime. Vous venez à l’instant, comme moi en préparant cette playlist, d’apprendre le nom des interprètes, mais ça, c’est de la littérature. Ce qui compte c’est que vous allez vous retrouver le bras par la fenêtre dans une traversée de village, à songer à vos origines italiennes. Votre haut claque avec le vent, aucune chance de vous endormir. 

Le sud – Nino Ferrer 

Si vous êtes sur la route du sud, et qu’au loin des monts se dessinent dans le matin, c’est le moment de ne pas craquer, vous allez adorer chanter ces mots que vous connaissez par coeur par la fenêtre ouverte. Les autres occupants de la voiture dorment de toutes façons, vous pouvez y aller à fond. 

Lalaland – Zed Yun Pavarotti

Chanson idéale pour le moment où le soleil va se pointer par les failles d’une montagne au loin, où au dessus de la mer, pour colorier une campagne verte ou une étendue bleue. Là vous allez pouvoir vous sentir comme au cinéma. Et au cinéma, les personnages ne s’endorment pas. 

O-Zone – Dragostea din tei 6

Encore une chanson qui donne envie de chanter les paroles n’importe comment, en criant et en sautant sur son siège. C’est à mi-chemin entre le voyage dans le temps et l’ultra-moderne retour de hype. Mieux qu’une envie de faire pipi. 

Shay – Villa 

Shay, elle tient éveillée la nuit elle-même, tranquille. Technicienne du flow, reine ambianceuse, elle a révolutionné un tas de trucs ces dernières années. Elle témoigne surtout d’une approche décomplexée, affamée de la note d’après, avec un univers entier, travaillé à nuance de colorimétrie.  Et les sons s’en ressentent, intenses et justes. Shay fait une musique noble, qui s’élève haut. Le pire qui puisse vous arriver, c’est d’écouter l’album entier, l’un des meilleurs de l’année dernière. Vous allez conduire de façon saccadée. Et ça fait ratata. 

Jul – Parfum Quartier 

Je pense que si vous voulez être sûr de ne pas dormir du tout, vous pouvez écouter Jul sur tout le trajet. Mais Jul peut avoir un effet red bull, il peut vous mettre dans le trop. Je crois qu’aujourd’hui, à part le relou du corner bistro, plus personne ne remet en cause le talent de la note de Jul. Un petit son dans une playlist fait toujours son meilleur effet. Si vous êtes en clio, passez le deux fois de suite.

Sally – Quand je veux je peux

Sally fait une musique qui ressemble à la vie. Impossible de résister à sa toute nouvelle sortie, message radical, hymne à l’ouverture, à l’aujourd’hui, au je peux le faire, j’ai le droit de le faire, je vais le faire. Une musique intelligente, furieuse et précise à la fois, où la danse est une photo de la chaloupe des mots. De quoi vous placer sous le signe rassurant d’une Lune qui danse, heureuse de bouger.

Itzama – Something on my mind 

Si ça ce n’est pas une chanson pour taper des kilomètres, fenêtres ouvertes, en fin d’après-midi, pour rejoindre une piscine et des amis, alors je ne sais pas quoi vous dire. Mangez des cactus. C’est un titre sucré, genre jus de fruit, celui qu’on peut pas s’arrêter de boire quand on commence à le boire. En une seule écoute, le refrain est tatoué sur la langue. Itzama, c’est des scientifiques du rythme, c’est Majeur Mineur et Jones Blank. On discutait de leur premier ep paru le 5 juin dernier.

Rachmaninov – Trio élégiaque in G minor n1

La musique classique, ça passe ou ça casse. J’ai tendance à penser que ça permet de vous plonger dans vos réflexions, donc de vous tenir éveillé. Il y a aussi un côté très cinématographique, en avalant les bandes blanches de la route, avec ce mélange raffiné de piano et de violon en G mineur. (Je rigole, j’y connais rien, mais j’adore conduire de nuit avec de la musique classique) Mes plus beaux souvenirs de route de nuit, quand le présentateur, fatigué et ému, annonce un petit Rachmaninov.

Jäde – Longtemps

La musique de Jäde est une leçon suave, intelligente, où la fond est caché sous les pétales de la forme. Un parfum, qui se diffuse. Cette voix, qu’on suit de lignes en lignes et même après l’océan, ce flow doux, qui apaise. Elle a fait un ep chipie chic, très abouti, très réussi, très curieux, dont on a discuté il y a peu (à lire si vous n’êtes pas au volant).

Nekfeu x Alpha Wann – Vinyle

Ce morceau m’a sauvé la vie plusieurs fois. Quand les yeux piquent, Cyborg est dans ma boîte à gants. Je vais direct sur cette piste, mieux qu’un médoc. C’est du scandé, où le souffle est rare, morceau intense, flow dense, phases sensibles. Rien à dire, vous êtes tranquilles pour 5 minutes. Rien que l’intro réveille comme un sceau d’eau.

Michael Jackson – Billie Jean

Si vous craignez de vous endormir, autant vous confier au roi de la nuit. Quelque chose du tressaillement du corps opère très vite. Vous êtes entre de bonnes mains avec la musique électrique du roi de la pop, et avec Billie Jean, vous avez surement des souvenirs du rythme, gravé dans les membres. Une vraie décharge, fulgurante.

Chilla – Oulala

Elle sait très bien le faire Chilla. Elle a la recette du sophistiqué simple. C’est une recette magique qu’elle renouvelle, entre morceaux puissants portés par des thématiques fortes, flow impeccable, témoin d’un travail acharné, et rythmiques qui s’envolent toujours. Elle sait. Elle a vu ce que l’homme a cru voir. Oulala est de ces morceaux, qui portent, alchimie de la prod et du verbe.

