< Tous les articles Interviews Sport Sarah Bouktit : « Tout gagner, c’est mon seul objectif » / Interview Par Arthur Guillaumot 20 juin 2026 Elle vient de remporter la première Ligue des Champions de l’histoire du handball féminin français. Sarah Bouktit est une des meilleures joueuses de handball de sa génération. Originaire de Mont-Saint-Martin (54), la pivot de l’équipe de France s’apprête à quitter son club de toujours, les Dragonnes du Metz Handball, pour la mythique formation de Győr, en Hongrie, qu’elle vient de battre en finale. Qu’est-ce qui t’a donné envie de jouer au handball ? Je n’étais pas très handball au départ. Je préférais le foot ou le basket. Mais j’ai des copines qui en ont fait en club. C’était juste à côté de ma maison. Je me suis lancée, et depuis mes 6 ans, je n’ai jamais arrêté. Ce qui me plaît dans ce sport, c’est l’esprit collectif. En grandissant, j’ai compris que c’est un sport très tactique, où on doit à la fois beaucoup réfléchir et utiliser tout notre corps. J’aime beaucoup ça. Le fait que je sois un peu douée a forcément facilité mon amour pour ce sport. Jouer ici dans ta ville d’origine, avec les Dragonnes du Metz Handball, dans un club référence en France et en Europe, qu’est-ce que ça représente pour toi ? Beaucoup de choses. Depuis toujours, je suis très fan du club. Je venais les voir jouer tout le temps. Quand j’ai signé ici, c’est un rêve d’enfant qui s’est réalisé. Donc déjà, il y a une immense fierté. Et puis il y a l’envie de toujours apporter plus au club, plus de titres, plus de reconnaissance. C’est vraiment beaucoup, beaucoup d’amour. ©KÉVIN CLÉMENT À la fin de la saison, tu vas partir. Qu’est-ce que ça change de ne pas jouer pour la maison à ton avis ? J’ai hâte de le découvrir, en vrai. Je me demande ce que ça fait de s’identifier à un autre maillot. Je l’ai un peu connu pendant 6 mois, mais c’était très différent. Je l’ai connu aussi en équipe de France mais c’est une approche différente. Je pense que ça sera compliqué au début et que ça va me faire bizarre, surtout si je suis amenée à jouer contre Metz. Mais je pense qu’avec les entraînements et tout ce qu’on donne pour performer, ça va vite venir très naturellement. Qu’est-ce que ça change de jouer en équipe de France par rapport à quand tu joues avec le Metz Handball ? Ici, on représente un club, une ville, des gens qui nous suivent. Mais représenter tout un pays, c’est différent. Les sélections sont beaucoup plus dures, c’est très difficile d’atteindre l’équipe de France. Et on prend une autre dimension, sur les réseaux par exemple, il y a beaucoup plus de gens qui nous suivent, de la médiatisation et des attentes. C’est plus de pression, mais c’est très beau. “Quand j’ai signé ici, c’est un rêve d’enfant qui s’est réalisé.” À ton avis, quelles sont les qualités individuelles qui permettent de performer dans un sport collectif ? Ce qui est cool dans un sport collectif, c’est qu’on est nombreuses, on peut se compléter en fonction de nos qualités. On peut prendre une fille rapide, une fille plus musclée, une fille intelligente. Il faut un peu de tout. Mais ce qu’il faut surtout, c’est avoir envie de se battre pour les personnes à côté de nous. Donc, il ne faut pas être égoïste. Il faut être ouvert à apprendre et à connaître de nouvelles personnes tous les ans, de nouvelles cultures aussi, parce qu’il y a beaucoup de nationalités qui se mélangent. Dans un sport collectif, l’ouverture, c’est indispensable. On ne pense pas du tout les mêmes choses et on ne voit pas non plus le sport de la même façon. On a un objectif commun, mais des façons différentes de l’interpréter. C’est ce qui permet d’avoir une équipe qui performe et de créer des souvenirs extraordinaires. Les étapes les plus dures que tu as eu à passer dans ta carrière, ça a été mentalement ou physiquement ? Mentalement, sans hésiter. Physiquement, on souffre tout le temps. On doit toujours pousser notre corps plus loin. C’est une discipline quotidienne. Mais le plus dur, ça a toujours été mentalement. La pression est partout. Il y a celle de l’échec évidemment, mais aussi celle de devoir réussir à rééditer une performance. Et la concurrence. Il y a toujours des gens qui travaillent, peut-être plus que toi, peut-être mieux que toi. Team Metz Handball during the Women’s EHF Champions League match between Metz and Rail Cargo at Palais Omnisports Les Arenes on April 25, 2026 in Metz, France. (Photo by Kevin Clement/Icon Sport) À quel moment tu as compris que tu allais devenir une sportive de haut niveau ? Une fois que j’ai mis un premier pied sur le terrain avec l’équipe professionnelle, tout a été différent. Je me suis dit : si je fais les choses bien et que je continue à travailler, c’est possible que mon rêve se réalise. “Dans un sport collectif, l’ouverture, c’est indispensable.” Ta sœur Assia est sportive professionnelle aussi, au FC Metz. C’est comment de vivre cette autre expérience ? C’est trop bien ! Être pro toutes les deux, juste à côté de chez nous, on a tellement de chance de pouvoir vivre ça. Elle vient le samedi quand je joue et je vais la voir le dimanche. Et toutes les deux on performe. C’est plus qu’un rêve. On a toujours été très sportives depuis toutes petites. Même mon petit frère aime beaucoup le sport. Mon père était très sportif, ma mère, pas du tout. On va dire qu’elle s’est un peu adaptée. Nos activités, ça a toujours été de prendre un ballon et de jouer à tous les sports possibles et inimaginables. C’est quoi tes objectifs, pour la suite de ta carrière ? Tout gagner, c’est mon seul objectif. Tout ce que je fais dans ma vie aujourd’hui, c’est pour y parvenir. Gagner la Ligue des champions, que ça soit avec Metz, ou avec un autre club. Et tout gagner en équipe de France. Quand je dis « tout gagner », c’est faire partie de la victoire. Je veux être une grande joueuse, pouvoir gagner plein de titres collectifs et même individuels. Que les plus jeunes me voient comme une grande joueuse et qu’ils aient envie de le faire à leur tour. Comme moi, j’ai eu envie de faire comme les grandes joueuses que j’ai pris pour exemple. Sarah BOUKTIT of Metz Handball during the Women’s EHF Champions League match between Metz and Rail Cargo at Palais Omnisports Les Arenes on April 25, 2026 in Metz, France. (Photo by Kevin Clement/Icon Sport) Tu as envie de participer au développement du handball ? J’aimerais tellement que les gens se rendent compte à quel point c’est un sport magnifique. Qu’on arrête de tout donner au foot. Il faut qu’on parle un peu des performances dans notre sport, du travail pour en arriver là. Ce n’est pas juste un sport où on s’amuse au collège. C’est beaucoup de travail et de sacrifices. Si je peux être une mini voix pour ça, je le ferai avec grand plaisir. “Tout gagner, c’est mon seul objectif. Tout ce que je fais dans ma vie aujourd’hui, c’est pour y parvenir.” Si tu devais résumer rapidement la saison des Dragonnes du Metz Handball pour celles et ceux qui n’auraient pas du tout suivi et qui devraient s’y intéresser pour la toute fin, là, parce qu’il y a quand même de l’intensité. Ça serait une erreur de ne pas l’avoir suivie depuis le début ! Vous avez raté une équipe qui se bat pour réaliser le rêve très ancien d’un club : gagner la Ligue des champions. Au moment où on se parle, on est à 2 matchs d’y arriver. On va jouer la finale de la Coupe de France. On a peut-être perdu le championnat, mais ce n’est pas encore sûr. On a quand même 21 victoires sur 22 matchs en championnat. Je pense que c’est des beaux arguments pour venir nous voir jouer. Qu’est-ce que tu souhaites au Metz Handball, toi qui va le quitter pour rejoindre Győr en Hongrie ? J’ai tellement d’amour pour ce club. Je lui souhaite de continuer à avancer comme il le fait depuis tant d’années. De signer plein de grandes joueuses et qu’elles restent le plus longtemps possible. Je lui souhaite de gagner la Ligue des champions, mais c’est délicat parce que s’il la gagne, ça veut dire que moi, je la gagnerai pas. Ou alors que tu vas revenir à un moment de ta carrière… Je vais déjà vivre mes 2 ans à l’étranger et après, on verra. Qui sait ce que l’avenir nous réserve ? __ Interview réalisée le 08 mai 2026, aux Arènes de Metz. Vous pouvez retrouver Sarah Bouktit sur Instagram. Dragonnes Ball Metz — interview tirée de Première Pluie magazine n°18, à découvir ici. Interview : Arthur Guillaumot Graphisme (dans le magazine) : Mathilde Petit photo de Une : Diego Zébina photographies en jeu : Kévin Clément À lire aussi Interviews Sport Sarah Bouktit : « Tout gagner, c’est mon seul objectif » / Interview 20 Juin 2026 Elle vient de remporter la première Ligue des Champions de l’histoire du handball féminin français. Sarah Bouktit est une des meilleures joueuses de handball de sa génération. Originaire de Mont-Saint-Martin (54), la pivot de l’équipe de France s’apprête à quitter son club de toujours, les Dragonnes du Metz Handball, pour la mythique formation de Győr, Magazine Sport Paolo Del Vecchio, artiste-footballeur au FC Metz 04 Oct 2024 Article publié dans le magazine n°10, paru le 24 mai 2024. __ La saison dernière, Paolo Del Vecchio rejoint le FC Metz en tant qu’artiste-footballeur, un personnage hybride joignant les deux carrières. Dans cette résidence artistique inédite, il a conçu de nombreux maillots mais a surtout créé des ponts entre deux mondes qui se regardaient Sport L’heure de la bascule / Jeux Paralympiques 2024 28 Août 2024 Ce soir, à 20 heures, débutera la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Paris 2024. 4 400 athlètes de 182 nationalités seront présent·es sur un total de 549 épreuves. Le programme s’annonce encore une fois bien chargé. 2 semaines de pause séparent l’événement de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques, qui ont agi sur À la loupeCartes postalesÉvènementsInterviewsLittératurePlaylists