Saba – Calligraphy 

Encore un morceau idéal pour voir défiler les bandes blanches sous la roue droite de votre voiture. Saba, c’est l’étendard rose fanée de Chicago, tout est désabusé, mais continue de brûler, dans tous les sens de brûler. Le fait que ce disque de Saba, Care for me, soit dans toutes mes playlists joue un peu, j’avoue. Je vous conseille une pause dans une station essence juste après l’écoute de ce morceau.

The Pirouettes x Timothée Joly – Lâcher prise

L’idéal pour tenir la route, c’est de changer de mood, et de genre musicaux régulièrement. Ici, entre curiosité et chic pur, Lâcher-prise est le dessus du nuage. Le refrain est une merveille sobre. Et l’alchimie opère plus que jamais entre les météores Pirouettes.

Ella Fitzgerald – Summertime

C’est le matin, tout va bien, il y aura du café bientôt, on a rangé la fête de la veille. On peut écouter cette immense reine, Ella Fitzgerald. Elle lance sa voix, elle attrape à chaque fois des instants suspendus. Essayez, ça fonctionne à tous les coups.

Spice girls – Wannabe

Allez, encore une chanson de sauvetage, vraie bouée. Un air qui se trémousse, et dont on ne connaît toujours pas vraiment les paroles. En pleine nuit, justement après la fête, on en mesure encore plus l’importance. Oui, on ne dirait peut être pas, mais c’est une chanson importante.

Alain Bashung – La nuit je mens 

Voilà la chanson ultime de la route de nuit, la chanson talisman, celle qu’il faut se passer plusieurs fois. Paroles merveilles, incandescence de l’astre Bashung sur tous les tons, couleur de la nuit, les vertes nénuphars et les jaunes phares, le bleu pétrole et le noir bitume. Une chanson pour avoir l’impression de contourner les lignes adverses, et toutes les autres.

PNL – Au DD

https://youtu.be/BtyHYIpykN0

Ce n’est pas forcément la chanson qui décrit le mieux le mood spécial, mauve onirique, ailleurs en mieux, qu’a inventé PNL. Or, c’est peut-être l’une de celles qui peut vous ambiancer le plus vite, de 0 à 100. Modèle du genre. Une vraie chanson à écouter en voiture, si vous avez une décapotable : x 2.

Koffee – Toast 

Chaque son de Koffee est une masterclass sur ce qu’est le flow. Il lui suffit de quelques notes pour s’installer, souple, délicate, brûlante. La jeune jamaïcaine a tout ce qu’il faut dans les poches pour vous tenir éveillé, du rythme à l’interprétation.

The Lemon Twigs – The One 

Ça c’est vraiment la BO pour aller de motel en motel, pour que les gens vous regardent de travers à la station essence quand vous allez envoyer un grand coup de pieds dans le présentoir de sucettes. C’est la révolte en vous. Ces mecs sont des génies, des adorateurs du feu en collant, des rockeurs du futur. C’est trop bon.

Ibeyi – River

Si on peut volontiers affirmer que les voix d’Ibeyi peuvent bercer, on peut aussi tout à fait soutenir qu’elles sont aussi une invitation à enjamber la nuit. Dessin virtuose des ailleurs, science des rythmes précis, à bonne dose, ça évoque et ça éveille, les sens et les yeux.

Hervé – Le premier jour du reste de ma nuit 

Pour l’ambiance, Hervé est un crack, et son premier album, Hyper, paru début juin, dont on parlait ici regorge de l’énergie vitale d’Hervé. Je pense qu’il y a quelque chose de communicatif, qui va vous envahir. Jus d’orange mélancolique musique.

Clara Luciani – Nue 

Comme une bonne partie de l’oeuvre récente de Clara Luciani, cette chanson s’est retrouvée bombardée sur les ondes, tartinées partout et surtout n’importe où et surtout n’importe quand. Mais c’est une belle chanson, et il faut l’avouer, difficile de résister au rythme. La classe.

The Clash – London Calling 

Modèle du genre, London Calling est une chanson comme il en existe finalement assez peu. Qui irradie. Fort. C’est sur ces airs qu’on imagine que les minos d’Outre Manche partent en soirée, encore aujourd’hui non ? 

Christine and the Queens – Goya ! Soda ! 

Il fallait qu’elle soit dans cette playlist, avec cette chanson précisément. “L’aimer, c’est comme aimer la nuit, aimer le dieu qui s’enfuit.” Dans les pulsions du corps, celles de la voix, celles de sa musique, Chris est une déesse ultra moderne, une fulgurance encore incomprise.

Kendrick Lamar – King Kunta 

Pas grand chose de très novateur à dire sur l’énergie vitale de ce morceau, cette puissance du fond du coeur au coeur du monde qui fait la musique de Kendrick. Impossible de s’endormir là-desssus. Les villes se profilent à l’horizon comme des requins dans l’océan.

Kompromat – Niemand 

Rouler de nuit ? L’occasion parfaite pour entrer en douceur, comme dans l’océan en hiver, dans la techno épurée de Kompromat inspirée par les débuts berlinois du genre. C’est en allemand, et si Niemand est sans doute la chanson la plus pop du groupe, c’est aussi l’occasion d’une plongée radicale dans l’atmosphère de ce nouveau projet.

Park Hye Jin – Can you

Et quoi de mieux pour résister à la nuit que de la house coréenne ? Celle de Park Hye Jin est celle d’une artiste totale brûlante, qui transpose ses visions sur des flows rap, et des beats qui tressaillent. C’est le moment où on se reprend après avoir mordu la bande blanche.  


Cette playlist est terminée. J’espère que vous êtes bien arrivés.


Arthur Guillaumot / 

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